COIFFURES. - CRAVATES. - CHEMISES
mœurs, les usages des administrations. En général, surtout dans la cavalerie, elles sont trop lourdes, trop chaudes ou trop froides, suivant la saison, et trop étroites. « J'ai vu, dit Percy, des dragons revenant d'une manœuvre un peu longue, ne pouvant ôter leur casque, parce que les téguments échauffés et tuméfiés en remplissaient le fond. »
Souvent, indépendamment des inconvénients que nous venons de signaler, elles ont encore celui d'être trop hautes et d'exiger, pour être maintenues en équilibre, des contractions fatigantes des muscles cervicaux ; le képi est une des meilleures coiffures militaires qui existent.
Cou. — En Grèce, à Rome, le cou était nu ; cette habitude est encore conservée par les Orientaux, les Polonais, les Écossais et beaucoup d'autres nations qui doivent à cette coutume, dit Ménière, d'ignorer presque entièrement les angines si communes dans notre pays. Dans toute l'Europe, la plupart des hommes du peuple portent le cou nu et sont beaucoup moins sujets aux maux de gorge que les individus appartenant aux classes élevées de la société, parmi lesquels, d'ailleurs, l'usage de la cravate ne remonte pas au delà de deux siècles.
« En 1060, on vit arriver en France un régiment étranger, composé de Croates, dans l'habillement singulier desquels on remarqua quelque chose qui plut généralement et qu'on s'empressa d'imiter : c'était un tour de cou fait d'un tissu commun pour le soldat, et de mousseline ou d'une étoffe de soie pour l'officier, et dont les bouts, arrangés en rosette ou garnis d'un gland ou d'une houppe, pendaient, non sans quelque grâce, sur la poitrine. Cet ajustement nouveau fut d'abord appelé une croate, et bientôt, par corruption, une cravate. » (Percy.)
Il en est des cravates, tours de cou, cache-nez, etc., comme de la plupart des vêtements; ils sont utiles dans de certaines limites, et deviennent nuisibles lorsque l'usage se transforme en abus. Les cols durs qu'on imposait aux soldats, aidés par la misère physiologique, prédisposaient aux adénites cervicales. (H. Larrey.)
Tronc. — Chemise. — Lorsqu'elle est en toile fine, elle est un très-bon conducteur du calorique, et elle a l'inconvénient d'amener un refroidissement rapide, quand elle a été imbibée par la sueur ou par l'humidité atmosphérique.
La chemise est longue, décolletée et à petites manches pour la femme ; elle est courte, montante et à longues manches pour l'homme. Le col et les poignets de la chemise d'homme doivent être assez amples pour ne pas exercer une constriction qui, en gênant la circulation, pourrait, surtout pendant la nuit, amener des accidents et congestionner la tête.
II faut changer souvent de chemise : deux ou trois fois par semaine au moins ; les hommes du peuple ne mettent guère de chemise propre que le 'dimanche, et portent pendant une semaine entière une chemise
imbibée de sueur, chargée de poussière, de malpropretés et souvent de molécules nuisibles et toxiques.
Et ici la misère ne doit pas être seule mise en cause ; une large part doit être faite à une profonde et déplorable incurie qui se perpétuera dans les classes ouvrières tant que, parmi elles, on n'aura point déraciné le goût du cabaret, pour lui substituer celui de l'ordre, de l'économie et de la propreté. Il est bon de ne point conserver pendant la nuit la chemise que l'on a portée tout le jour.
Maillot. — Les médecins, les philosophes ont beaucoup déclamé contre le maillot. Sans aucun doute, maintenir autant qu'on le peut la liberté des membres d'un enfant pour l'engager à agir est tout ce qu'il y a de mieux. Mais il faut le défendre du froid, et le maillot composé de pièces en rapport avec la température extérieure remplit ce but. Puis, un enfant libre de ses mouvements doit être continuellement surveillé. Il faut compter avec les nécessités de la vie ; combien de mères, sans prendre les nourrices à partie, sont empêchées par les travaux du ménage ou de la fabrique à avoir continuellement l'œil sur leur enfant! Une simple couche, une brassière et une robe longue forment le vêtement le plus convenable pour les enfants nouveau-nés.
Corset. — Sauf quelques exceptions que nous allons bientôt indiquer, nous pouvons dire que le corset est un vêtement nuisible, parce qu'il contribue à amoindrir l'acte de la respiration et qu'il nuit à la liberté des mouvements. Plusieurs appareils analogues au corset étaient usités par les dames grecques et romaines. Mais c'est depuis Catherine de Médicis qu'on adopla les baleines juxtaposées. Nous empruntons à M. Bouvier l'exposé des inconvénients, des dangers et des avantages des corsets : « Excoriations au voisinage des aisselles, gêne de la circulation veineuse des membres supérieurs, accidents résultant de la compression du plexus brachial ; aplatissement, froissement des seins et maladies diverses des ganglions lymphatiques ou des glandes mammaires; affaissement, déformations ou excoriations des mamelons; difficulté extrême de certains mouvements; affaiblissement et atrophie des muscles comprimés ou inactifs; abaissement et rapprochement permanents des côtes inférieures; rétrécissement de la base du thorax; réduction des cavités de la poitrine et de l'abdomen; refoulement du diaphragme; compression des poumons, du cœur, de l'estomac, du foie et des autres viscères abdominaux, surtout après les repas, d'où gêne plus ou moins grande de la respiration et de la parole; aggravation des moindres affections pulmonaires; disposition à l'hémoptysie; palpitations de cœur, syncopes, difliculté du retour du sang veineux au cœur; embarras dans la circulation de la tète et du cœur; congestions fréquentes aux parties supérieures; efforts musculaires difficiles ou dangereux; lésions des fonctions digestivcs : gastralgie, nausées, vomissements; réduction du volume de l'es-