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CHALEUR ANIMALE

observations recueillies, à 33° limite supérieure, et à 2-2° limite inférieure.

Le choléra asiatique est encore une affection dans laquelle on observe généralement un abaissement de température; dans dix-huit cas sur vingt-deux, la température a varié de 23° à 34°. Ajoutons, et cela se comprend sans peine, que dans l'extrême agonie il y a toujours abaissement de température.

Des limites supérieures de la température de l'homme. — Les limites extrêmes auxquelles la température de l'homme peut s'élever ont été observées soit dans des étuves, soit dans certaines maladies inflammatoires. Nous reviendrons plus loin sur l'influence des températures excessives sur l'homme; nous nous contenterons de dire ici que la température de l'homme placé dans une étuve où la chaleur est portée aux dernières limites qu'il puisse supporter sans incommodité, s'élève en général de 3 degrés. De la Roche et Bérard ont observé chez les animaux soumis à la même épreuve une élévation de température qui n'a pas été moindre en moyenne de 7°,19.

Voici, d'après des résultats obtenus par M. Andral et par M. Roger, la température de l'homme dans les fièvres : Soixante-quatre fois elle a été de 38°, cent cinquante-six fois de 39°, cent seize fois de 40°, dix-huit fois de 41°, et une fois seulement de 42° (température des oiseaux).

C'est une question très-importante que celle de l'élévation pathologique de la température sur la marche et le pronostic des maladies aiguës. Comme je l'ai dit (Annuaire de thérapeutique, 1875, p. 244): « Dans certaines pyrexies, il est démontré par l'observation qu'il y a un avantage considérable de modérer la chaleur produite par les moyens les plus énergiques, et parmi ces moyens, nul n'est plus puissant et d'un effet plus rapide que le froid. La continuité de l'élévation de la température animale dans les maladies aiguës fait-elle apparaître, comme je l'ai indiqué , de redoutables complications qu'on évite par 1 application du froid? Les expériences intéressantes de Magendie ayant trait à l'influence si remarquable de la chaleur continue sur les animaux ; les dangers auxquels ils sont exposés, lorsque leur température atteint une certaine limite, sont d'accord avec cette hypothèse. Faut-il, au contraire, croire, comme Brandt Fa admis pour la fièvre typhoïque, que l'abaissement de la température par le froid entrave le développement du ferment morbide? Mais le ferment morbide existe par le fait de l'évolution de la maladie ; on comprend difficilement, d après ce que nous connaissons sur les aptitudes des ferments, qu'il ne puisse pas aussi bien se développer à 37 degrés centigrades qu'à 40 degrés. »

Ajoutons, en faveur de notre hypothèse, la considération suivante, sur

laquelle j'insiste depuis longues années dans mes leçons sur l'encombrement nosocomial : « Dans les cas de lièvres traumatiques, par suite de graves blessures , d'accidents puerpéraux , la température de 40 degrés paraît, sinon indispensable, au moins favorable au développement du ferment morbide qui donne naissance à l'infection purulente des opérés, à la fièvre puerpérale chez les accouchées. Ces maladies , étant développées chez un malade dans les salles des hôpitaux, se propagent par inoculation aux opérés et aux accouchées, attaquant de préférence les malades dont la température est supérieure à celle de l'homme en santé. Quoi qu'il en soit, on doit s'efforcer de prévenir le développement du premier foyer par la réfrigération. »

Une observation inverse des plus intéressantes a été faite par M. Pasteur. Dans les conditions normales, la bactéridie du charbon ne peut vivre et se propager dans le sang des poules. Si l'on abaisse par un bain réfrigérant, aidé de l'inanition, la température de l'animal, la bactéridie charbonneuse retrouve ses conditions d'existence, et la poule ainsi refroidie meurt de l'affection charbonneuse.

Causes de la chaleur animale. — Pour bien comprendre les modifications exercées par la chaleur extérieure sur l'homme , il est indispensable d'étudier les causes de la chaleur animale. Sans doute on peut dire assez exactement qu'elle est produite, comme résultante, par des phénomènes chimiques. Quelques physiologistes ont voulu la voir sous la dépendance unique de l'innervation. Il est incontestable que cette influence nerveuse est invoquée avec raison, en tant qu'elle anime ou ralentit les phénomènes chimiques. La chaleur produite peut devenir latente par changement d'état, par transformation de forces : on peut dire, d'une façon générale, que lorsque de la chaleur qui disparait ue se transforme point en électricité, magnétisme, lumière, ou peut-être en quelque modification encore inconnue , elle équivaut exactement au travail produit, et réciproquement. La théorie de la chaleur animale comprend des problèmes très-complexes. Quand Lavoisier eut établi la théorie générale de la combustion et qu'il l'eut appliquée aux principaux cas des combinaisons inorganiques, il aborda l'élude de la chaleur animale; ce fut l'objet des plus constantes préoccupations scientifiques des dernières années d'uue vie si glorieuse et si fatalement terminée. On ne sait ce qu'on doit plus admirer aujourd'hui, ou des difficultés du problème à l'époque où Lavoisier eu entreprit la solution, ou de la netteté des résultats auxquels il parvint. Depuis notre grand chimiste, plusieurs observateurs ont abordé directement ou indirectement des études qui se rapportent à la recherche des causes de la chaleur animale, mais il en est trois que je dois mentionner ici, c'est Dulong, V. Regnault et M. Berthelot; toutes leurs recherches semblent animées de l'esprit scientifique du maître.

CAUSES M LA CHALEUR ANIMAI, iv

Pour Lavoisier, les causes de la chaleur animale étaient des plus simples: d'une part, les aliments, corps combustibles; de l'autre, l'oxygène, corps comburant. Les résidus de cette combustion s'opérant dans les poumons, étaient de l'eau, de l'acide carbonique et de l'urée. Edwards aîné établit que les phénomènes d'oxydation ne s'opéraient pas dans les poumons, mais dans les capillaires; que si l'azote rejeté était égal à l'azote absorbé, cela dépendait d une résultante et non du rôle absolument passif de ce gaz. A l'aide d'un excellent dispositif d'appareils, Regnault et Reiset purent maintenir les animaux 1 plusieurs jours en expérimentation sans troubles de leur santé; ils démontrèrent que les phénomènes étaient beaucoup plus complexes qu'on ne le pensait.

La quantité d'oxygène consommé varie suivant une foule de conditions dont on n'avait pas soupçonné l'importance. C'est aux belles expépériences de Regnault et de Reiset (4) qu'il faut recourir pour se faire une idée féconde de ces grands phénomènes. En les méditant, on s'aperçoit qu'une des propriétés les plus admirables de l'organisme animal, c'est l'aptitude qu'on lui voit à modifier, dans des limites très-étendues, le jeu de ses rouages, sans qu'ils cessent de marcher ensemble et de concourir efficacement à l'effet commun qu'ils sont chargés de produire. On voit que l'homme peut entretenir sa même température, quel que soit le milieu ambiant, quelle que soit son alimentation. Dans les cas de diète prolongée, ce sont les matériaux du corps qui pourvoient à ce besoin ; un herbivore représente alors un Carnivore, sous le double rapport de sa respiration et de ses excrétions.

Les réserves et les ressources pour atteindre constamment le but sont considérables, mais l'observation hygiénique nous apprend qu'il n'en faut point abuser : à la longue, l'épuisement succède à la privation, avec tout le cortège des maladies qui l'aceompagnent. Les excès ne sont pas moins à redouter. Dans certaines conditions de la vie, la dépense peut être considérablement diminuée, pourvu qu'il n'y ait pas de brusques oscillations, qui sont aussi funestes à l'organisme qu'à nos machines les plus perfectionnées.

Les découvertes modernes de la physique et de la physiologie sur la chaleur en général, et sur la chaleur animale en particulier, permettent à 1 hygiène d'aborder ces problèmes, qui ne pouvaient être compris avant cela.

Rappelons aussi que nos aliments doivent renfermer une masse relativement très-considérable de principes destinés à produire de la chaleur ; ainsi le lait de vache, sur les 432 grammes de matériaux iixes qu'il

^wSLe! n''À*P[< ;}nnal™ de dùrnie et de physique, » série, loc. cit. - De la sî a Zi* A n, , '7 lT"'treSOr'-lani^ Par J. Gavarroî, 1 vol. in-18, 1855. - Bous- «ngault, Annales de clumte et de physique, 3» série, t. XI, p. -133.

55! MODIFICATEURS. — CIIALEIP,.

contient pour 1000, en renferme 50 de lactine et 35 de beurre, soit 85 grammes d'aliments de calorificalion sur 132.

Les travaux de M. Berthelot sur la thermo-chimie ont jeté un jour nouveau sur le problème si complexe des causes de la chaleur animale; je reproduis dans l'appendice les pages qu'il a consacrées à ce sujet.

2° Chaleur ambiante dans les divers lieux habités par l'homme (Climats). — L'homme, contrairement à ce qui a lieu pour les autres êtres, animaux ou végétaux, peut vivre dans les localités les plus chaudes et les plus froides, mais cela grâce à son génie d'observation qui lui a permis de trouver les moyens de se défendre. Reconnaissons-le, c'est par une suite de générations, qui ont dù payer de larges tributs aux intempéries, que la race humaine a pu s'établir sur presque tous les points du globe. Quand, sans préparation aucune et surtout sans prendre les soins que l'hygiène scientifique commande, il veut changer de localité et habiter des pays très-différents de celui où il est né, les mauvaises chances deviennent souvent excessives, nous aurons occasion de revenir sur ces questions.

Donnons quelques exemples de minima et de maxima de température observés dans divers points du globe habités :

Minima.

Maxima.

Paris (1)

La température la plus élevée a été observée à Esné, -{- -47,4, et la température la plus basse au fort Reliance, — 56,7 (observation de Black). C'est donc une différence de 104°, 1.

Je donne, dans le tableau suivant, des exemples de moyennes hibernales et estivales :

Lieux. Été. Hiver. Différence.

Féroé' 11,60 3,90 7.70

Éiiimbourg 14,07 3,47 10,60

Londres 16,75 3,22 13.53

Bruxelles 19,01 2,56 16,45

Paris 18,01 3,59 14,42

Berlin 17,18 1,01 18,19

Vienne 20,36 0,18 20,18

(I) Dans la période des cent dernières années, on signalait comme rextrême d froid à Paris, l'hiver de 1791-1795, dans Inquel le thermomètre est descendu à »jS I e minima àe 1879 serait un peu plus bas. Dans le mois si rigoureux de décembre 18/9 on a observé à Montsouris 23", 9 le 10 décembre sous l'ancien abri, et 23 degrés a surface du gazon. I,a moyenne minima de ce mois de décembre a été — 11°,* (oDsena toirc de Montsouris).

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