RÉGIME DANS LES DYSPEPSIES, DANS LA GLYCOSURIE
pis de la vache suffisent pour soutenir les forces et ramener une santé parfaite, dont il eût fallu désespérer sans cette alimentation.
La viande crue hachée, le jus de viandes crues, rendent également de grands services dans certaines formes de dyspepsies ; mais il faut ou en donuer des quantités assez élevées, ou les associer à d'autres aliments, pour ne pas tomber sous le coup de l'insuffisance.
Des œufs frais, crus ou peu cuits, offrent souvent aux dyspeptiques une ressource alimentaire des plus précieuses. Quand ils peuvent supporter l'association du beurre, du sel et des œufs sous forme d'œuf brouillé, avec de la croûte de pain ou du pain rassis, ils trouvent ainsi facilement tous les bénéfices d'un aliment complet, comme est le lait lui-même.
Il est souvent utile de prescrire des eaux alcalines. Comme M. Dujardin Beaumetz, je donne la préférence aux plus légères et à celles de Vais, qui supportent mieux le transport et qiai offrent des degrés différents d'alcalinité. Je prescris habituellement celle de la source Saint- • Jean.
Je dois dire, en terminant, que dans les choix des substances ingérées, pour la qualité, pour la quantité et pour leur température, il faut ■ observer les susceptibilités de l'estomac. La douleur est un avertissement qui commande souvent une grande réserve. Le cancer de l'estomac i est bien souvent cause de dyspepsie, mais je suis convaincu que ce cani cer se développe plus souvent qu'on ne le pense pour n'avoir pas ménagé convenablement cet important viscère.
Glycosurie, diabète sucré, alimentation. — Préceptes généraux. — Manger modérément et lentement, bien diviser, bien mâcher tous les aliments. Tant que la quantité des urines rendues en vingt-quatre heures sera supérieure à un litre et demi, boire le moins possible et prendre peu d'aliments liquides, tels que bouillons, soupes, etc. Pour faire des potages gras ou maigres, il faut employer la farine de gluten, ou la semoule de gluten de Cormier. Combattre le sentiment de la soif, en mâchant des olives, des graines de cacao torréfiées ou du café torréfié. Eviter le repos et le sommeil après le repas ; pour cela, une bonne promenade en sortant de table est très-utile. Ne se coucher que quatre à cinq heures après le dernier repas. S'abstenir de tabac ou fumer le moins possible.
La première règle qu'on doit observer, c'est la suppression aussi radicale que possible des aliments féculents et sucrés, tant qu'ils ne sont pas complètement utilisés. Cette suppression, avec un exercice de chaque jour en rapport avec les forces, constitue la base du traitement
. 1 lin i mis défendus.— Voici la liste des aliments féculents ou sucrés les plus usuels qui doivent être proscrits tant qu'ils ne sont pas utilisés.
Pain, pâtisserie, riz, maïs et autres graines farineuses; les pommes de terre, les fécules de pomme de terre, d'arrow-root, de sagou, de tapioca et autres fécules alimentaires; les pâtes farineuses, telles que semoule, macaroni, vermicelle, etc.; les haricots, pois, lentilles, fèves; les marrons et les châtaignes; les radis, les carottes, les navets et autres racines féculentes ou sucrées; tous les fruits et particulièrement les fruits sucrés, tels que les raisins, les figues, frais ou secs, les prunes et les pruneaux, les pommes, les poires, les ananas, les melons, etc. ; le sucre, le miel, les confitures et autres aliments et boissons sucrés ; le lait; la bière, le cidre, les limonades et les boissons acides, surtout lorsqu'elles sont sucrées. Dans les sauces, la farine et la chapelure doivent être remplacées par la farine de gluten, on ne doit pas y faire intervenir le caramel, les oignons, les navets, les raves.
Aliments permis. — Les aliments qui peuvent être permis sont ticsnombreux, nous allons en faire une énumération aussi complète que possible.
Il n'est pas nécessaire d'adopter une nourriture exclusivement animale, il est de beaucoup préférable de choisir une alimentation mixte qui est plus complète.
Tant que les urines contiendront du sucre, remplacer le pain ordinaire par le pain de gluten de Cormier, ou par les biscuits de gluten torréfiés, ou par les gâteaux au gluten de la même fabrique, etenmanger le moins possible, ear tous ces produits contiennent encore de la farine.
Les viandes de toute nature, aussi bien les viandes blanches que les viandes noires, peuvent être conseillées, celles d'animaux adultes sont préférables, le gibier convient très-bien, ainsi que les quartiers de porc, surtout ceux qui sont gras. Parmi les différentes parties des animaux, on doit éviter les foies et les morceaux gélatineux. La cervelle, les rognons, la f'agoue, les boudins, de même que les viandes fumées ou salées, telles que jambon fumé, bœuf de Strasbourg, mortadelle d'Italie, saucissons de Lyon, conviennent; tous les assaisonnements qui stimulent l'appétit, tels que moutarde, sel, poivre, raifort, conviennent; on peut même essayer le radis noir, quoiqu'il contienne de la fécule; pour les fritures ou les sauces, il faut employer la farine de gluten de Cormier, pour les croûtes rôties du pain de gluten.
Tous les poissons d'eau douce comme les poissons de mer, frais, salés ou fumés, offrent une ressource variée et très-précieuse. Les autres animaux alimentaires, tels que les huîtres, moules, écrevisses, langoustes, homards, crevettes, escargots, grenouilles, etc., peuvent être permis.
Les œufs, sous toutes les formes si variées qu'a imaginées l'art culi naire, sont d'une grande utilité.
Si le lait est défavorabc, la crème fraîche cldc bonne qualité convient,
RÉGIME DANS LA GLYCOSUttlE. 385 il en est de même du beurre, dont nous recommandons spécialement l'usage journalier, les fromages de toute sorte, frais, salés, fermentés, etc., offrent une précieuse ressource alimentaire.
Les légumes qui peuvent être permis sont assez nombreux; on doit observer seulementque les corps gras (huile, beurre, graisses, lard) doivent entrer en quantité plus élevée que de coutume dans leur préparation ; et quoi qu'il en soit, comme certains légumes, tels que les choux, contiennent encore de la fécule ou du sucre, ils doivent être pris en quantité modérée, et leur influence dans l'alimentation devra être appréciée par l'essai des urines rendues deux à quatre heures après leur usage. Quand ils augmentent la quantité de glycose, il faut en user modérément. Tous les légumes doivent être blanchis à grande eau bouillante et bien égouttés. Voici la liste des principaux légumes qui peuvent être permis :
É pinards, chicorée, laitue, artichauts, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles, choucroute, haricots verts, asperges, salsifis, cardons, céleri, champignons, truffes. Les jaunes d'œufs et la crème doivent remplacer la farine dans les sauces. On peut manger les salades de feuilles et particulièrement les suivantes : laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe de capucin, pisanlit, mâche, scorsonnère, cresson. On peut essayer l'usage de céleri, mais on doit apprécier son influence sur la composition de l'urine. Peu de vinaigre et beaucoup d'huile ou de crème, clans les salades.
Pour le dessert, outre les fromages, les olives, les amandes, les noix, les noisettes fraîches ou sèches, les pistaches peuvent être permises. On peut accorder du chocolat au gluten ou à la glycérine, sans sucre ni farine, qui peut être préparé à l'eau et à la crème.
L'usage des bons vins rouges vieux, des fins cépages de la Bourgogne ou duBordelais, est favorable ; une bouteille dansles vingt-quatre heures, voilà la quantité qui convient.
Le vin de Champagne mousseux et tous les autres vins sucrés et mousseux, ou seulement sucrés , ne doivent pas être permis ; il en est de même des eaux gazeuses, comme de l'eau de Seltz. On peut couper le vin soit avec de l'eau pure, soit avec une infusion de 10 grammes de Quinquina loxa concassé pour un litre d'eau, soit avec de l'eau dans laquelle on aura fait dissoudre par litre une ou deux cuillerées à café de sel de Seignelte (tartrate de potasse et de soude).
Le café et le thé sans sucre conviennent généralement; cependant il est bon d'en apprécier l'influence en examinant les urines après leur usage. Il faut préférer le thé pékao à pointes blanches, associé au thé de fleurs d'oranger. On peut ajouter au thé ou au café un peu de crème, ou de rhum, d'eau-de-vie, de kirsch, mais on doitlimiter l'usage des alcooliques aussitôt qu'ils déterminent de l'excitation encéphalique. En général, on fera bien de s'abstenir de liqueurs fortes ou d'en user avec une grande modération.
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Aliments par lesquels il faudra commencer de revenir à la vie commune quand les urines ne contiendront plus de sucre, mais en ayant soin d'essayer les urines après leur usage, afin d'être certain que les sucres ou les fécules sqnl utilisés. — Eçhaudés, pain de son, pain ordinaire, mais toujours en quantité modérée : préférer la croûte ou le pain légèrement torréfié au jour, pommes de terre frites, semoule de gluten ordinaire. — Essayer d,u pain dans la préparation duquel on remplacera le sel ordinaire par du sel de Seignette.On peut souvent mélanger le sel de Seignette avec le quart de son poids de phosphate de soude et un peu de sel marin. Ce pain est préférable quand il est légèrement torréfié. Il faut toujours en manger peu.
Onpeutaccorderles fruits suivants : fraises, pèches, ananas, framboises, groseilles, cerises, mais toujours sans sucre et en quantité modérée.
On peut essayer les pommes e\ les poires, mais toujours en quantité modérée, crues et sans sucre. On peut boire de la bière de garde, mais vieille, non gazeuze, pure ou étendue d'eau.
Toutes les fois qu'on use des aliments à l'aide desquels il faut commencer de revenir à la vie commune, il est important d'essayer fréquemment les urines, afin de reprendre immédiatement le régime sévère aussitôt que le sucre reparaît dans les urines.
L'énumération des mets qui conviennent aux glycosuriques, ou le menu des diabétiques, constitue un bon a ide-mémoire pour la personne chargée d'ordonner les repas; on le trouve dans le volume Sur la glycosurie, à la librairie Germer Baillière, n° 108, boulevard Sainl- Germain (voy. pour l'ensemble du traitement hygiénique, p. 1 10).
Polyurique [Imminence de gravelle urique et de goutte. Régime). — Le traitement hygiénique de la polyurique (voy. p. 413) se rapporte surtout à l'alimentation, à l'exercice, aux soins de la peau.
1° Alimentation. — Manger modérément, bien diviser par le couteau, bien mâcher tous les aliments ; s'abstenir d'oseille, de soupe à l'oseille, de tomates ; s'abstenir d'asperges, de haricots verts, si leur usage détermine des douleurs rénales ou de légers dépôts dans les urines.
Les viandes de toute nature (viandes de boucherie, volailles) conviennent; mais on devra en user modérément; il faut être encore p|us réservé pour les œufs, les poissons, les écrevisses, les crevettes, les moules et autres coquillages, les fromages avancés. Le lait est bien indiqué, surtout dans les formes chroniques de la polyurique.
Les légumes de saison conviennent presque tous; ils doivent intervenir chaque jour dans l'alimentation. ,1c citerai particulièrement lesépinards , les laitues , la chicorée, les artichauts, les topinambours, les salsifis , les cardons, le céleri , les carottes, les panais, les patates. Les pommes de terre sont utiles; elles doivent remplacer une partie du pain
RÉGIME Um Ub »'01ITTE ET IA CKAVRLLK UR1QUE. :în7
aux repas. Les radis ordinaires, le radis noir, peuvent être servis journellement avec avantage. Les choux, les choux-fleurs, les choux de lïru\elles, la choucroute, les champignons, les trulles, les marrons, les châtaignes, les haricots, pois, lentilles, fèves, ne sont point défendus, mais il en faut régler l'emploi d'après leur iulluence sur l'appareil digestif, et toujours eu user modérément.
L'usage journalier du cresson ou d'une salade de feuilles (laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe de capucin, pissenlit, mâche, scorzonère, céleri), convient.
Tous les fruits, si l'estomac les supporte, peuvent être journellement servis (fraises, pêches, ananas, groseilles, cerises, framboises, figues fraîches ou sèches, les pommes, les poires, les prunes, les pruneaux , les abricots, les melons, les potirons, les concombres, les raisins frais ou secs, etc.). Une saison de raisins est bien indiquée. Les olives, amandes, noix, noisettes, pistaches, en quantité modérée. S'abstenir d'eau- de- vie et liqueurs; très-peu de bière; pour toute boisson alcoolique , un vin rouge ou blanc léger, étendu de deux fois son volume d'eau. On peut prendre, dans les formes chroniques, à chaque repas, soit un petit verre devin de quiniumde Labarraque, soit de Saint-Uaphaël. Les vins blancs mousseux sont contre-indiqués, de même que les boissons très gazeuses, comme l'eau de Seltz.
Prendre au réveil , en se couchant et aux repas , assez de boissons aqueuses pour rendre en vingt-quatre heures environ un litre et demi d'urine. Ces boissons aqueuses seront : l'eau pure, l'eau de Vais, source Saint-Jean, les décoctions de chiendent fin, de queues de cerises, de lin, de feuilles de frêne, ou mieux une infusion de stigmates de maïs.
2° Excrétions. — Vider régulièrement et complètement la vessie . toutes les six heures au moins. Profiter, pour atteindre ce but, d'une bonne promenade après chaque repas.
Obtenir une garde-robe au moins chaque jour, par la régularité des heures. Si cela est nécessaire pour arriver à ce résultat, prendre au repas du matin une ou deux cuillerées à bouche de graines de moutarde hlanche ou de lin. Si cela ne suffit, prendre, au réveil, depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche, suivant l'effet, d'un mélange à parties égales de sulfate de soude et de tartrate de potasse et de soude pulvérisés, dans un verre de macération de racine de réglisse, de limonade ou d'orangeade. Continuer jusqu'à régularisation.
3° Exercice. — Exercer le plus possible les forces , en évitant avec le grand soin les refroidissements non suivis de réaction. L'exercice des fcras.qui anime la respiration, est surtout utile. Je conseille généralement de faire disposer daus l'appartement des appareils élastiques qui permettent d'exercer facilement les bras. Parmi tous les exercices, le malade choisira celui qui lui sera le plus agréable, le pratiquera chaque
;;ss MODIFICATEURS. — ALIMENTATION.
jour, et se rendra assez énergique pour obtenir une bonne chaleur de tout le corps. Si la sueur arrive abondante, changer, se frictionner vivement et longuement avec des linges secs, des brosses de chiendent lin, de laine ou de caoutchouc. Prendre les précautions nécessaires alin d'éviter les refroidissements, que l'on doit absolument redouter.
•4° Soins de la peau. — Si cela est possible, au lever, lotions rapides avec une éponge imbibée d'eau, suivies de longues et vives frictions avec des linges secs, avec des brosses de chiendent lin et de caoutchouc; puis massage avec la main enduite de quelques gouttes d'huile d'olive parfumée. Si l'exercice ne peut être adopté, rendre les frictions sèches et le massage assez énergigues pour réchauffer lout le corps; y suppléer encore par de longues et larges inspirations pulmonaires.
Chaque semaine, de un à trois bains hygiéniques, avec 100 grammes de carbonate de potasse, 2 grammes d'essence de lavande et 5 grammes de teinture de benjoin-vanillé. Ces bains seront suivis de longues frictions et de massage.
Médication pharmaceutique. — Quand les urines déposeront, prendre le matin, le soir et avant chaque repas, une pilule contenant 1 décigramme de tartrate de potasse et de lilhine. Chaque pilule sera avalée à l'aide d'un verre d'eau. Continuer dix jours; après ce temps, boire pendant dix jours un litre d'eau dans lequel on aura dissout 5 grammes de bicarbonate de potasse: pendant dix autres jours, dissoudre dans le litre d'eau journalier 10 grammes de tartrate de potasse et de soude. Revenir au moyen qui aura le mieux réussi.
Calculs biliaires. — Régime. — Les calculs biliaires se forment et se déposent peu à peu ; le traitement pour les expulser et surtout pour en prévenir la production doit être longuement continué; il est surtout basé sur l'hygiène ; nous allons en poser les indications principales. Elles se rapportent à l'alimentation, aux excrétions, aux soins de la peau, à l'exercice, au séjour à une station d'eaux minérales, aux moyens pharmaceutiques.
1° Alimentation. — Manger modérément, s'abstenir de soupe à l'oseille, de tomates, de liqueurs fortes; régler l'emploi du thé et du café suivant leurs effets. Un œuf, et jamais plus, dans la journée, ou s'en abstenir. Les viandes de toute nature (viandes de boucherie, volailles, gibier) conviennent, mais on devra en user modérément. Il faul être encore plus réservé pour les poissons, les écrevisses, les crevettes, les moules et autres coquillages, les fromages avancés; mais le lait et les fromages frais sont bien indiqués. Les légumes de saison conviennent presque tous; ils doivent intervenir chaque jour dans l'alimentation. Je citerai particulièrement les épinards, les laitues, la chicorée, les artichauts, les topinambours, les carottes, les panais, les patates, etc.
CALCULS BILIAIRES. - RÉGIMË. 889 (les asperges, les haricots verts et les petits pois en quantité modérée). Les corps -ras (graisses, beurre, huiles) ne sont pas défendus.
Les pommes de terre sont utiles; elles doivent remplacer une partie du pain aux repas; ce dernier aliment doit être pris en quantité modérée; on doit préférer la croûte. Les radis ordinaires, le radis noir, peuvent être servis journellement. Les choux, les choux-fleurs, les choux de Bruxelles, ne sont point défendus.
Les champignons, les truffes, les marrons, les châtaignes, les haricots, pois, lentilles, fèves, doivent être pris en quantité modérée.
L'usage journalier du cresson ou d'une salade de feuilles (laitue, romaine, escarole, chicorée, barbe de capucin, pissenlit, mâche, scorzonère, etc.), est très utile.
Tous les fruits peuvent être journellement servis (fraises , pèches, ananas, groseilles, cerises, framboises, prunes, ligues, melons, potirons, concombres, pommes, poires, raisins). Une saison de raisins est bien indiquée.
Les olives, amandes, noix, noisettes, pistaches, en quantité modérée. Peu de bière; pour toute boisson alcoolique, un vin rouge ou blanc léger, étendu d'une ou deux fois son volume d'eau ou d'eau de Vais Saint-Jean. Les vins blancs mousseux sont contre-indiqués, de même que les boissons très-gazeuses, comme l'eau de Seltz artificielle.
2° Excrétions. — Obtenir une, ou mieux deux garde-robes chaque jour, par la régularité des heures; faciliter cet effet en prenant, au réveil, depuis une cuillerée à café jusqu'à une cuillerée à bouche, suivant l'effet, d'un mélange à parties égales de poudre de tartrate de potasse et de soude et de sulfate de soude, dans un verre de macération de racine de réglisse, de limonade ou d'orangeade fortement sucrées. Continuer jusqu'à régularisation. .
3° Exercice. — Exercer le plus possible les forces, mais sans se surmener et en évitant les refroidissements non suivis de réaction.
4° Soins de la peau. — Au lever, lotions rapides avec une éponge imbibée d'eau, suivies de vives et longues frictions avec des linges secs, avec des brosses de chiendent fin et de caoutchouc; puis massage avec la main enduite de quelques gouttes d'huile d'olive parfumée.
Chaque semaine, de un à trois bains hygiéniques avec 100 grammes de carbonate de potasse, 2 grammes d'essence de lavande, 5 grammes de teinture de benjoin vanillé. Ces bains seront suivis de longues frictions et de massage.
5° Médication pharmaceutique. — Eaux minérales. — Pour provoquer l'expulsion des calculs, on peut prendre matin et soir de une à trois perles d'essence de térébenthine, et en même temps une perle d'éther ou deux. Si cette médication fatigue l'appareil digestif, prendre ces perles aux deux principaux repas.
Pour empocher la formation des calculs, on peut prendre pendant dix jours, matin et soir et avant chaque repas, uiie pilule contenant 1 décigramme de tartrate de potasse et de lithine ; chaque pilule sera avalée à l'aide d'un verre d'eau. — Pendant dix autres jours, matin et soir, une cuillerée à bouche, dans un verre d'eau, d'un sirop avec -400 grammes sirop des cinq racines apéritives et 20 grammes d'acétate de potasse ; pendant dix autres jours, un litre d'eau chaque jour, contenant 10 grammes de tartrate de potasse et de soude.
Une saison aux eaux de Pougues ou de Vais est bien indiquée; à cette dernière station, on boira dans la matinée deux verres d'eau de Vais Madeleine; dans la journée, un verre de la source Précieuse, et à chacun des deux repas, avec le vin, un verre d'eau de la source Dominique. Une saison de Vichy est très convenable pour les malades vigoureux.
Je dois ajouter de courtes explications pour légitimer quelques-unes des prescriptions du régime. Je recommande d'user avec une grande modération des œufs, des graines, et par conséquent du pain ; l'observation clinique légitime cette réserve. Les graines, de même que les œufs, contiennent de la cholestérine et paraissent en favoriser la formation. Les sels qui constituent les matières minérales des graines sont presque exclusivement des phosphates, tandis que les herbes, les fruits contiennent des sels organiques, citrates, malates, quinates, etc., de potasse. Ces derniers acides sont détruits dans le sang, transformés en bicarbonate de potasse qui augmente l'alcalinité du sang, et par conséquent celle de la bile, sans qu'il soit nécessaire de prescrire du bicarbonate de soude. Le tartrate de potasse et de soude, de même que le tartrate de potasse et de lithine, que je prescris, sont également transformés en bicarbonates alcalins. Je préfère la potasse à la soude, parcé que la première est plus facilement et plus promptement élimiiiée que la seconde.
Excréta. — Lës excrétions sont des produits de décompositions qui s'opèrent dans i'organisme vivant, aux dépens, soit des matériaux introduits dans l'appareil digestif ou les poumons, soit des organes euxmêmes. Les excrétions sont des résidus destinés à être élim inés de Véconomie. Cette branche de l'hygiène peut être rapportée au sujet, elle constitue une extension véritable des études physiologiques; l'hygiène pour cette partie devient véritablement de la physiologie appliquée.
L'étude de la production de ces résidus étendue aux diverses conditions où l'homme peut être placé, a une utilité dont on se convaincra davantage en scrutant plus attentivement ces questions difficiles. J'ai déjà indiqué (p. 20 et 27) l'importance de la mesure des principaux
résidus pour se rendre un compte exact de l'énergie du mouvement vital. Jë reviendrai bien souvent sur l'absolue nécessité de maintenir 6fa bon état le fonctionnement des organes destinés à éliminer du sang les résidus inutiles qui deviennent des causes puissantes de maladies quand ils n'en sont pas séparés. Combien de prétendues congestions du cerveau, des poumons, etc., n'ont pour cause initiale que l'élimination insuffisante de résidus insolubles !
Les quatre grandes voies d'excrétion sont les poumons, les reins, l'appareil digestif, la peau; nous bornerons pour ainsi dire nos études à ces quatre sujets. Mentionnons cependant les excrétions oculo-palfièbrûtes, les excrétions nasales, buccales, génitales; il sera parlé des dernières à propos de l'hygiène des sexes.
Les résidus considérables des transformations qui s'exécutent dans l'économie animale sont l'eau, l'acide carbonique, l'urée ; ces deux derniers donnent par leur quantité dans l'état de santé la mesure assez fidèle de la puissance des actions organiques et de la résistance de l'individu à une foule d'affections chroniques.
Certains résidus peu considérables né méritent pas moins de fixer notre attention, parce que leur élimination normale se rattache intimement à la conservation de la santé. Ces résidus accrus ou déplacés deviennent des causes de maladie, d'où la nécessité pour l'hygiéniste de pénétrer dans la profondeur de ces questions trop négligées jusqu'ici. Parmi ces résidus peu considérables mais jouant un rôle important, je citërâi ici, pouf y revenir plus loin, le mucus et les productions épidermoïdàlës, l'acide urique, l'oxalate de chaux, etc.
Les principes immédiats qui sont éliminés de l'écônoinie sous forme d'excrétion sont très nombreux ; les plus considérables pour la quantité sont des produits d'oxydation; cela se comprend salis peine si on réfléchit qu'ils constituent les résidus dé cette oxydation lente qui s'effectue continuellement dans l'économie vivante. Parmi ces produits immédiats on en distingue d'acides, de neutres, de basiques ; parmi les premiers, qui sont les plus nombreux, nous signalerohs les acides carbonique, urique, hippurique, benzoïque, hydrotique, inosique, choleique, chohque. Parmi les gaz, nous noterons l'oxygène en excès et l'azote ; parmi les matières basiques ou neutres, Purée, la créatinine; notons BilCttfë, l'eau, le mucus, l'épiderme et les matières épidermoïdales ; parmi les sels, tout d'abord les sels des aliments à acides inorganiques, ou tels qu'ils ont été ingérés ou transformés par les décompositions qui s'opèrent dans l'organisme; la plupart des sels à acidë organique qui ont été ingérés sont éliminés sous une autre forme; l'acide est détruit ou modilié dans l'économie et la base entre dans de nouvelles combinaisons.
Les principaux produits éliminés par les poumons sont l'eau et l'acide
carbonique; on voit que leur caractère essentiel est d'être volatils sans décomposition. Ceux qui sont éliminés par les reins sont plus variés, l'urée en est le plus considérable après l'eau ; notons l'acide urique, J'acide hippurique, la créatine, la créatinine et les sels les plus divers: la peau élimine de l'eau, de l'urée, de l'acide hydrotique, des graisses, de l'amidon; mais les principes plus caractéristiques, et certes les plus importants sous le point de vue de l'hygiène, sont les matières épidermoïdales. Les substances qui sont éliminées par le foie sont principalement les acides cholique, choléique, la cholestérine, les graisses.
Si on cherche à se rendre compte des actions qui donnent naissance à ces produits si variés, on est frappé de la grandeur des résultats obtenus par des moyens qui nous semblent des plus faibles. Ces transformations remarquables s'opèrent à la fois dans les conditions normales sur les aliments absorbés et sur plusieurs des matériaux du corps. Trois choses doivent surtout exciter notre admiration : c'est d'abord une combustion pour ainsi dire complète qui s'opère à une température de 37°,5 ; puis c'est la volatilité ou la solubilité des principaux produits de ces décompositions, et enfin leur innocuité pour ainsi dire absolue eu égard au temps qu'ils doivent séjourner dans l'économie.
Ces phénomènes chimiques qui se passent dans le corps des animaux vivants ont sans doute de l'analogie avec ce que nous pouvons produire avec les substances inorganiques; mais ils en diffèrent par la netteté, par des conditions spéciales dans lesquelles ils se produisent. La chimie morte n'a pu en imiter jusqu'ici que quelques traits. Les résultats définitifs les plus saillants sont essentiellement une production d'eau et d'acide carbonique, absolument comme dans les combustions que nous effectuons à chaque instant; mais que de nuances intermédiaires et surtout combien de différences dans les moyens employés ! Le double but de ces remarquables transformations est la réparation des organes et la nécessité de maintenir une température constante de 37°,2. La réparation des organes ne vient qu'en seconde ligne. Quand les matériaux introduits par les aliments manquent pour entretenir cette chaleur indispensable à la vie, ce sont les matières qui entrent dans la composition du corps qui sont employées à la produire. Le vase est utilisé quand tout ce qu'il renferme est consommé. Quand on étudie rigoureusement ces phénomènes, on est pénétré d'admiration en considérant ces ressources infinies que possède l'organisation pour arriver à ce résultat nécessaire de la constance de la température ; mais il ne faut jamais oublier que ces ressources ont des limites, que de vouloir en abuser c'est s'exposer aux plus grandes chances de maladie. Plus nous avancerons dans l'étude des applications hygiéniques, plus nous serons convaincus que si les ressources de l'économie vivante paraissent merveilleuses pour employer organes et matières ingérées aux usages
les plus divers, il est cependant certaines substances, certaines conditions qui sont beaucoup mieux que d'autres appropriées aux besoins, et que les dérangements de santé sont moins fréquents quand on s'éloigne moins de l'harmonie des fonctions normales.
Si nous cherchons à envisager l'ensemble des phénomènes de l'absorption et de l'excrétion, pour vingt-quatre heures, chez un homme dans la force de l'âge, nous dirons : Les aliments, les boissons, l'oxygène de l'air, peuvent se représenter assez exactement par les chiffres de 3700 grammes; les excrétions par 1000 grammes d'acide carbonique rejeté par les poumons ; par 2600 d'eau éliminés par les reins, la peau, les poumons, l'appareil digestif; par 25 à 30 grammes d'urée qu'on trouve dans l'urine et dans la sueur; et enfin par 75 grammes de résidus divers, éliminés principalement parles reins, l'appareil digestif, la peau. On fait abstraction, bien entendu, de l'azote expiré et inspiré sans modifications dans l'acte de la respiration.
On a donné des chiffres pour la statique générale de vingt-quatre heures qui s'éloignent des précédents, mais qui ne me paraissent pas exacts; ainsi on trouve dans Burdach (Traité de phijsiologie, t. XII, p. 103) une évaluation qui porterait à 6 kilogrammes par vingtquatre heures la somme des substances excrétées ; évidemment cette quantité est trop forte : par contre, Haller a réuni à la page 62 de son tome V des évaluations dues à Keil, Sanctorius, Boissier, Hartmann, Rye. qui sont trop faibles : elles varient de 1900 à 3000 grammes. Il est certain du reste que ces quantités se modifient suivant les conditions de poids, de force.de santé, d'exercice, d'alimentation, et que, toutes choses égales, ces évaluations nous permettent d'apprécier avec exactitude plusieurs différences physiologiques dans les tempéraments individuels qu'on s'efforcerait en vain de déterminer par une autre méthode.
Voici la répartition approximative des principaux produits d'excrétion entre les divers organes d'élimination. Les poumons éliminent : de l'acide carbonique, de l'eau, de l'azote, de l'oxygène, des gaz, des vapeurs, plus du mucus des bronches et des poussières. Le peau sépare : de l'eau, des graisses, de l'acide hydrotique, de l'urée, des matières épidermoïdales diverses, de l'amidon. Les reins éliminent : de l'urée, de l'acide urique, de l'acide hippurique, de la créatine, de la créatinine, etc. Le foie sépare du sang : les acides cholique, choléique, la cholestérine, des graisses saponifiées.
Les résidus des actions organiques sont de trois ordres : oxydés, hydrogénés et mixtes. Les résidus oxydés ont les reins et les poumons comme organes principaux d'excrétion. Ces résidus épuisés sont, toutes choses égales, d'autant plus abondants que la température du lieu qu'on habite est .plus basse.Les résidus hydrogénés sont principalement éliminés par le foie, sous forme de graisse, d'acides choléique, cholique. Ces
résidus, riches en matériaux combustibles, sont plus abondants au Midi qu'au Nord ; cette élimination est nécessaire pour parer aux inconvénients que font naître à leur suite les excès d'absorption de matériaux de calorification. Les matériaux mixtes se trouvent dans les produits d'élimination de la peau él de l'appareil digestif.