VENTILATION PAR ASPIRATION
La ventilation par aspiration appelle l'air de l'intérieur des navires en le raréfiant par des moyens mécaniques ou par la chaleur, et les ouvertures aératoires sont chargées de fournir les masses d'air destinées à remplacer celles qui ont été extraites.
L'aspiration peut employer des appareils mécaniques tels que les divers tarares, mais ceux-ci sont surtout des appareils de pulsion aérienne et je ne m'en occuperai pas ici, me bornant à la description des appareils ou des procédés de la thermo- aspiration. Les brasières, le ventilateur Duhamel du Monceau et Sutton, le fourneau ventilateur de Wettig, le ventilateur Villers, le système Poisseuille, le système Edmund, constituent les principales formes d'application de la ventilation aspirîitoire,
(1) Fonssagrlves,//y5f. navale, I8oC, p. ?Ci.
Dans nos maisons, le tirage exercé par les cheminées est le mode le pins efficace de ventilation : l'air raréfié par la chaleur s'échappe par le tuyau, et des ilols d'air pur affluent pour le remplacer, par les fissures des fenêtres et par les portes ; un écoulement aérien permanent est ainsi établi, et le renouvellement de l'atmosphère s'opère de lui-même d'une manière continue. Les feux allumés dans les parties basses des navires, les brasières portatives, les cuisines, les fours et les machines distillatoires produisent une ventilation analogue.
§ 1. — Aspiration par la chaleur.
1° Brasières. — Tous les auteurs qui ont écrit sur l'hygiène navale : Rouppe, Duhamel du Monceau, Delivet, Kéiaudren, Rouillard, Raoul, etc., ont été unanimes pour reconnaître l'influence salubre de l'assèchement répété des navires par des brasières allumées; et ce n'est pas seulement comme moyen de détruire l'humidité intérieure que cette pratique est avantageuse, son résultat le plus utile est de solliciter dans unair, jusque-là stagnant, des courants mobiles, et de faire affluer un air plus pur par les écoutilles. On ne saurait donc trop généraliser fi bord des navires l'emploi de ce moyen, qui est, en l'absence d'une ventilation méthodique, l'une des armes les plus usuelles avec lesquelles on puisse combattre les pernicieux effets du méphitisme par encombrement. Il est peu de médecins de la marine qui n'aient eu souvent à se louer de cette ressource précieuse, surtout en temps d'épidémie, et Le Helloco a pu attribuer, non sans quelque vraisemblance, à l'usage réitéré des feux, l'immunité remarquable dont jouit, pendant l'épidémie de flèvre jaune de 1818, le brig le Railleur, tandis que VEuryale, qui n'utilisait pas ce moyen d'assainissement, fut décimé par le fléau (1). N'oublions pas de faire remarquer que les réchauds d'assèchement sont habituellement chauffés avec du charbon de bois ou de la braise de boulanger, et que les gaz qui s'en dégagent pendant la combustion sont (Tune toxicité dont il faut tenir compte, quand ils doivent se répandre dans un espace mal aéré, comme le faux pont d'une frégate, le magasin général ou quelques soutes (2). L'innocuité qu'on attribue d'ordinaire à la braise de boulanger est une erreur dangereuse ; M. Ebelmen a démontré, en effet, que nul combustible ne dégageait, à . poids égal,
d) Le Helloco, loc. cit., p. 15. . .
(2 A bord àÙRhin, en 1874, des accidents qui ont été promptemcnt conjurés par l'ouverture du sabord, se sont produits chez, un officier qui se servait dune brasierc pour assécher sa chambre. La substitution d'un boulet ou d'une gueuse, chaulTés au !-ouge pour atteindre le mùn>e but, serait sa.is doute plus inolTcnsive, mais il ne faut pas oublier cependant, comme Font démontré Icsrecherches suscitées par les travaux de M. Carré de Chambéry, que la fonte portée au rouge dégage de 1 oxyde de carbone. L'exiguité des chambres d'officiers répugne à l'une et îi l'autre de ces pratiques qui ne sont que des moyens termes insuffisants et accusant l'absence de procèdes plus scientifiques et pins efficaces.
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une plus grande quantité d'oxyde de carbone, et des instructions du préfet de police et du Comité de salubrité sont venus, à plusieurs reprises, rappeler d'une manière opportune les dangers attachés à, son emploi.
Outre que ce système de tirage est irrégulier, peu puissant, qu'il mélange de gaz irrespirables l'atmosphère qu'il doit purifier, son usage habituel soulève trop de récriminations et de répugnances, pour qu'il soit loisible de lui demander plus qu'il n'a donné jusqu'ici.
2° Procédés- Duhamel du Monceau et Su/ion. — Duhamel du Monceau a consacré dans son ouvrage un chapitre intéressant aux moyens de renouveler l'air intérieur par le tirage de la cuisine ; cette idée paraît avdir été conçue à peu près en même temps par lui, et par un Anglais, Samuel Sulton.
Un long tuyau allait déboucher par une de ses extrémités dans la cale, et par l'autre dans le foyer même de la cuisine; l'air intérieur, appelé par la raréfaction que produisait la chaleur, s'échappait au dehors, et un air nouveau affluait à la cale par les écoutilles.
Le système de Duhamel du Monceau ne différait de celui de Sutlon que parce que le tuyau d'aspiration passait dans le voisinage de la cuisine, au lieu de s'aboucher dans le foyer lui-même, modification évidemment désavantageuse et à laquelle son inventeur avait renoncé de lui-même. Restait à obvier : 1" aux craintes d'incendie par le soin de confectionner le manchon en tôle ; 2° à l'insuffisance du tirage par un diamètre convenable du tuyau et l'élévation de la cheminée ; 3° à la pénétration de la fumée dans l'intérieur du navire (I).
Le système Sutton a été essayé sur deux frégates, nous ne savons quels résultats ont été obtenus, mais ce mode de ventilation n'a pas plus échappé à l'oubli que les autres. Est-ce insuffisance du moyen, est-ce insouciance pour les intérêts de l'hygiène?
Kéraudren a consacré quelques lignes à un thermo-ventilateur dû à un ingénieur des constructions navales. Forfait (2), mais il ne semble pas grandement édifié sur sa valeur : c'est une sorte de poêle en potin, pyriforrae, dans lequel on allumait un feu de bois ou de charbon de terre. L'action de la chaleur attirait l'air par deux tubes qui s'ouvraient près du foyer, un troisième tube vertical donnait issue à la fumée. Le tirage produit par cet appareil était, k ce qu'il parait, bien peu énergique, puisque une bougie présentée à la lumière d'un des tuyaux aspirateurs était agitée, mais ne s'éteignait pas (3).
3° Ventilateur Wettig. — Le fourneau ventilateur de Wettig avait une
(1) Duhamel du Monceau, op. ciï., p. 218.
(2) Kéraudren, Diciionnaire des sciences médicales^ art. lTvi)no(;RAriiiF, t. XXII p. 201. I • ' >
(.3) Forfait, né h Rouen en 1762 et mort en 1807, a été ministre de la marine sous le Consulat. Voir l'Encyclopédie jnét/iO'/ique, article Maiune.
Fig. 44. — Thenno-vcntilateur de \Vettig(*).
action pins énergique. Kéraudren en parle en ces termes : « Le docteur Wettig a rail connaître, en 1809; un autre appareil pour purifier l'air dans les hôpitaux, les vaisseaux, les mines, etc. C'est un fourneau de tôle, dans lequel on place un ballon de cuivre laminé, d'où parlent deux
tuyaux aspirateurs et une douille d'évacuation. Lorsqu'on allume le feu, la douille commence à souffler, et son souffle est d'autant plus fort que le ballon est plus échauffé, et que la température de l'air qu'il contient est supérieure à celle de l'air extérieur, ou que la différence de leur densité est plus considérable. En allumant ce fourneau pendant une heure ou deux, on peut, deux fois par jour, renouveler l'air dans un espace de 300 à 400 toises cubiques. S'agit-il d'employer ce procédé sur un vaisseau, on place l'appareil dans la cuisine ; les tuyaux aspirateurs, dont la longueur peut être de 4 à 6 toises, doivent être dirigés dans les étages inférieurs ; la douille sera conduite à côlé de la cheminée jusque sur le pont. Si l'on trouvait quelque inconvénient à faire passer les tuyaux d'aspiration à travers les ponts, comme on l'a pourtant pratiqué d'après Duhamel et Sutton, on pourrait placer le fourneau dans la première batterie au-dessus même des écouliUes, soit sur l'avant, soit sur l'arrière Cela s exécuterait partout facilement, en ne laissant que l'écouliUon ouvert, et tenant le grand panneau fermé lorsqu'il serait nécessaire. Dans c^tte position, les tuyaux aspirateurs descendraient verticalement dans le faux pont et la cale, tandis que l'expiraleur ou la douille d'évacuation monterait en même temps par l'écouLille supérieure. Sur les vaisseaux de /4 et 80 pièces de canon, où l'air de la cale a besoin d'être souvent renouvelé il ne faudrait qu'un feu de deux heures pour obtenir cet effet. Dans l'intervalle de ces opérations, cet appareil serait placé dans une soute (1) t> Il ne paraît pas cependant que le thermo-venlilateur de
.u banon, H 1,', .u,,„c„.cnt do ro,,c,,. . n s en c,„ .non.
Le fouvncnn enveloppe le ballon et unt iluhi. ^ » nu'il reste nn intervalle do 10 pouces entre Im et la grille
Un tnyan latéral adapté au fourneau sert îi la conduite de la fumée.
• , • / /. rlo.iillp oiniralricp. - C, C, douilles qui appellent Tair, Ira- (*) a, sphère en cuivre lainiiK^. - l>, douiiio p^pinu.n, , ,
vcrsanl le cendrier. — k, k, fourneau. - I, tuvan.
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Weltig ait fourni, dans l'application, les résultats que théoriquement on. attendait de lui. Dans des expériences destinées à comparer l'appareil de Brindejonc à celui de Weltig, l'avantage est resté complètement au premier. Il a été constaté que le tirage était assez faible pour qu'une bougie présentée à la douille expiratrice ne s'éteignît pas; de plus, on a reproché, avec quelque raison, au thermo-ventilateur de Wetlig, d'exiger beaucoup de bois et de charbon pour atteindre l'incandescence et l'entretenir; de trouver difficilement place sous le grand panneau, une fois la chaloupe embarquée ; d'exposer à des dangers d'incendie, principalement pendant le gros temps; de ne pouvoir atteindre 'par ses tuyaux les soutes à légumes et autres compartiments de la cale puisqu'il ne peut être établi que sur un panneau ; et, enfin, de ne pouvoir être facilement réparé par les ressources du bord, dans le cas oii quelques-unes de ses pièces viendraient à se briser. La plupart de ces reproches pourraient être écartés par des modifications très-simples introduites dans la construction de l'appareil Wettig; mais la faiblesse de son tirage, si elle est aussi complète que l'ont constaté les expériences faites à bord de la frégate VAntigone, est un vice radical, qui obligeait à chercher un autre appareil de ventilation plus efficace que celui-ci.
4" Ventilateur Villers. — Le ventilateur Villers, dont parle Sper (1), fonctionnait-il par un moteur mécanique ou par l'action de la chaleur? Nous nous rangerions plutôt à cette dernière idée, bien qu'à vrai dire, nous n'ayons pu retrouver nulle part la description de cet appareil. D'après Sper, il aurait été essayé pour la première fois l'an VII de la République sur la frégate Za Bravoure ; il en parle avec infiniment d'éloges. Une commission, composée de Rochon, de l'Institut, et Thaumur, second pharmacien en chef de la marine, fit l'essai de ce ventilateur. Mollet, professeur d'anatomie à l'école de médecine navale de Brest, et Sper lui-même répétèrent ces expériences. « Avant l'usage du ventilateur Villers, dit ce médecin distingué, l'air de l'entre-pont était chaud, pesant, peu respirable, il formait un précipité abondant dans l'eau de chaux; quatre heures après, l'air était beaucoup plus frais, plus léger, et donnait moins de précipité; au bout de huit heures, il ne différait plus de celui des batteries et ne donnait plus de précipité. Voilà ce qui arrivait dans un beau temps; faisait-il mauvais, les résultats étaient moins satisfaisants. Au reste, ces changements n'étaient pas de longue durée. »
S° Ventilateur Poiseuille. — En 1846, Poiseuille a lu à l'Académie des sciences un mémoire (2) sur un procédé nouveau de ventilation des navires; il ne propose de l'appliquer qu'aux bâtiments de commerce, mais il pense qu'il serait possible, à la rigueur, d'étendre aux navires de guerre le bénéfice de ce système d'aération .
Il consiste en un tuyau aspiratoire traversant un fourneau et com-
(1) Sper, de Granville. thèse d^jà citée, p. 2(5.
(2) Poiseuille, Comptes rendus des séances do l'Acad. des sciences, séance du 29 déc. 1 845.
muniquanl avec deux liibes inlérieui's chaniinanl en abord, et alhint déboucher dans le voisinage de la senline; à l'arrière est un tuyau bifurqué dit tuyau d'inspiration destiné à porter dans les profondeurs du navire l'air qui doit remplacer celui évacué par l'aspiration. Ce tuyau peut traverser une boîte à fumiger contenant du chlorure de chaux de façon à arriver dans la cale avec des propriétés désinfectantes. Ce procédé ingénieux, qui avait été principalement imaginé en vue de prévenir le transport des germes des maladies contagieuses, n'a pas prévalu, à raison de ses difiicullés pratiques, mais il posait d'une façon rationnelle le problème de la ventilation aspiralrice.
Kérandren a proposé également d'appliquer à la cale des bâtiments le système d'aération des fosses inodores. Gs système consiste tout simplement à appeler l'air, de la fosse à travers un tuyau vers l'intérieur d'une cheminée. Comme il faut que l'ouverture du tuyau d'aspiration et celle d'entrée de l'air extérieur soient égales pour que l'appareil marche bien, on boucherait les panneaux de la cale par des écoutilles percées d'un trou d'un diamètre déterminé. Le tuyau d'appel pourrait être coudé et garni de toiles métalliques pour éviter les chances possibles de pénétration des flammes dans la cale {\).
6° Ventilateur Edmiind. — L'idée de ventiler les navires dans toutes leurs parties par la combinaison d'un système de tubes aspiratou-es communiquant avec une source de chaleur avait, on le voit, depuis longtemps préoccupé les hygiénistes. Kôraudren, je viens de le dire, l'avait implicitement formulée en décrivant les procédés de Sulton, de Duhamel, de Forfait, qui se servaient de la chaleur des cuisines ou de leur voisinage pour déterminer dans des tuyaux communiquant avec la cale un mouvement d'aspiration, et le procédé de Poisseuille, comme je l'ai dit plus haut, se rattachait à la même idée.
Nous-même proposions dans la première édition de ce livre, en 1857 un système de ventilation qui offre avec celui réalisé depuis par le médecin anglais Edmund des analogies qu'il me sera sans doute permis de faire ressortir. « La ventilation par appel, disais-je ;\ ce propos, n'exigerait qu'un système de tubes aératoires se ramifiant à la manière des artères, traversant les couloirs principaux de la cale, fournissant des ramifications aux compartiments divers : prison, soutes, magasin gênerai, cambuse, et envoyant trois ou quatre embranchements qui s adap-
(1) Kéraudren, Renouvellement de l'air dans la cale des vaùseaux {Annales d'hyg.,
^l^n ?8à M. Gassior, do nio-JaMoi,o, a ach-cssé à
do Suuon, Duliamel du Monceau, Korauilron, cic. i, ai .... , J .j j,.
r,Û>c oi. i ,0 rartfle sous ri„nu.u,oo i« la cLalonr do l« " ' °a, ôlor
I.a,. nour pa. „„ autre .nbo. f' ;;°;;,/-;:;r . îo u ïr' ^^f.
r.juin 1855, n-" 157).
teraienl à des ouvertures du faux pont, lesquelles seraient obturées par des couvercles lorsque la ventilation devrait être bornée à la cale ; s'agirait-il de ventiler en môme temps le faux pont, de nouveaux tubes ou des manches s'adapteraient à ces orifices, et mettraient l'atmosphère de l'entre-pont en communication avec les tuyaux aspirateurs principaux qui côtoieraient latéralement les chaudières pour s'échauffer déjà par leur voisinage, et viendraient déboucher par un orifice élargi, soit visà-vis des fourneaux, soit dans les fourneaux mêmes, au-dessous des grilles. Des clefs placées à chacun des embranchements principaux de ce système de tuyaux d'appel serviraient a rendre indépendante la ventilation des difTérentes parties du navire, et des diaphragmes en toile métallique placés de distance en distance dans les segments des tuyaux rapprochés des feux, donneraient toute sécurité contre les chances d'incendie ; peut-être enfin serait-il opportun de pratiquer sur la longueur de ces tuyaux des fenêtres ou ouvertures par lesquelles ils recueilleraient encore l'air qu'ils trouveraient sur leur parcours. Rien ne serait plus simple, on le voit, que ce système de ventilation. Voudrait-on aérer l'une des prisons, celle de bâbord, par exemple, on profiterait d'un moment de chauffe de la machine, les clefs obturatrices seraient fermées en arrière du tuyau secondaire destiné à extraire l'air de cette prison, et le tirage s'opérant de lui-même ne s'exercerait que sur l'air intérieur de ce compartiment. On ne saurait évidemment faire intervenir contre ce projet des raisons d'économie, les dépenses qu'il ■ occasionnerait seraient minimes, faites une fois pour toutes, et nulle dé- ; pense de combustible ne serait nécessaire. Le seul reproche légitime I qui lui serait imputable serait de subordonner la ventilation à la mari che du navire, mais n'est-ce pas à la mer que le renouvellement de l'air t est surtout indispensable, et d'ailleurs faudrait-il de grands frais d'imai gination pour suppléer au tirage de fourneaux par un chauffage spécial de l'embouchure des tuyaux aspirateurs lorsque la machine ne fonc- Itionne pas (1)? »
Le médecin anglais Edrhund a proposé, en 4H65, un procédé de venii- 1 lation fondé sur ces principes (fig. 45 et 46). 11 est basé essentiellement ^spr le fonctionnement aspiratoire de deux sortes de tuyaux : l'un longitu- 'idinal que j'appellerai collecleur, à raison de son office quiestde recueil- ■ihr l'air méphitique qui se dégage de la cale ; les autres verticaux ou évacuateurs, qui communiquent avec le tuyau de la cheminée des bateaux à vapeur, les bas-mâts en fer creux des voiliers (2), ou, enfin avec des
fJ! n''*''^ ^^'''ygiène navale. Paris, 1856, p. 268. r mimo .nnn.'"'"''?^ ^as-mâts creux de registres pouvant modérer ou
2Grs flsnfpT'"' 'i'"'"' ''P^'''"'- 'î^'' «^^^ d'incendie peut offrir dos dan-
" pt oûanr I 5^'. "^^^3 creux agissent parfois comme organes d'insufflation aérienne ■3 Wiser la rav /inl ' ^acdonald a proposé de
•-haoue comn. fim r?""' '^''"'^^'^ ^"y*-^"" secondaires piur que
-naque compartiment du navire ait une aspiration indépendante.
ouvertures ménagées à oel effet sur le pont. M. Le ïloy de Méricourl, qui s'occupe avec tant de zèle et tant de talent des questions d'hygiène navale, a décrit dans son excellent journal le système Edmund, et en a
Fig. 45. — Système de ventilation nautique d'Emund (*)•
fait rossorlirles avantages dans ces termes : . Le ^""6^ '«^^^'^^ ^^^^ le courant d'air chaud qui traverse la cheminée d »» '^l'^^ ^o, tesTes ayant ses feux allumés assure le renouvel emenl de l'a.r d ns ton e^les iwties du navire (1). Bien que la vent.lat.on so,t puissante, le tnage
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too^U^ cis'iv::"» :;„nr°,:t î-VbWT ...... »...
reliés avec le tuvnu horizontal ; C, h, ouvcnurt,. |. i clans le conduit "principal; C. P, tuyaux de dégagements.
néanmoins est peu sensible et ne saurait avoir d'inconvénients pour la santé des hommes, attendu qu'il s'exerce sur un très-grand espace et par une mullitude d'orifices à la fois qui divisent le courant. Sur les
rig. 46. — Même système appliqué à un vapeur (*).
bâtiments à vapeur marchant h la voile, ou sur les bâtiments à voile lorsque la brise est fraîche, il peut suffire d'orienter convenablement le capuchon des tuyaux de dégagement placés sur le pont pour renverser le fonctionnement du système et faire arriver directement l'air pur dans tout le navire. Pendant les calmes, il faut nécessairement recourir à un mode artificiel de tirage. Le plus simple et le plus efficace sur un na-
(')Fig. A. — Application sur un bâtiment à -vapeur : C, tuyau longitudinal -.G , tuyau courbé sous les barrots pour aller rcjoindi'c soit la cheminée centrale 0, soit son enveloppe P ; M, tuyau auxiliaire ; W, W, tuyaux portant l'air vicié sur le foyer môme des chaudières.
Fig. B. — A, B, pont supérieur; T, tuyau à section rectangulaire ; 0, 0, ouvertures donnant accès à l'air vicié.
vire il vapeur qui ne se sert pas de sa machine consiste à allumer un fourneau ; sur un navire b voiles on fait arriver dans le grand tuyau longitudinal, comme l'a proposé M. Gitfard, un jet de vapeur emprunté à l'appareil disiillatoire. Dans ce cas, il est vrai, on obtient Irès-peu d'eau d'un appareil capable de distiller oOO gallons d'eau (environ 2,500 litres), pendant douze heures de chauffe; il faut donc compter sur une dépense supplémentaire de charbon ; le jet de vapeur s'échappe par les tuyaux verticaux; seulement, pour ne pas neutraliser le courant d'air qu'il détermine, il faut avoir soin d'orienter les capuchons de manière que le vent ne s'y engouffre pas. A l'aide de diaphragmes convenablement placés (1), on peut faire fonctionner le ventilateur isolément dans les différents étages du navire ou modérer son action.
« Ce système a été appliqué sur trois bâtiments de la Compagnie anglaise d'émigration. Les rapports dont il a été l'objet établissent son elBcacité d'une manière évidente. Le médecin-surinlendant du Earl /?i<sse/ déclare (|ue c'est le système de ventilation le plus parfait qu'on ait encore vu fonctionner, tant au point de vue théorique qu'au point de vue pratique. Le Ganoll affirme qu'il n'avait jamais constaté une température aussi fraîche dans les entre-ponts et une aussi complète absence de mauvaise odeur pendant la nuit, en traversant les latitudes tropicales, qu'à bord du General-Caulfield. Le Barry a signalé les mêmes résultats. Aussi à bord de ces transports d'émigrants, les épidémies meurtrières qui y sévissaient antérieurement ont-elles disparu. Ce qu'il y a eu de plus remarquable, c'est la diminution des chiffres de la mortalité des enfants. Sur plusieurs des navires de la Compagnie faisant le service d'Angleterre en Australie, un tiers des enfants au-dessous de cinq ans mourait pendant la traversée ; depuis que le procédé Edmund est appliqué et fonctionne à l'aide de l'introduction d'un jet de vapeur, la mortalité est devenue sensiblement nulle (3). »
En faisant la part de l'enthousiasme, il est certain que ce sont là des résultats dignes de fixer l'allcnlion; je dois dire cependant que le système Edmund, qui appartient à l'fls/jemi^n pure (l'injection facullalive est une fiction) me paraît inférieur aux systèmes de ventilation mixte, en particulier au système Décante.
(1) On me permettra de faire remarquer que ce détail d'installation était indiqué dans le projet que je formulais il y a vingt ans. Loin de moi la pensée de '"^^co""«' que faire passer u .c idée dans la pratique est souvent plus mento.re que de 1 a o r Conçue, ma'is encore est-il juste de faire aux promoteurs d'une id e ^^^^^^ tivo ou leur revient. Or, j'ai démontré tout k l'heure que le système l Alniund omme !; les'c^o^^îu,!^ àiu des précurseurs ; il est légitime d.^e ,.,,pe^r et U sen.U peut étro injuste do Toublicr. Les trois .dées fondamentales du système Ldmund . Es spiraô os ramiliés, mouvement communic.néà Pair par les sources de chaleur du b a l . .hra^mes permettant de localiser la ventilat,on ^^^-^^i;)^;;^ l telle parti; du navire, avaient été formulées avant ce médec.n (Voy. lra,fc d H,f,.
""IÏ;^ nty de S;ourt, S,,slè,ue de vcnlilaHon nau,rr,ne du ir Edmund [Arck. dè méd. uav., 18G ', t. IV, p. 21 1 ).
7° Système Berlin. — La question de la venliiation d'un -navire-écurie avait été mise à l'étude. M. Bertin, ingénieur de la marine, a proposé un système ingénieux très-rapproché des précédenis, de celui d'Edmund par exemple, et qui a été appliqué sur le Calvados avec un succès constaté par une commission nommée pour en étudier les résullats. Dans ce système, la batterie haute est abandonnée aux moyens de ventilation naturelle et la batterie basse et la cale sont seules ventilées artificiellement. La quantité minimum d'air à extraire de ces deux compartiments est de 33,600 "3 par heure (I). Les mailles du navire sont mises en relation avec quatre canaux collecteurs, deux de chaque côté, qui viennent déboucher au pied de la cheminée dont l'enveloppe joue l'office de tuyau d'appel : au point de convergence des collecteurs se trouve un foyer d'appel destiné à échauffer l'air vicié et à lui donner une force ascensionnelle, Une consommation de 40 kilogrammes de charbon par heure (2) est nécessaire pour l'évacuation de 33,600 d'air vicié. L'air frais qui afflue pour combler le vide est envoyé à l'intérieur du navire par des manches munies de conduits horizontaux placés sous les barrols et dans lesquelles le débit est réglé par des registres (3).
La comniission désignée pour expérimenter le système de ventilation Bertin a résumé ses essais dans les conclusions suivantes :
(( Le fonctionnement de l'appareil est satisfaisant, ne présente aucune chance d'avarie et assure, en toute circonstance, des résultats certains. Il produit une veniilalion parfaitement suffisante. Les seuls inconvénients sont : 1" une diminution de capacité utile de 100 ; 2° une surcharge de poids de 40 tonneaux due au poids de l'appareil et de son approvisionnement en charbon calculé pour trente jours de navigation • 3°. la nécessité d'une cheminée s'élevant de 9 mètres au-dessus du roufie des cuisines et présentant au vent debout une surface de résistance de 21 ^lo ; 40 l'inconvénient de supprimer la grande voile.
Elle faisait aussi ressortir la dépense de 30,000 francs environ pour la confection et l'installation de l'appareil ; mais elle apportait dans la discussion de ces inconvénients un sentiment très-grand de l'importance de la ventilation et de la légitimité des sacrifices qu'on lui doit.
La commission concluait, en résumé, à la nécessité de faire des essais à la mer pendant de longues traversées,- et par tous les temps, avant de se prononcer sur l'apphcation possible de ce système de ventilation à
.i'L^''"!'";^'"'^'' T "î'"" trampoH-écurie et con^dérations qétiérn'c,
sur les rém iuts à obtenir par le même procédé à bord des prina,aux types de m^r'. de guerre et de commerce {Mémorial du Géme mardùne, 1872. 8-= livraison) \ JvZZ\ le. Corn,tes rendns de l'Acad. des sciences, de la môme Lnnée. ^* (-j Cette quantité représente une force de 10 chevaux.
(3) M. Merlin a réduit de ;'0l>"-3 k I oO-» la quantité d'air donner par heure \ un rho val en se fondant sur l'immobilité de ces animaux dans leurs stalles ma sTl fi L,nr" quer que ce chiflre est un minimum qu'il faut toujours sellbrcor d e ^passer
tous les bâlimenls de transport. Celte expérience décisive a clé faite et les résullals consignés dans les rapports des commandants successifs de ce navire, MM. deMarguerye et Vial, leur ont semblé favorables. Pendant quarante-cinq jours on a observé les effets de l'appareil de ventilation et on a constaté : 1" que la vitesse moyenne de l'air par seconde dans la cheminée, essayée à l'anémomèlre, était de l-,14o par seconde ; 2° que l'évacuation d'air écoulé par heure par la cheminée a élé, en moyenne de 26 000 mètres; 3° que la température moyenne extérieure a midi ét intde 26" 9, celle de la batterie basse n'était en moyenne que de 28°,8;
qu'avec cette même température extérieure de 26°,9 h midi, la température movenne de la batterie haute était de 28°,2; 5° que la température moyemie de minuit étant sur le pont de 23°,4, celle de la batterie basse s'est maintenue en moyenne à 2o°,4 ; qu'avec celte même température moyenne sur le pont de 23%4, la batterie haute a eu une température moyenne de 23°,5. Je réunis dans le tableau suivant ces résultats (1) :
VITESSE de l'ail- daus la