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CLIMATS CHAUDS. — ROLE DU FOIE

La densité de la bile oscille entre 1,020 à 1,035; elle contient de matériaux lixes 9 à 18 pour 100; les matières grasses et la cholestérine forment 20 à 30 pour 100 du poids des matériaux fixes. Voici la composition des sels à acides biliaires :

Taurocholate sodique C2"ll" Na Az SO7 Glycocholàtè sodique C26H'2 Na Az 0°.

Le dernier sel prédomine chez l'homme (Jacobsen).

Les principes immédiats riches ën carbone et en hydrogène qui constituent les portions les plus importantes de la bile, sont absorbés dans les intestins pour la plus grande partie, car la quantité de bile sécrétée par le foie est bien supérieure en poids à la quantité normale de matières excrémentitielles rejetées au dehors par l'appareil digestif. Or, ces matériaux de calorification riches qui sont transmis dans le sang avec les aliments dissous, sont partiellement détruits, comme les autres matériaux de caloriiication. On comprend sans peine comment le foie agit comme un organe modérateur de la chaleur. Ces principes immédiats hydrocarbonés sont sécrétés par le foie en plus grande quantité dans les pays chauds que dans les climats du nord. On voit que dans ces derniers ils peuvent être utilement employés pour produire de la chaleur, tandis que dans les seconds ils doivent être rejetés pour permettre de résister à la température ambiante élevée qui ne laisse pas une marge suffisante aux combustions respiratoires. Blondelot avait exécuté une expérience intéressante, en prouvant qu'un chien chez lequel on établissait une fistule éliminant la totalité de la bile, pouvait vivre en santé. Il lirait de ce fait expérimental exact une conclusion fausse, en disant que la bile n'était qu'un produit d'excrétion destiné à être rejeté au dehors. Sans prendre en [considération le rôle de ce liquide pour neutraliser partiellement les matières alimentaires à réaction acide, transmises de l'estomac dans l'intestin grêle, et celui incontestable de contribuer, avec le sue pancréatique, à émulsionner les matières grasses, la bile peut être très-utilement absorbée dans l'intestin et concourir, par ses matériaux hydrocarbonés, au grand acte de la caloriiication.

Les maladies du foie ou celles qui sont sous la dépendance de l'appareil hépatique sont, toutes choses égales, d'autant plus nombreuses que la moyenne de la température d'une localité est plus élevée. — Selon les médecins des pays chauds, l'hépatite est une affection aussi commune que la pneumonie dans les régions tempérées. Si l'on compare dans les pays chauds la fréquence des maladies suivant les saisons, l'influence de la température élevée est évidente'; la nécessité de la continuité d action du puissant modificateur apparaît également. En effet, pendant la saison froide comprenant les mois de novembre, décembre, Janvier et février, Marchai a compté 1720 cas d'hépatite; pendant la sai-

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son chaude, mars, avril, mai, juin, 2268, el pendant la saison pluvieuse, juillet, août, septembre, octobre, 2731. Pendant celte dernière saison, les malades avaient enduré la continuité de la chaleur extérieure durant la totalité de la saison chaude.

Nous avons eu quelquefois l'occasion d'observer des maladies du foie en France, chez des personnes qui, après avoir habité pendant plusieurs mois les contrées torrides, sont revenues dans notre pays au commencement de nos étés brûlants, et ont enduré chez nous une continuité de chaleur extérieure. C'est pour ces malades que, pendant ces étés, le séjour dans un pays de montagnes est très-avantageux. J'ai l'habitude de les diriger soit à la Preste, la plus haute station thermale de nos Pyrénées, ou en Suisse, aux eaux de Saint-Moritz, dans l'Engadine.

Avant de commencer l'étude étiologique des principales maladies de l'appareil biliaire, rappelons combien elles sont nombreuses : hépatite aiguë ou chronique, engorgements, abcès, gangrène, atrophie, cyrrhose, dégénérescence graisseuse. Parmi les productions accidentelles, citons le cancer, la mélanose, le tubercule, le tissu éreclile, les kystes hydatiques, les douves, les calculs biliaires; puis mentionnons l'action de poisons divers, la fièvre rémittente, sans oublier la fièvre jaune, qui est fortement influencée par l'élément chaleur, comme nous le démontrerons plus tard.

On comprend sans peine que l'organe qui est le véritable modérateur de la chaleur, l'intermédiaire de toutes ou presque toutes les substances introduites dans la circulation, est exposé à bien des oscillations, à beaucoup de causes de maladies. Je tiens à dire, à ce propos, qu'on a confondu sous le nom d'ictère grave plusieurs maladies étiologiquement différentes. Cet ictère peut apparaître dans la fièvre jaune, dans la fièvre pernicieuse, dans le cas d'empoisonnement par le phosphore. Ce sont des maladies essentiellement différentes et pour leurs causes el pour le traitement qu'elles réclament. Nous allons actuellement passer en revue, au point de vue étiologique, la fièvre rémittente bilieuse, l'hépatite et la pymélurie.

Fièrre bilieuse des pays chauds (rémittente bilieuse, endémique intertropicale). — On a étudié particulièrement cette maladie aux Indes orientales, dans l'Amérique méridionale, sur les côtes d'Afrique et même dans la Méditerranée, sur les côtes d'Espagne ou d'Italie. Elle a quelques ressemblances avec notre embarras gastrique, mais elle est plus grave et plus meurtrière; elle se confond souvent avec la fièvre intermittente et s'y associe fréquemment dans les localités maremmaliques intertropicales. Le foie est développé; les malades rejettent souvent par les vomissements et par les selles une quantité énorme de bile verte. Le pouls est fréquent ; le malade se plaint d'une chaleur ardente. Pu côté de Yinnertiatioil, accablement, somnolence, coma. Les paroxysmes non

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