HYGIÈNE DES DENTS
préparation (lesquelles interviennent, soit la pyrèthre, soit le chlorate de potasse.
11 nous reste à esquisser l'histoire des dentifrices, des eaux aromatiques pour la bouche, des anesthésiques et du plombage, ou plutôt de ramification et de Fabraison des dents.
Les dentifrices se présentent sous forme de poudres impalpables ou de pâtes ayant la consistance du miel, que l'on désigne à tort sous le nom d'opiats. Ces préparations s'emploient à l'aide des brosses à dents. On distingne : A. Dentifrices neutres, parmi lesquels nous citerons en première ligne le charbon végétal en poudre impalpable, la craie, le talc égalemeent pulvérisés et associés avec du carmin. — B. Dentifrices neutres aromatiques. Ce sont les précédents aromatisés avec des essences de menthe, de girofles, de roses, etc., du camphre. — G. Dentifrices astringents. Ils consistent en associations variées de poudres de quinquina, de racine de fraisier, de rathania, associés souvent à la craie, au talc, au charbon, et additionnées quelquefois de tannin. — D. Dentifrices acides. Ils sont à base de bitartrate de potasse associé souvent avec de l'alun, du talc colorés avec du carmin et aromatisés avec une ou plusieurs essences. — E. Dentifrices alcalins. On y fait intervenir des bicarbonates de soude, de potasse, du borate de soude, de la magnésie, de la craie, du talc, avec des matières colorantes et des essences.
Eaux aromatiques. — Nous en avons précisé l'utilité. Chaque parfumeur, chaque dentiste a son eau dentifrice. Tous ces liquides ont pour base des essences ou des baumes ou des parfums en dissolution dans l'alcool; les principales essences sont celles de menthe, de girofle, de badiane, d'anis, diversement associées; on y joint quelquefois des teintures de pyrèthre, de cannelle, du tannin ou de l'ammoniaque en petite proportion. On ajoute quelques gouttes de ces mélanges dans un verre d'eau pour se rincer la bouche le matin et après les repas.
Anesthésiques. — Ils sont employés pour calmer les douleurs de dents et souvent pour détruire la vitalité des ramifications du nerf dentaire. On a employé dans ce but : V essence de girofle, la créosote, le chloroforme, Viodoforme, la teinture de cresson de Para, la morphine,. Yacomt, Yacide arsénieux, le chlorure de zinc. Le mélange suivant réussit souvent : chloroforme, créosote, laudanum de Sydenham, teinture de benjoin. Pour la carie dentaire superficielle, on a recours au limage, au polissage et surtout à l'abrasion.
Obturation.— Cette utile opération a pour but de défendre les dents cariées de l'influence de l'air et des liquides buccaux qui sont très-nuisibles quand ils deviennent acides et que la dent n'est plus préservée par l'émail. Il faut agir le plus tôt possible; avant, si on a de la décision, de ressentir les douleurs ; il faut rendre la cavité parfaitement nette, détruire la vitalité du nerf par les caustiques et les anesthésiques indiqués,
mais surtout l'acide arsénieux et mieux le chlorure de zinc, puis remplir avec le plus grand art la cavité avec divers alliages ou amalgames. Lallemaut a eu recours pour atteindre ce but, au mastic Sorel, à base à'oxy do-chlorure de zinc. L'amalgamie quon préfère est à parties égales d'étain et d'argent avec une quantité suffisante de mercure pour obtenir un alliage de consistance convenable.
L'élude des excrétions alvines a une grande importance en sémiotique. L'examen des couches des enfants allaités fournit, comme on sait, à la clinique, d'excellentes indications; en hygiène, son utilité n'est pas moins grande. Les excrétions alvines sont très-variables et pour leur composition et pour leur quantité, suivant les âges, la température extérieure, le régime, les habitudes; on peut facilement les modifier par le régime, par l'habitude, par la thérapeutique. Hallé rangeait dans l'hygiène les médecines de précaution. Voici l'ordre que nous suivrons : 1° quantité et nature ; 2° lientérie, diarrhée chronique des vieillards; 3° avantages et inconvénients de la constipation ; 4° moyens de la combattre.
La quantité de matières fécales rendue dans les vingt-quatre heures est très-variable chez le même individu, suivant le régime, les oscillations de la santé, etc. ; on peut l'évaluer à 150 grammes en moyenne. Vehsarg adopte le chiffre de 131 grammes, contenant 26,7 pour 100 de matières solides, composées de matières solubles dans l'eau 53,4; extrait alcoolique 41,6; extrait éthéré 30,7; résidu insoluble 80; sels minéraux précipitables par l'ammoniaque 10,65. La composition des excréments est variable et complexe. On y trouve d'abord des résidus d'aliments non digérés; les substances insolubles des sécrétions des appareils digestifs, de la salive, des sucs gastrique, pancréatique, inteslinal; des cellules épithéliales intactes ou transformées en mucus; certaines matières colloïdes modifiées par les ferments digestifs; des parasites ou leurs débris ; des ferments divers ; de l'excrétine ; de la stercorine : de la cholestérine ; de l'indol; de la bile; des matières colorantes diverses et quelquefois une excrétion anormale contenant de la sérosité. On obtient Vexcrétine de Marcet en épuisant les excréments par l'alcool bouillant ; elle cristallise en aiguilles ; on la trouve dans les excréments des herbivore; elle est fusible à 26 degrés. Dans les excréments des carnivores on rencontre de la cholestérine qui présente, avec l'excrétine, une grande analogie de composition. \/,\ stercorine existe en très-faible quantité dans les matières fécales de l'homme; ses solutions éthériques l'abandonnent sous forme de lines aiguilles; l'acide sulfurique la colore en rouge comme la cholestérine, dont elle paraît être un produit de transformation.
Dans les matières excrémentitielles, comme résidus impropres à la nu-
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trition, nous devons noter : les cellules épithéliales modifiées, les matières colorantes de la bile, la stercorine, l'excrétine et la cholestérine. Cette dernière substance, d'un degré de fusion très-élevé, se trouve dans presque tous les calculs biliaires ; on la rencontre encore dans leméconium, dans les kystes anciens , dans l'humeur vitrée des vieillards. J'ai indiqué (page 388) le régime qu'on doit adopter pour combattre ou prévenir la formation des calculs biliaires.
Lientérie (diarrhée ehronique alimentaire). — Les vieillards qui mâchent mal des aliments grossiers : haricots, pois, etc., les paralytiques en démence, qui les avalent gloutonnement, les rejettent indigérés. Il s'y joint bientôt d'abondantes mucosités, puis survient une exhalation séreuse, d'où un affaiblissement progressif qui conduit assez vite à l'hydropisie si l'on n'y remédie point par une alimentation modérée, convenable et bien divisée.
La constipation peut présenter des avantages dans la condition d'insuffisance alimentaire, les matériaux de la bile peuvent servir, comme nous l'exposerons en traitant plus loin de la physiologie et de la pathologie du foie, à produire de la chaleur ; mais une ou deux évacuations journalières, voilà ce qui convient à la conservation de la santé. Reconnaissons cependant que certaines personnes n'ont des selles que tous les deux ou trois jours, et se portent cependant bien. On cite des cas exceptionnels de constipation durant une quinzaine. Voici les principaux inconvénients de la constipation : la digestion intestinale devient paresseuse, les aliments de calorification absorbés le sont en quantité insuffisante, la digestion stomacale s'exagère avec tous ses inconvénients; le gros intestin se dilate progressivement outre mesure, perd de son énergie expulsive, d'où la nécessité journalière des lavements. Cette constipation habituelle est une prédisposition aux hémorrhoïdes , aux fissures anales et aux calculs biliaires; elle contribue à rendre absorbables des matières qui doivent être rejetées, soit comme résidus d'aliments, soit comme ferments nuisibles. C'est surtout en temps d'épidémie que cette condition de nocuité peut se présenter.
Les moyens hygiéniques pour combattrelaconstipation sont, en première ligne, Y habitude des heures. Les femmes des villes sont, à cet égard, d'une négligence et d'une paresse déplorables. Les heures les plus favorables sont en général celles qui suivent les repas : une demi-heure ou une heure après. Il est convenable de faire intervenir dans l'alimentation des substances laissant des résidus insolubles, du pain de son, des salades. Notre pain de fine fleur de farine, nos filets de bœuf sont digérés sans laisser de résidus. Il est bon quelquefois de prendre au repas du soir une ou deux pilules aloétiques, dites pilules gourmandes, grains de santé, ou des purgatifs légers (voy. p. 389),
exckétio.ns des poumons.