COSMÉTIQUES MINÉRAUX. - HYG. DU SYST. PILEUX
Plusieurs préparations de mercure doivent être mentionnées. Le cinabre ou vermillon (sulfure rouge de mercure) était un des fards rouges de L'antiquité : c'est le plus inoffensif des composés de mercure. Le bichlorure de mercure intervient avec le lait d'amandes douces et amères dans la liitueur de Gowlandh cosmétique vanté contre le porrigo et les lichens de la face (Formulaire, p. 381). Le mercure associé cà la graisse constitue Vonguent gris, que le peuple emploie pour détruire les poux du pubis, et l'oxyde mercurique uni à du beurre est également usité contre les poux de la tête. Valun associé à la poudre d'iris a été vanté pour combattre la sueur fétide des pieds.
Hygiène du système pileux (cheveux, barbe). — Voici Tordre que nous suivrons dans l'étude de cette partie importante de la cosmétique : 1° historique ; °2° épilalion ; 3° coloration par le régime ; 4° renaissance par régime, 5° par traitement externe; 6° faux cheveux, perruques, chignons, avantages, inconvénients; 7° procédés de teinture; 8° cosmétiques de la chevelure : pommade, cosmétiques, teintures aromatiques, poudres; 9° hygiène du système pileux.
Les Grecs et les Romains connaissaient toutes les ressources de la cosmétique des cheveux et du système pileux, et ils en abusaient, comme nous l'établirons en abordant chacune des divisions de notre sujet. Bornons-nous ici à de courtes citations, d'après Lucianus et Homère.
Les dames grecques employaient des aiguilles pour démêler les cheveux, des fers pour les boucler. (Lucian., Amor., t. II, §§ 39 et 40; Poil., lib. V, cap. xvi, § 95, not. var., ibid.)
Elles avaient également recours à des bandelettes pour les assujettir, et, comme il est actuellement de mode, à des réseaux artistement tressés pour les maintenir. (Homère, Iliade, lib. XX, v. 468.)
Martial nous a laissé le portrait d'un élégant du beau monde, en disant : « Sa chevelure est brillante, luisante, grâce à une pommade qui la noircit; son vêtement est de pourpre; son visage est tendre, enfantin; il a la poitrine large, la jambe épilée, etc. (1). »
J'arrive à la première division de mon sujet, Yépilation : c'est une pratique très-utile dans certains cas pathologiques; mais, hors de là» l'hygiène la condamne. L'accroissement continu des poils est un mode d'élimination des résidus épidermoïdaux qu'on ne doit point entraver.
Vépilation est connue depuis de bien longues années. Hippocrale donne la recette d'une pâte épilatoire qui est encore employée aujourd'hui, et dont on a bien à tort attribué l'invention aux Turcs (le rus ma).
0) Crine nitcns, nigcr unguenlo, perlucidus oslro,
Ore tener, latus pcctore, crure glaber.
(Martial, livre XII, n° 38.)
468 EXGRÉTIONS. — PEAU.
A Rome, l'épilation était une coutume hygiénique dont on abusait singulièrement. Sénèque blâme un de ses amis qui n'épile pas même ses aisselles, et un autre qui étendait ce soin jusqu'à ses jambes (1).
Comme on le voit dans Athaeneus, on épilait, soit avec de la poix, soit par le frottement avec de la pierre ponce. Dans l'Étrurie, il y avait des boutiques dans lesquelles des personnes exercées s'acquittaient de ce soin comme chez nous les barbiers. (Athseneus, les Deipnosophisles. livre XII, chap. m).
Martial (2) nous apprend qu'on se servait de la ponce pour détruire les poils. On avait aussi recours à de petites pinces nommées volselles, pour pratiquer l'épilation.
Ainsi toutes les pratiques employées pour guérir la teigne étaient connues des anciens : la calotte de poix, l'épilation avec les pinces, les pâtes épilatoires, etc.
La pâte épilatoire la plus anciennement connue est le rusma dont on trouve la mention dans Hippocrate ; on la prépare en mêlant du sulfure d'arsenic impur, de la chaux vive et de l'eau. Use forme de l'arsénite de chaux et du sulfhydrate de chaux naissant, c'est ce dernier corps qui agit comme épilatoire; Malago a montré qu'on pouvait employer avec succès ce sulfhydrate avec excès de base sans qu'il soit mêlé d'arsénite de chaux.
Modification des cheveux par le régime. — On assure que les Chinois possèdent l'art de modifier la couleur des cheveux en faisant intervenir certaines substances dans l'alimentation. Après plusieurs maladies aiguës, la fièvre typhoïde par exemple, les cheveux tombent ; pour hâter leur retour, on peut animer les fonctions du derme par des frictions aromatiques stimulantes (alcool, tannin, essences, teinture de cantharides), puis seconder cet effet local incertain par un bon régime, des ferrugineux, l'emploi d'aliments contenant un excès de soufre, œufs, crucifères, accompagnés de l'administration de l'huile de foie de morue.
Quand la calvitie est survenue par suite des années ou de la syphilis, l'inanité de toutes les pommades préconisées par les intéressés est démontrée par trop d'observations pour qu'il soit nécessaire d'y insister. Aujourd'hui on n'a plus de confiance dans les graisses d'ours et de blaireau; mais à ceux qui veulenlencore espérerle retour de leur chevelure, on prescrit la pommade de Dupuytren, à la moelle de bœuf et à la teinture de cantharides, ou les lotions et pommades au sulfate de quinine, au quinquina, etc.
9 (1) « Alter se justo plus colit, alter se justo plus ncgligit; ille et crura, hic nec nias quidcm vellit. » (Scnùque, lettre cxv.) (2) Purgentquc crebrœ cana labra volsellœ.