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VÊTEMENTS

Habillement et coucher (Applicata). — Le but principal des vêtements est de nous garantir des intempéries, des brusques variations de chaleur et de froid. Dans les contrées froides et tempérées, leur utilité presque constante c'est de diminuer les pertes de chaleur que le corps subit continuellement; dans les pays chauds et pendant les étés brûlants de notre Europe, de prévenir les effets nuisibles d'une radiation solaire excessive. Si le goût, le caprice a dans bien des circonstances exagéré le luxe des vêtements, nous devons reconnaître que l'usage d'habillements et d'objets de coucher suffisants doit figurer au nombre des besoins réels de l'homme. On comprend sans qu'il soit nécessaire d'y insister que ce besoin s'augmente en marchant de l'équateur au pôle. Je considérerai successivement les matières qui interviennent dans la confection des habillements, au point de vue de leur nature, de leur couleur, de leur texture et des principales formes qu'ils subissent pour s'adapter aux différentes parties du corps (1).

Les matières premières principales employées pour labriquer les vêtements sont les peaux d'animaux, les poils de chèvres, d'alpagas, de chameaux, la soie, les duvets, la laine, le chanvre, le coton, le chinagrass, plusieurs autres matières végétales, enfin le caoutchouc, qui intervient dans la confection des habillements imperméables.

Voici l'ordre approximatif de conductibilité, du plus au moins, des substances le plus généralement employées dans la confection des vêtements : 1° le lin; 2° le coton; 3° la soie; 4° la laine.

La plume, et, à fortiori, le duvet sont de mauvais conducteurs du calorique. Les poils, lorsqu'ils entrent dans le tissage d'une étoffe, sont plutôt de bous conducteurs que lorsqu'ils sont à l'état de fourrure. Le

(1) Ménièrc, Les vêlements et les cosmétiques (thèse de concours d'hygiène, Paris, 1838). — Larrey (H. de), L'adénite cervicale observée dans les hôpitaux militaires {Mémoires Acad. méd., t. XVI, 1852, p. 273). — Conlicr, Expériences sur les étoffes qui servent à confectionner les vêtements militaires, S. Brown. Sequard, l. I, p. 122 (Gat. hôpit., 18G8). — Foricaut, Sur les vêlements imperméables à l'usage des gens de met (Archiv. de méd. navale, 1867). — Aronsnn, Habillements et équipements du soldat (Mémoires méd. milit., 1807). — Cerviati, Élude sur les vêlements de l'homme et de la femme. Paris, 1872. Consultez les articles de Halle et ceux de Pcrcy et Laurent dans le Dictionnaire des sciences médicales, les ouvrages de Motard de Flcury et l'excellent article biographique de Boaugrand dans le Manuel de Becquerel.

UN. - CHANVRE. - COTON. - LAINE. 517 cuir et les peaux parées sont de très- mauvais conducteurs, et, sous ce rapport, ils viennent après la laine.

Lin, chanvre. — Les tissus fabriqués avec le lin, le chanvre et le coton sont bons conducteurs du calorique, conséquemment très-frais. Ils se mouillent aisément et refroidissent la peau, parce qu'ils laissent facilement échapper leur humidité qui, pour se réduire en vapeurs, enlève du calorique à l'économie. La toile de chanvre et de lin est donc, de toutes les matières destinées aux vêtements, celle qui favorise le plus la production des affections résultant de l'impression humide sur la peau. Les personnes sujettes aux affections cutanées, maladies qui, comme on sait, s'accompagnent de chaleur et de démangeaison, trouveront dans la toile de chanvre et de lin une substance bonne conductrice du calorique, conséquemment fraîche et incapable, par sa nature, d'augmenter la chaleur, l'irritation et la démangeaison qu'on a pour but d'apaiser. Cette toile serait contraire, si l'on voulait entretenir un excès d'action à la peau, comme cela a lieu dans les cas nombreux où l'on veut la rendre le siège dune révulsion légère et étendue.

Coton. — Le tissu de coton, un peu plus mauvais conducteur du calorique que le chanvre et le lin, laisse moins échapper de chaleur que ceux-ci de la surface des corps, absorbe et retient une portion de la transpiration, conséquemment en laisse moins refroidir à la surface de la peau. Son usage est généralement plus avantageux que celui de la toile, à moins qu'il n'existe quelque affection cutanée qu'on veuille réprimer.

Le préjugé qui fait regarder le coton, dans son emploi hygiénique, moins sain que le chanvre ou le lin, tient à ce que, moins bon conducteur du calorique, hérissé de plus d'aspérités, conséquemment plus irritant que ces deux substances, le coton, dans certains états morbides, les dartres ou les légères excoriations de la peau ou de l'extrémité des membranes muqueuses, entretient plus de chaleur et d'irritation, et s'oppose davantage à la guérison de ces affections que ne le ferait la toile dechanvreou delin. Mais, dans ce cas, la laine, plus tomenteuse et plus chaude, serait encore plus nuisible. C'est cela seul qui doit avoir donné lieu au préjugé répandu, et c'est là aussi le seul cas dans lequel toute autre matière que le chanvre et le lin bien lavés, bien fins et bien usés, ne peut qu'être nuisible. Hors ce cas, le tissu de coton a sur celui de toile l'avantage d'être plus chaud en hiver; et pendant l'été, de ne point exposer le corps aux dangers d'un refroidissement trop rapide.

Le coton doit surtout être employé de préférence au chanvre et au lin par les habitants des pays froids et humides.

Lame.— Très-mauvaise conductrice du calorique, la laine, outre la propriété dont elle jouit au suprême degré d'empêcher la chaleur de s'échapper du corps, détermine encore, par les aspérités qui la constituent, une irritation, une augmentation de circulation dans les capil-

Iaires de la peau; elle produit des démangeaisons qui, pendant les premiers jours, rendent son usage incommode. Elle augmente l'exhalation cutanée, mais se charge parfaitement des produits de cette excrétion, les retient fortement et ne permet pas qu'ils se refroidissent à la surface du corps.

L'usage de la laine sur la peau est un des moyens les plus précieux que possède la thérapeutique, mais il est en même temps la source de la majeure partie des infirmités pour la guérison desquelles il est un puissant agent. En effet, il faut exercer graduellement l'homme à supporter les variations atmosphériques et surtout le froid ; cette éducation est le préservatif le plus efficace des maladies que causent journellement les impressions vives du froid. Or, il est certain qu'une éducation opposée à celle-ci ne tend qu'à nous rendre susceptibles, impressionnables, accessibles aux moindres causes de maladies ; c'est précisément là ce que produit d'abord l'habitude de se couvrir la peau avec de la laine. Aussi tous les individus qui, étant jeunes, ont sans motifs contracté cette habitude, sont plus impressionnables dans un âge avancé, plus sujets que les hommes endurcis aux vicissitudes atmosphériques, à être affectés, pour la moindre cause, de rhumatismes, de catarrhes, de névralgies, etc. Il y a un grand inconvénient à adopter sans nécessité l'usage d'un gilet de flanelle sur la peau, excepté dans les pays chauds.

Autant la laine est nuisible chez les enfants robustes, autant elle est utile à tous ceux chez lesquels la production de la chaleur n'a pas l'énergie qu'elle doit avoir à cet âge. L'emploi habituel de la laine sur la peau est utile même aux jeunes gens, lorsqu'ils sont obligés de séjourner dans des contrées froides et humides, aux marins, exposés continuellement aux vicissitudes atmosphériques les plus extrêmes.

C'est principalement pour remédier aux rhumes, aux rhumatismes, à la goutte, aux névralgies, aux affections intestinales chroniques, aux hémorrhoïdes,à la leucorrhée, aux affections catarrhales de toute espèce, que l'excitation de la peau par le gilet ou le caleçon de laine devient un puissant secours.

On avance généralement, et avec beaucoup de raison, que lorsqu'on en a une fois contracté l'habitude, il est dangereux d'y renoncer. Cette assertion est juste: il faut subir le joug que l'on s'est imposé. Si, au contraire, on vient à porter accidentellement un gilet de flanelle pour enlever un rhume ou une douleur rhumatismale, quand L'affection est une fois enlevée, on peut cesser de porter le gilet (Londe).

Soie. — Parmi toutes les matières employées pour les vêtements, celle qui a les caractères les plus tranchés est la soie. Seule, elle est donnée à l'homme toute filée et filée à une finesse qu'aucune machine ne peut espérer atteindre ! Le ver à soie produit, en effet, un lil tellement (in,

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