‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 164 sur 371 · CHALEUR · texte numérisé non relu

CHALEUR

CIRCUMFUSA

Les àvcumfusa des auteurs d'hygiène comprennent des sujets très différents les uns des autres et qu'il importe de séparer et de circonscrire. La première division doit contenir tout ce qui a trait à l'aelion de la lumière, des influences sidéjales, de l'électricité, du magnétisme, de la chaleur sur la santé. La seconde doit embrasser les questions qui se rapportent à la terre et à l'atmosphère dans leurs applications avec l'hygiène; puis doit venir l'histoire des substances nuisibles de composition définie, employées dans l'industrie, ou dans l'économie domestique ; puis enfin on doit étudier les parasites, les ferments morbides, les effluves, les miasmes, les virus, tout, en un mot, ce qui se rattache à l'étude hygiénique des maladies contagieuses.

I. - LUMIÈRE. - ÉLECTRICITÉ. - MAGNÉTISME. - CHALEUR (imponderata).

Les études modernes sur la transformation des forces ont péremptoirement démontré qu'il faut embrasser dans un groupe commun ce qui a trait à la lumière, à l'électricité, à la chaleur. On voit, en effet, l'électricité produire une chaleur suffisante pour fondre en peu d'instants un fil de platine ; on la voit donner une lumière comparable à celle du soleil et qui agit sur la plaque daguerrienne comme celle qui a cette dernière origine. L'électricité transformée en force est aujourd'hui employée au labourage. La pile thermo-électrique nous montre que la chaleur peut se transformer en manifestations électriques. Ou ne saurait trop admirer la généralité et la grandeur de ces phénomènes. Il est impossible dans un traité d'hygiène d'aborder ces problèmes, on doit s'en tenir aux applications.

J'ai cru utile, comme je l'ai dit dans l'introduction, page 20, de séparer l'étude hygiénique du calorique, de l'électricité etde la lumière, de celle de ['atmosphère avec laquelle elle est confondue dans les traités d'hygiène qui m'ont précédé; voici les raisons principales qui m'ont conduit à considérer cette séparation comme indispensable. Le calorique, l'électricité, proviennent non-seulement de sources- extérieures, mais aussi il se produit, par suite des réactions incessantes qui ont lieu dans l'organisme humain, de la chaleur ci de l'électricité, il existe une relation constante entre le calorique et l'électricité extérieure et le calorique et 1 électricité intérieure. Quand on ne considère que les sources extérieures en négligeant les intérieures, on

introduit la plus grande confusion dans cette étude, les vérités les plus importantes ne se dégagent point et passent inaperçues.

Quand on ne considère que l'action de l'électricité et de la chaleur provenant des sources extérieures sans considérer celles qui se produisent incessamment dans l'homme vivant, l'étiologie d'un grand nombre de maladies importantes est aussi vague qu'elle devient précise lorsqu'on considère simultanément les deux termes de cette équation. L'hygiène des pays chauds, des pays tempérés et des pays froids devient ainsi nette et satisfaisante. L'étiologie des maladies des pays chauds, de l'hépatite par exemple, est obscure sans cette double étude ; il en est de même de celle des scrofules, de l'affection tuberculeuse, du scorbut , maladies qui ne peuvent que très-indirectement être rapportées à la question du climat et à celle du calorique extérieur, mais qui peuvent être facilement comprises dans une histoire vraiment philosophique de la chaleur appliquée à l'hygiène.

L'électricité, le magnétisme, les influences sidérales ne doivent occuper aujourd'hui qu'une place très-restreinte dans l'hygiène positive; le calorique, au contraire, a une importance telle, que les pages que j'y consacre, je les regarde comme les plus neuves et les plus importantes de mon œuvre.

Deux théories expliquent les phénomènes de calorique, de lumière et d'électricité : celle de l'émission, qui s'appuie sur le grand nom de Newton, et celle des ondulations de l'éther proposée par Descartes, développée par Euler, mais définitivement constituée par Fresnel, et adoptée depuis ses mémorables travaux.

La chaleur convenablement employée aux besoins de l'homme est la représentation la plus nette de la force, delà richesse, et l'adjuvant principal de la vie. Les recherches, remarquables par leur précision, sur la chaleur animale , ses sources , sur la transformation de la chaleur en force, en lumière, en électricité (1), ont ouvert à l'hygiène une voie aussi neuve que féconde.

Lumière, radiation solaire. — Dans l'étude de la lumière appliquée à l'hygiène, nous devons distinguer son action générale et son action spé»ciale sur l'œil. Reconnaissons, avant d'aller plus loin, qu'il ne s'agira pas ici seulement de l'influence des rayons de lumière, mais de la radiation solaire, comprenant à la fois des rayons de lumière, de chaleur

(I) Augustin Frcsucl, De la lumière, addition à la traduction de lufjhimiedc Thompson, t. I, p. 40. — Maycr, Die organischen Dewcgungen in Hircin Verhallen mm SlofJwcclise.. — Colding, Philosophical Magaiine. — J. Licbig, Quatrième lettre sur Ixi chimie. r»i. Béclanl, De la contraction musculaire dans ses rapports avec la température animale (Archives générales de médecine, n°* de janvier, lévrier et mars 1861). — Atlianase Dupré, Théorie mécanique de la chaleur (Annales de chimie et de physique, 1864- 1865. — Vcrdet, Œuvres complètes. — BcrtUelot, Thermochimie, 1879.

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