‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 172 sur 371 · CHALEUR ANIMALE · texte numérisé non relu

CHALEUR ANIMALE

ou Becquerel. Je renvoie, pour la description de ces appareils, à l'excellent ouvrage de C.avarret, qui a pour litre : De la chaleur produite par les êtres vivants.

Les diverses parties du corps de l'homme n'ont pas toutes la même température. M. Becquerel , à l'aide de son appareil thermo-électrique, est arrivé aux résultats suivants : 1° Le sang, soit artériel, soit veineux, est d'autant plus chaud qu'on l'examine plus près du cœur : ainsi, dans la carotide, la température du sang est de 0,45 au-dessus de celle du sang de l'artère crurale; la température du sang de la veine jugulaire l'emporte de 0,30 sur celle du sang de la veine crurale. 2° La température du sang artériel est toujours notablement supérieure à celle du sang veineux, quand l'expérience porte sur des points correspondants de vaisseaux collatéraux. Ainsi, à l'origine de l'aorte, la température du sang l'emporte de 0°,84 sur celle du sang de la veine cave supérieure, au point où ce dernier vaisseau s'ouvre dans l'oreillette droite; la température du sang de l'artère crurale est moyennement supérieure de 0°,98 à celle du sang de la veine crurale. 3° La température des muscles l'emporte considérablement sur celle du tissu cellulaire qui leur sert d'enveloppe. M. Becquerel a constaté directement ce fait sur l'homme et sur les animaux. Ainsi, chez l'homme, la moyenne de quatre expériences donne au biceps brachial au repos une température supérieure de 1°,57 à celle du tissu cellulaire adjacent; sur un chien, la température d'un muscle de la cuisse au repos a été trouvée supérieure de 1°,40 à celle du tissu cellulaire.

M. Bernard a, depuis, établi par des expériences décisives un fait qui avait été découvert par M. Malgaigne, c'est que le sang se refroidissait en traversant le poumon : la température des cavités gauches du cœur est en effet inférieure à celle des cavités droites.

Des expériences bien faites et suffisamment répétées montrent qu'il existe une légère différence entre la température de l'homme observée aux différents âges de la vie. Edwards aîné a en effet observé qu'un enfant né à sept mois avait une température de 32 degrés centigrades. Voici les résultats observés par M. H. Roger : D'un à deux jours, la température de l'enfant à terme est de 3G°,G8 ; de un à sept jours, elle est de 37°, 8; de quatre à six ans, de 37°, 11: de six à quatorze ans, de 37°,31; et à soixante-douze ans, également de 37°,31.

Le fait capital qui ressort de ces recherches, c'est que la température de l'homme varie peu aux différents âges de la vie. M. Desprelz a, en effet , observé 37 degrés à dix-huit ans, 38°,14 à trente ans, et 37°,13 k soixante-huit ans. Mais ce qui n'est pas moins indubitable, c'est qu'aux dillerents âges, les hommes n'offrent pas une égale résistance au froid. Pour les enlants nouveau-nés et les vieillards avancés en âge et trèsaffaibhs, le fait est incontestable; quoique moins évident, il n'est pas

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moins certain dans une foule d'imminences morbides. C'est une des questions d hygiène des plus importantes, sur laquelle nous aurons bien des occasions de revenir.

Influence de la température extérieure sur la chaleur animale. — Nous verrons plus loin avec quelle énergie l'homme en santé , à l'état complet de développement, et jouissant de l'entière liberté de ses mouvements, résiste aux élévations et aux abaissements de la température extérieure. Il faut cependant reconnaître que, même dans ces circonstances, l'état thermique de l'homme est légèrement influencé par celui du milieu ambiant. J. Davy a démontré {Annales de chim. et de physiq., 2e série, t. XXXIII, p. 181) que le passage d*un climat froid ou même tempéré à un climat chaud, suffisait pour élever d'une manière sensible la température de l'homme. Voici un tableau qui indique les limites de ces variations :

Température ambiante. Température de l'homme.

On peut dire, d'une façon générale, qu'en passant du nord au midi, la température de l'homme s'élève de 1°,9 therm. centigr.

L'influence des saisons sur la température de l'homme n'a pas été appréciée, mais Edwards a constaté que la température des moineaux, qui en février était de 40°, 8, devint en avril de 4*2°. et en juillet de 43°,77. Ajoutons que la température de l'homme s'abaisse légèrement pendant le sommeil et s'élève pendant l'exercice.

Des limites inférieures de la température de l'homme. — C'est dans les conditions d'inanition qu'on a observé les températures les plus basses dans le corps humain. On sait, en effet, que chez l'inanitié Cramé, de Toulouse, la température s'était abaissée à 19° au moment de sa mort. D'après les expériences nombreuses de Chossat sur les animaux à température constante, on admet que lorsqu'ils sont soumis à l'inanition, la mort survient quand, en moyenne, leur température s'est abaissée ;i 21° degrés.

Après l'inanition, voici les conditions peu nombreuses dans lesquelles on a noté un abaissement de température.

Lorsqu'on recouvre, comme l'a fait Fourcault, la peau d'un animal d'un enduit imperméable, il succombe, mais auparavant ses urines deviennent albumincuses et sa température s'abaisse considérablement.

L'œdème des nouveau-nés est une affection dans laquelle on observe un abaissement de. la température animale: elle est descendue, dans les

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