‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 152 sur 371 · GESTA. — EXERCICE ET GYMNASTIQUE · texte numérisé non relu

GESTA. — EXERCICE ET GYMNASTIQUE

Je traite de l'exercice (gesta) autrement que mes prédécesseurs. Au lieu de m'étendre sur les détails techniques de tous les modes de mouvements et d'exercices, je me borne aux côtés philosophiques de cette grande question. Ce qui suit est extrait textuellement, pour la plus grande partie, de conférences que j'ai imprimées dans mon volume sur le travail.

Etudions d'abord l'influence utile du travail en rapport avec les forces sur les différents appareils et les différentes fonctions.

Un des moyens les plus simples de nous rendre compte de l'influence immédiate du travail corporel sur l'organisation, c'est de mesurer comparativement chez l'homme restant dans un état de repos et celui qui se livre a un exercice corporel, la consommation de l'oxygène, la nature et la quantité des principaux résidus provenant des fonctions vitales. C'est par la que nous allons commencer,' puis il nous sera plus facile

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d'apprécier l'influence du travail corporel sur les différents appareils, et de préciser l'action nuisible sur la santé du travail exagéré et de la paresse.

Appareil respiratoire. — Lavoisier a inséré dans les Mémoires de l'Académie des sciences de 1789 un travail remarquable dans lequel il établit qu'un bomme adulte à jeun et au repos consomme dans une heure 24 litres environ d'oxygène, tandis que le même homme également à jeun, exerçant un travail musculaire énergique, consomme par heure 03 litres d'oxygène. Admettons que ce dernier chiffre, comparé au premier, soit exagéré, la différence, de 24 à 63 est trop grande pour qu'on n'aperçoive pas là une différence très-considérable, el qu'on ne puisse conclure avec certitude que la consommation de l'oxygène augmente sous l'influence d'un travail musculaire énergique.

On arrive à des conclusions semblables en estimant la somme des principaux résidus résultant des fonctions organiques, et qui peuvent donner rigoureusement la mesure de l'énergie de ces fonctions. Tous les observateurs qui ont déterminé la quantité d'acide carbonique que l'homme exhale dans un temps donné, dans les conditions ordinaires où il se trouve placé, sont unanimes pour reconnaître qu'il y a une augmentation constante dans la quantité de ce gaz quand le travail corporel succède au repos. Je n'oserais affirmer que la quantité d'acide carbonique produite est toujours proportionnelle à l'effort, car cette élude embrasse des questions trop complexes et que l'expérience n'a pu isoler. Mais en lisant attentivement les beaux travaux de M. Scharling, de MM. Andral et Gavarret, de M. Magnus, et ceux antérieurs de W. Proust, on ne saurait se refuser à admettre que, toutes choses égales, la production d* acide carbonique exhalé par les poumons est considérablement augmentée par le fait de l'exercice. Les expériences de M. Lassaigne démontrent également que, chez le cheval, la production d'acide carbonique augmente sous l'influence du travail.

Excrétion ur inaire {urée, acide urique). — Continuons l'examen des résultats produits par l'exercice sur la nature et la proportion des principaux résidus des fonctions organiques. On savait depuis longtemps, et c'est un fait sur lequel j'ai insisté dans les cours que j'ai professés à l'Hôtel-Dieu en 1839, que les hommes livrés à un travail régulier et énergique ne sont point exposés aux gravelles et aux pierres , dont l'acide urique est le principe dominant. Cela se comprend sans peine, rince, principe soluble correspondant à un degré d'oxydation plus avancé que celui de l'acide urique, l'augmentation de la proportion de la première de ces deux substances relativement à l'autre traduit nécessairement un accroissement correspondant dans l'activité des phénomènes physicochimiques de la respiration.

M. Lehmann (Journal de Schmidt, juin 1843), en étudiant en détail

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