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CHAMPIGNONS VÉNÉNEUX

ments et des selles souvent sanguinolentes, souvent des lésions graves du tube digestif : c'est parce qu'elles contiennent, outre l'alcaloïde toxique, une matière acre, fixe, que les animaux perçoivent mieux que l'homme, puisqu'ils n'en avalent que par la violence, tandis qu'ils avalent l'amanitine isolée ouïes Agaricus muscarius, pantherinus, sans la moindre difficulté et même spontanément.

La lenteur des accidents dus aux bulbeux s'explique fort bien par [ irritation gastrique qui empêche d'abord l'absorption du poison narcotique. Mais, tandis que le muscarius ne tue presque jamais l'homme, le buïbosus le tue presque toujours.

M. Penn conclut de ses recherches sur les champignons vénéneux : « 1° Qu'au moins dans une espèce, Y Agaricus muscarius, il y a un alcaloïde appelé muscarine; que l' Agaricus muscarius contient aussi une base appelée amanitine, corps non toxique. 2° Que la muscarine est un agent doué de propriétés éminemment toxiques, et qu'elle est probablement la substance toxique chez tous les champignons nuisibles, associée avec un autre alcaloïde. 3° Que, dans l'empoisonnement par les champignons, outre l'emploi habituel de l'émétique, de la pompe stomacale, des purgatifs et de l'acide gallique, il faut administrer l'atropine en injection sous-cutanée, à la dose d'un demi-milligramme, répétée suivant les indications. » (Journ. of Nervous and Mental Diseases, janv. 1877.)

Les propriétés physiologiques d'un des champignons les plus vénéneux ont été très-bien étudiées par M. Alison (voy. l'extrait de son mémoire sur la fausse oronge, Amanita muscaria, dans Ann. thérapeutique, 1878, p. 47). Je vais me borner ici à résumer la série des accidents qui apparaissent après l'ingestion d'une quantité suffisante d'amanite bulbeuse.

\ï Amanita bulbosa, un des plus dangereux des champignons toxiques, présente une certaine analogie avec le champignon de couche. \ oici l'esquisse rapide des accidents déterminés chez l'homme. Pris au dîner, on remarque d'abord quelques vertiges ; on se réveille au milieu de la nuit en proie à des vomissements, des coliques, des évacuations alvines. La sécrétion urinaire est quelquefois supprimée; tout paraît se calmer. La deuxième journée est satisfaisante; mais, vers le soir, survient une soif vive, des vomissements pénibles suivis de prostration, de défaillances, sans réaction. Les extrémités, la langue, les lèvres, se refroidissent, puis la sensibilité diminue; la circulation se ralentit; la face prend le caractère hippocratique, et la mort survient.

Avec V Amanita muscaria, les symptômes sont plus prompts, le délire plus constant.

Traitement. — Evacuer énergiquement le poison par des vomitifs et des purgatifs : tenir le malade éveille ; administrer d ucafé, de la solution (l "'dure de potassium ioduré et des infections sous-cutanées d'atropine.

Suivant F. Gérard, voici un moyen de dépouiller les champignon* vénéneux de leur principe toxique : Pour chaque 500 grammes de champignons coupés en morceaux d'assez médiocre grandeur (en quatre pour les moyens, en huit pour les plus gros), il faut un litre d'eau additionnée de trois cuillerées de vinaigre ou de sel gris. Dans le cas où l'on n'aurait que de l'eau à sa disposition, il faut la renouveler une ou deux fois. On laisse les champignons macérer dans le liquide pendant deux heures entières, puis on les lave à grande eau; ils sont alors mis dans de l'eau froide qu'on porte à l'ébullition, et, après un quart d'heure ou une demi-heure, on les retire, on les lave, on les ressuie, et on les apprête soit comme un mets spécial, et ils comportent les mêmes assaisonnements que les autres, soit comme condiment.

Condiments (Assaisonnements). — Le mot de condiment paraît assez nouveau, car on ne le trouve pas ni dans YEncyclopédie, ni dans le grand Dictionnaire de médecine. Les condiments diffèrent des aliments parce qu'ils n'interviennent dans l'alimentation que pour de faibles quantités, et en général pour rehausser la saveur des mets. Les condiments sont bien définis par la phrase suivante de Haller : « Cibi amorem aliquando augent, saporem gratum adduut et ventriculi vires musculares etiam exhalationem internant augent. » — Les travaux modernes ont agrandi le rôle attribué par Haller aux condiments. On a démontré que plusieurs d'entre eux agissaient en détruisant la vitalité des ferments organisés vivants, en entravant l'altération des aliments ou en dirigeant leur fermentation digeslive.

Plusieurs substances rangées par les anciens dans le groupe des condiments en ont été retirées pour être portées dans celui des matériaux alimentaires, parce qu'elles constituent de véritables aliments, dont l'usage journalier est indispensable. C'est ainsi que les sucres, les graisses, le sel marin, ne sont plus traités que pour mémoire dans le groupe des condiments.

Certains condiments ont du l'apport avec les herbes ou brèdes. Voici la liste des principaux condiments herbacés ordonnés par famille :

Condiments herbacés.

Liliacécs Ul, ciboule, civette, ail d'Orient, échalote, oignon, poireau,

rocambolc.

Labiées P.a.silic, marjolaine, menthe, rai nette, thym.

Synanthérées Kstragon.

Ombellifères Cerfeuil, fenouil, persil.

Crucifères Cresson alénois, raifort, moutarde.

Cnpparidécs Câprier.

Tropè.olées Capucine.

liosacecs. l'impreiicllc.

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