PAUME. - DANSE. - NATATION. ÉQUITATION
tifs. Il est de la plus grande importance de surveiller l'alimentation des recrues sorties pour la plupart des campagnes ; quoique l'ordinaire du soldat soit supérieur au régime des paysans, il faut étudier la transition, et faire en sorte que la réparation soit toujours en rapport avec la dépense.
Il ressort encore de ce principe que les troupes qui doivent subir de longues marches, de rudes travaux, doivent être plus solidement nourries que les régiments qui séjournent dans les garnisons. La viande fraîche doit leur être régulièrement fournie, si l'on ne veut pas voir tomber leurs forces et naître des maladies.
11 ne faut pas oublier que les climats froids , les saisons rigoureuses , réclament une alimentation plus abondante. Grâce à un ensemble de précautions basées sur l'hygiène physiologique, les exercices militaires doivent ne présenter que des avantages pour la santé du soldat.
Billard. — Arrêtons-nous quelques instants sur les exercices combinés qui conviennent le mieux aux citadins voués aux travaux sédentaires n'exigeant que peu de mouvements , ou condamnés par nature et par éducation à l'indolence corporelle. Aucun n'est plus en faveur que le billard; il est convenable à tous les titres : mouvements variés, adresse qui croit avec l'habitude, émulation qui donne du ressort aux plus mous, rien n'y manque. Mais il ne faut point perdre un temps irréparable dans ces lieux publics où l'exercice n'est qu'un prétexte pour gaspiller les meilleures heures du jour dans un nuage de fumée.
Paume. — Malgré le livre intéressant de M. Bajot, intitulé Éloge de la paume, ce jeu, si convenable pour entretenir et développer les forces, est très-peu en honneur aujourd'hui. Sans le mémorable souvenir qui fait encore vibrer les cœurs amis de la liberté, on oublierait que dans le palais de Versailles, comme dans les grandes habitations, une salle était réservée au jeu de paume. Je fais des vœux pour que la mode prenne sous son égide ce noble délassement si utile à la santé.
Piano à pédales. — Occupons-nous un peu de nos indolentes jeunes filles des villes. Quel exercice leur prescrire qui soit en rapport avec leur éducation et leurs goûts, et qu'elles ne rejetteront pas sans un plus ample examen? Je pense tout d'abord à la danse et au piano à pédales. Les mains, les bras, les jambes, sont exercés par cet admirable instrument Puis quand le talent arrive, la paresse native est vaincue par l'habitude et la passion de l'art. Travail bienfaisant qui donne à la fois de l'exercice au corps, de l'occupation à l'âme.
La danse, par ses mouvements variés, accélérés, développe à la fois la santé et la grâce. C'est l'exercice bien-aimé de la jeunesse , et cela se comprend. On le néglige en avançant dans la vie, malgré l'exemple que nous a laissé Socrate, qui s'exerçait à la danse dans un âge avancé. Les cours de danse suivis journellement avec persévérance, comme lorsqu'il
m MODIFICATEURS. — EXERCICE. — GYMNASTIQUE.
s'agit d'un travail professionnel, peuvent remplacer, pour la jeune lille débile dont la taille se dévie, la plupart des exercices des gymnases.
Je viens de parler d'exercices gymnastiques ; je ne saurais , dans ces notions trop rapides, en faire connaître tous les avantages, j'y reviendrai dans un instant; mais j'ai besoin de dire que lorsqu'ils sont bien gradués et sagement dirigés, ils peuvent, dans bien des cas, contribuer à raffermir les santés les plus ébranlées.
Natation. — Un mot sur la natation , exercice recommandai) le à tant de titres. Tous les muscles du corps sont mis en jeu. La chaleur que le mouvement produit est enlevée sans gêne aucune; aussi quel admirable exercice dans les pays chauds, et chez nous pendant les étés brûlants! Il n'est pas dans ces conditions de moyens plus efficaces pour animer tous les appareils de la vie de nutrition et de celle de locomotion. Mais comme de toutes les bonnes choses, il n'en faut point abuser et dépasser le but utile (voy. p. 432 et suiv. l'article Bains).
Uéquitation est un exercice salutaire ; l'homme s'identifie en quelque sorte, pour les mouvements, avec le noble animal qu'il conduit; mais cependant l'équitation met en action et développe principalement certains muscles au détriment d'autres organes de la locomotion.
Quand cet exercice est exclusif, les mouvements généraux deviennent insuffisants, et il n'est pas rare de voir d'anciens et de très-bons cavaliers devenir obèses, ou, quand ils sont à terre, marcher irrégulièrement.
Voitures. — Ah ! n'envions pas ces brillantes voitures qui entraînent si rapidement les hommes oisifs des villes. Ce sont des instruments qui contribuent à abaisser peu à peu le niveau normal des forces, et par conséquent à avancer l'heure fatale. Nos jambes sont faites pour marcher; la voiture est pour moi la négation de l'exercice, et, de plus, elle nous expose au froid en nous privant du meilleur moyen d'y résister, le mouvement. N'allez pas cependant donner à mes paroles une signification trop absolue. Pour l'homme occupé qui doit rapidement franchir de grandes distances, la voiture est un instrument admirable; pour le médecin qui doit visiter de nombreux malades dans de lointains quartiers, la voiture c'est la brouette du terrassier.
La navigation mérite à bien des titres de fixer l'attention de l'hygiéniste. Pour les passagers, on pense tout d'abord au curieux phénomène physiologique connu sous le nom de mal de mer; mais pour rester exclusivement dans notre sujet, je dirai seulement les faits qui prouvent plus nettement l'heureuse influence de l'exercice corporel en rapport avec les forces sur les hommes de mer.
Liud et Milmann ont remarqué que lorsqu'un équipage se trouve dans les conditions favorables au développement du scorbut, si le vaisseau porte à la fois des matelots et des soldats de marine, ce sont ces derniers