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INFLUENCE DE LA LUMIÈRE SUR L'HOMME

taies ont été mises en macération, les êtres développés dans le vase éclairé appartiennent tous au régime animal.

Si les vases contiennent de l'eau dans laquelle des substances animales ont été mises en macération, les résultats sont semblables aux précédents quant au vase éclairé, mais dans le second, on voit apparaître des infusoires appartenant à l'espèce des monastermo, c'est-à-dire au degré le plus inférieur de l'animalité.

Si une série de vases contenant de l'eau pure est disposée de façon que les vases reçoivent une quantité de lumière de moins en moins intense, on voit des infusoires végétaux se développer d'abord dans le vase le plus éclairé, et puis successivement dans les suivants, jusqu'à une certaine limite déterminée par l'insuffisance de la lumière. Dans un vase en cristal contenant 120 grammes d'eau et ne recevant delà lumière que par une ouverture de 15 millimètres carrés, il ne se développe plus aucun être organisé. Edwards a vu que, privés de l'influence de la lumière, des têtards ne se transformaient potnt en grenouilles; mais dans l'expérience d'Edwards sur les têtards, le non-développement des têtards peut tenir à ce que ces animaux étaient placés dans une boîte plongée dans la Seine à une assez grande profondeur, et que la transformation des organes respiratoires ne pouvaient s'opérer dans ces conditions, sans qu'il soit nécessaire d'invoquer l'influence de la privation de lumière.

Il résulte des expériences de J. Béclard que sous l'influence des rayons violets el bleus l'éclosion des œufs d'insectes est plus nombreuse que sous celle des rayons rouge, jaune, blanc et vert ; que la grenouille produit plus d'acide carbonique sous l'influence des rayons • verts que sous celle des rouges.

Influence générale de la radiation solaire sur l'homme. — La radiation solaire excessive produit sur la peau un érythème spécial connu sous le nom de coup de soleil. Charcot a montré que la lumière électrique pouvait causer les mêmes elîels. Le défaut de lumière détermine la pâleur de la peau que l'on remarque chez les citadins habitant les rues obscures et chez les mineurs. Nous reviendrons plus loin sur 1 hygiène de cette grande profession. Voici la loi de coloration de la peau : L'intensité de couleur diminue du pôle à l'équateur; les Esquimaux des régions polaires font exception à cette loi. Ilumboldt a avancé que la peau des Caraïbes et des Indiens était plus épaisse que. celle des Européens; il a prétendu que l'influence de la radiation solaire intcrtropicale était une des causes qui rendaient la tuberculisation pulmonaire, les scrofules moins fréquents chez les peuples qui habitent ceo contrées que chez ceux qui sont continés dans les régions froides ou tempérées. Ces questions sont très-complexes et l'élément lumière y intervient d'une façon secondaire. Quoi qu'il en soit, reconnaissons

que si, pendant toute la durée de sa vie, l'homme a besoin d'être exposé à une lumière suffisante, si le séjour habituel dans un lieu mal éclairé ou obscur a toujours pour lui des inconvénients plus ou moins graves, c'est surtout pendant les premiers âges de la vie, durant la période d'accroissement et de développement, que l'influence de la lumière est utile. Les enfants élevés dans les lieux obscurs sont ordinairement d'une taille plus petite, mal conformés , chétifs , étiolés . rachitiques , scrofuleux , phthisiques , chloroiiques , anémiques, et dans les cas de ce genre l'insolation est le meil'eur remède qu'on puisse opposer aux troubles de la nutrition et aux I sions organiques qui en dérivent.

Disons cependant que beaucoup d'autres causes doivent être prises en considération; nous en apprécierons l'influence en traitant de la misère physiologique.

Lumière, son action sur l'oeil. — Éclairage public et privé sous le rapport de l'hygiène de la vue. — Une lumière excessive, éblouissante comme celle du soleil, insuffisante ou mal réglée, peut être l'origine de maladies très-diverses des yeux. N'oublions pas que des causes nombreuses déterminent des troubles variés dans l'appareil si compliqué de la vision.

La glycosurie, l'albuminurie chroniques amènent, dans bien des cas, à leur suite, un affaiblissement considérable de la vue, accompagné de lésions spéciales déterminées le plus souvent par de véritables embolies capillaires. Les affections scrofuleuse, goutteuse, rhumatismale, syphilitique, ont quelquefois un retentissement sur quelques-uns des appareils de la vision. L'abus de plusieurs modificateurs du système nerveux, tabac, alcooliques, peut aussi déterminer des maladies spéciales de l'œil.

L'étiologie des maladies de l'organe de la vue est , comme on le voit , des plus compliquée. De même qu'un baromètre nous avertit des variations de l'atmosphère, de même les troubles dans la vision peuvent être souvent l'indice d'affections très-graves. Dans ce qui va suivre, je vais me borner à apprécier rapidement l'influence de la lumière sur l'œil, pour arriver à la question spéciale de l'éclairage public au point de vue de l'hygiène. Les personnes qui voudront étudier avec détail les troubles professionnels du côté de l'organe de la vision, les professions qui les provoquent et l'influence de l'école sur la vue, pourront consulter l'excellent article que M. A. Proust a consacré à ce sujet dans son traité d'hygiène, ainsi que les intéressantes communications faites à la Société de médecine publique et d'hygiène professionnelle par M. Émile Trélat, et le Mémoire que M. Javal a lu à l'Académie de médecine le 4 novembre 1879 (\).

(1) Hygiène de la vue dans les écoles (Bulletin de la Société de médecine publique, t. I, p. 32; Discussion sur celte communication, et Distribution de la lumière dans les

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