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URINES. - CAUSES DES CALCULS URINAIRES

Voici comment je procède. Après avoir déterminé la nature de la gravelle, j'institue un traitement hygiénique basé sur celle nature de gravelle. Si après quinze jours il n'y a pas d'amélioration très notable, je conseille un examen de la vessie par une main très exercée. Si le traitement hygiénique a complètement réussi, je n'ai pas recours à la sonde exploratrice et je le fais continuer.

Avant d'aborder l'étude générale des causes des gravellcs et calculs, je vais donner trois tableaux ayant trait à leur composition.

Composition de calculs déduite de 1000 analyses :

Oxalale de chaux 142

Acide urique pur ou mêlé d'urates, de phosphates ou d'oxalates de chaux 372

Acide urique 8

Acide urique et urate d'ammoniaque 12

Urate d'ammoniaque 4

Urales d'ammoniaque et de magnésie G Phosphates de magnésie, phosphates

doubles G

Urate de magnésie 3

Carbonate de chaux avec traces de

phosphates 2

Calculs phosphatiques 253

Calculs à couches alternatives 233

Phosphate double avec traces de phosphates de chaux 6

Oxalate de chaux 6

Oxalate de chaux avec urales et phosphates 37

Phosphates de chaux avec traces de phosphate double 3

Corps étrangers 13

Composition des noyaux (Bigelow) :

résume :

Acide urique, urates 33

Oxalate de chaux , 43

Phosphates, carbonates 11

Corps étrangers 13

La question des noyaux à une grande importance au point de vue de l'étiologie et de la prophylaxie.

Causes générales des graviers et calculs urinaires. — Les causes des gravelles et calculs urinaires peuvent être ramenées à quatre principales : 1° noyaux accidentels ; 2° usage de certains aliments ; 3° concentration trop grande ou altération des urines ; 4° irritation du rein. Nous allons successivement passer en revue ces quatre causes générales des calculs urinaires.

4° Noyaux accidentels. — Dans bien des cas, on a trouvé aux centres des calculs urinaires qui ont été extraits par la taille de la vessie, des corps étrangers, tels que des fragments de sonde, des épingles , etc. Ces corps étrangers ont évidemment servi de noyau au calcul , après avoir détermine préalablement une excrétion anormale de mucus par l'irritation que leur présence détermine dans la vessie.

HO EXCRÉTIONS. — imiNES.

"2° Usage de certains aliments. — Certaines substances ingérées dans l'appareil digestif peuvent déterminer la formation de calculs dans la vessie, en donnant naissance à des dépôts peu solubles , tels que ceux d'oxalate de chaux, d'acide urique ou d'urates, etc. D'autres matières ingérées également dans l'appareil digestif peuvent déterminer une irritation rénale : d'où une production plus abondante de mucus, qui peut devenir elle-même une cause de calculs , comme nous allons le dire bientôt.

3° Concentration trop grande ou altération des urines. — Quand les urines sont très rares, par suite de l'insuffisance des boissons aqueuses, la quantité de l'acide urique ou des urates restant la même, une partie peut se déposer dans la vessie : c'est la grande cause de la gravelle urique. Quand on garde trop longtemps l'urine, et surtout quani la vessie se vide mal, c'est une cause fréquente de calculs. Quand les urines s'altèrent dans la vessie et y deviennent alcalines , il se dépose des phosphates de chaux, de magnésie, et du phosphate ammoniaco-magnésien. Si avec cela la vessie se vide incomplètement, c'est la grande cause de la gravelle phosphatique. Nous en traiterons plus loin.

4° Irritation des reins (catarrhe de la muqueuse, des calices, du bassinet ou de l'uretère). — Crozant a attribué une grande importance à cette cause, mais il faut préciser les influences diverses qui peuvent déterminer cette irritation. Ces influences sont nombreuses; il importe de les démêler, car c'est bien dans leur détermination exacte que l'on doit trouver les bases d'une sûre prophylaxie et d'un traitement rationnel. Reconnaissons aussi que le plus souvent c'est un effet et non une cause de la gravelle.

L'irritation des reins peut être déterminée par la présence de corps étrangers qui s'accusent par des douleurs dans la région des reins, par l'existence accidentelle de sang dans les urines ou par un excès de mucus, ou même par la présence de l'albumine. Le corps étranger qui se trouve le plus fréquemment dans les reins est l'oxalate do chaux sous la forme de lames tranchantes (nous y reviendrons) ; puis l acide urique, ou plutôt de l'urate de soude. Des boissons aqueuses très abondantes ou calcaires (Contrexéville, Évian), ou benzoïques (1 gramme d'acide benzoïque pour 1 litre d'eau) ; voilà les moyens auxquels j'ai habituellement recours pour dissoudre ou dégager ces corps étrangers engagés dans les reins.

Une cause assez fréquente d'irritation des reins, c'est l'excrétion d'urines dont la densité est trop considérable, par exemple constamment supérieure à 1,020.

Des boissons aqueuses en quantité suflisante pour ramener l'urine à une densité de 1,017, voilà le meilleur moyen à employer. Ces boissons aqueuses seront de bonnes eaux potables, des décoctions de

URINES. - CALCULS URINAIRES, CAUSES, CLASSIFICATION. 411 queues de cerise, de chiendent fin, de graines de lin, de stigmates de maïs, etc.

Certaines personnes émettent des urines alternativement très denses ei très légères; ces urines très denses causent de l'irritation dans des reins prédisposés; le seul moyen de combattre cette cause est de prendre l'habitude de régulariser l'ingestion des boissons aqueuses. Au lieu de les boire en totalité en un ou deux repas, il importe de les diviser en six ou huit fois dans le courant des vingt-quatre heures.

Quand les urines contiennent habituellement un excès de matériaux peu solubles, tels que l'oxalate de chaux ou l'acide urique, il faut faire cesser l'apparition de cet excès de matières peu solubles par les moyens que nous indiquerons plus loin et que nous pouvons résumer ainsi : toujours beaucoup d'eau en boisson ; pour l'acide urique, la fréquentation du gymnase ; pour l'oxalate de chaux, la suppression d'oseille et de tomates.

Certaines substances ingérées avec les aliments ou absorbées par les poumons déterminent de l'irritation des reins, et leur action, longuement continuée, peut devenir une cause déterminante des maladies dont nous nous occupons. Citons l'essence de térébenthine, les baumes, presque tous les poisons et particulièrement le phosphore, les cantharides, les préparations arsenicales ou celles à base de plomb; parmi les aliments, il faut mentionner les asperges, dont l'usage, longtemps continué, détermine chez certains individus une irritation manifeste des reins.

Quand on peut remonter aux causes que nous venons d'indiquer, la prescription la plus importante est de les éloigner.

Plusieurs substances inoffensives qui sont éliminées en trop grande quantité par les reins, normalement ou pathologiquement, peuvent être une cause d'irritation de ces organes. Parmi ces matériaux, mentionnons le sel marin, la glycose, les principes immédiats du bouillon qui sont éliminés par les reins. Le traitement hygiénique consiste à ramener la sécrétion dans l'ordre physiologique pour la quantité des matériaux excrétés.

Dans certaines conditions, l'irritation des reins est une conséquence d'une modification dans les fonctions de la peau, soit par un refroidissement, soit par un alanguissement dans les fonctions de cet organe. Dans ce dernier cas, qui est beaucoup plus fréquent qu'on ne pense, il faut ranimer les fonctions de cet organe qui a des relations si intimes avec le rein comme organe de l'élimination. De l'exercice, et surtout celui du gymnase, des frictions énergiques, les procédés divers en usage dans l'hydrothérapie : voilà les moyens principaux dont dispose l'hygiène, et auxquels il est indispensable d'avoir recours avec suite et intelligence.

Classification. — Selon le but qu'on se propose d'atteindre, on a ad-

412 EXCRÉTIONS. — UMNES.

mis plusieurs manières de classer les calculs. Il y a d'abord la classification eh i inique; puis la classification d'après la position sociale des individus qui éprouvent cette affect ion, et enfin la classification d'après les âges.

I. Classification chimique. — Dans cette classification, on divise les calculs : 1° en calculs combustibles ou organiques. Ce sont des calculs qui laissent peu de résidu quand on les brûle , et qui sont presque chimiquement purs. Tels sont les calculs d'acide urique et de cvstine ; 2° en calculs non combustibles, tels que les phosphates terreux, les carbonates terreux, la silice; 3° enfin en calculs mixtes, qui sont les calculs d'oxalate de chaux. Puis les calculs dont la composition est très complexe et qui sont formés de plusieurs éléments associés. Celte classication serait peu utile au point de vue spécial qui nous occupe, si l'on voulait la suivre rigoureusement : mais, par une autre voie, nous arriverons à plusieurs subdivisions basées sur la composition chimique.

II. Une autre classification est la classification d'après la position sociale. Ici on voit dominer l'influence des habitudes sociales se rapportant surtout à l'alimentation et aux travaux corporels : 1° chez les paysans, on observe les calculs d'oxalate de chaux; 2° chez les riches , habitant les villes, adonnés à la bonne chère et à l'oisiveté, les calculs i\' acide urique prédominent; 3° chez les gens, riches ou pauvres, qui abusent des plaisirs vénériens, comme cela s'observe surtout dans les villes, on trouve, en plus grand nombre, les calculs de phosphates terreux. Chez ces malades, les affections des voies urinaires sont plus fréquentes, et les calculs de phosphate ammoniaco-magnésien sont la conséquence de ces affections.

III. On peut enfin établir une classification d'après l'âge des malades. Voici quelques chiffres qui se rapportent à la condition d'âge, sous le rapport du nombre des calculs :

Sur 5376 calculeux, il y en avait :

D'un an à dix ans 194-6

De dix ans à vingt ans 943

De vingt à trente ans 460

De trente à quarante ans 330

De quarante à cinquante ans 391

De cinquante à soixante ans r»l3

De soixante à soxante-dix ans. ... 577

De soixante-dix à quatre-vingts ans. 19^

Au-dessus de quatre-vingts ans... 17

Dans ces deux dernières catégories, de 70 à 80 ans et au-dessus de 80 ans, il • faut évidemment attribuer l'abaissement du chiffre des calculeux à la diminution du nombre des personnes de cet âge. Celte remarque doit s'appliquer, mais en sens inverse, aux premières années de la vie.

La nature des calculs varie suivant l'âge des sujets. 1° DflWS l'enfance et l'adolescence, on voit dominer les calculs d'oxalate de chaux associe quelquefois à du carbonate de la même base: 2° dans l'âge adulte, ce

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