CLIMATS CHAI DS. - LIÈVRE BILILLSE, HÉPATITE
constants peuvent être quotidiens, semi-quotidiens, ayant quelques rapports avec les variations diurnes de la température dans l'inanition. Cotte fièvre, non compliquée de I élément marais, est rebelle au quinquina. La mort arrive au premier ou second septénaire. On a noté des cas à l'orme foudroyante, La lièvre rémittente bilieuse des pays chauds est le terme opposé de rabaissement progressif de la température dans l'inanition; on doit être étonné qu'avec une chaleur extérieure élevée d'une manière continue, avec des aliments de calorificalion trop abondants et la nécessité de maintenir notre température entre 37 et 38 degrés, cette lièvre endémique n'éclate pas plus souvent; mais trop fréquemment l'organe modérateur devient malade avec le temps, c'est alors que survient l'hépatite des pays chauds. Les causes sont évidentes. L'hygiène rationnelle consiste à les écarter, 1° en évitant une chaleur extérieure trop élevée, et l'usage trop abondant d'aliments de calorilication ; 2° une constipation habituelle, d'où absorption de bile; 3° en acclimatant les habitants des pays tempérés et en évitant qu'ils conservent leurs habitudes alimentaires.
Hépatite des pays chauds. — Galien donne une description vague de cette maladie. Pour bien la connaître il faut arriver aux travaux de F. Hoffmann, de Morgani, Sunders, et surtout des médecins anglais qui ont exercé dans l'Inde, Marshal, Annesley, et nos médecins militaires de l'Algérie, parmi lesquels je citerai llaspel, Cateloup, Casimir Broussais, etc. Dans cette maladie, le foie est presque toujours augmenté de volume, il est congestionné; on y observe des hémorrhagies interstitielles, la bile est normale ou sanguinolente. On trouve souvent dans le foie des abcès contenant un pus blanc, rarement venlàlre, variant pour la quantité de 50 grammes à plusieurs kilogrammes. Le début de la maladie est brusque ou lent. On ressent des douleurs qui s'irradient le long du rachis; elles sont continues et souvent s'exaspèrent. L'ictère général est rare, mais on observe une teinte jaunâtre; souvent l'hépatite est compliquée de dysenterie, elle se termine par résolution, par suppuration ou par gangrène. Le pronostic est toujours grave. Selon les auteurs, l'étiologie de l'hépatite est obscure; citons deux palhologistes des plus judicieux, Grisolle et Requin :
« L hépatite, dit Grisolle, est excessivement rare dans notre climat; elle est, au contraire, très-commune dans les pays intertropicaux, sans qu il soit possible de dire si cela dépend spécialement de la chaleur, des variations de température ou bien du mode d'alimentation. Les médéciiis de notre armée ont de fréquentes occasions de l'observer en Afrique. Suivant l'un d'eux, M. le docteur llaspel, les abcès du foie seraient aussi communs dans la province d'Oran qu'ils le sont dans les Indes. Quoi qu'il en soit, l'hépatite, rare en tout pays avant la puberté, atteint plus souvent les hommes; mais on ignore l'influence exercée par les tempéra-
r,7i MODIFICATEURS. — CHALEUR.
mcnts et par la constitution. On a dit que les miasmes marécageux, (|iie l'usage des eaux stagnantes, que l'abus des alcooliques et que les passions tristes pouvaient provoquer la maladie, mais il n'y a encore rien de certain à cet égard. Dans notre climat, l'hépatite est souvent Iraumatiquc, et dans les cas rares où elle est spontanée, elle est tantôt primitive et quelquefois consécutive à d'autres affections, surtout aux maladies intestinales; c'est ce qu'on voit dans les faits recueillis à Paris même par MM. Louis et Andral ; c'est ce qui arrive plus souvent encore dans les pays chauds, où l'hépatite succède assez fréquemment à la dysenterie. Le duodénum et même l'estomac étant le plus souvent intacts, ainsi que M. Haspel l'a encore tout récemment constaté, on ne peut guère croire, avec l'école de Broussais, à une extension de la maladie de l'intestin au foie. La transmission se ferait-elle par les veines, serait-ce les matières putrides absorhées dans le gros intestin qui iraient enflammer directement le foie? C'est ce qu'il est impossible d'affirmer. »
oc A titre de causes prédisposantes, dit Hequin, accusons premièrement et par-dessus tout les climats torrides, où l'hépatite se montre en quelque sorte comme une maladie endémique; puis, en second lieu, par conséquent, mais, bien entendu dans un degré moindre, les climats chauds et les saisons chaudes; puis, en troisième lieu, la virilité et la vieillesse ; puis, en quatrième et en dernier lieu, d'après le dire des auteurs plutôt que d'après de légitimes preuves, le sexe masculin, les tempéraments bilieux et mélancoliques, l'intempérance, l'abus des boissons alcooliques, une vie sédentaire, les travaux de cabinet, les profonds et longs chagrins, les excès vénériens, etc., autant de points eliologiques qui se répèlent de livre en livre, mais qui auraient bien besoin d'être vérifiés. »
Voici la loi étiologique empirique que je formule : l'hépatite, toutes choses égales, est d'autant plus fréquente que la température extérieure moyenne est plus élevée.
Voici la loi physiologique qu'on peut formuler ainsi : L'hépatite snrrient tjuand pendant an temps suffisant les fonctions du foie comme organe modérateur des aliments de calori //cation sont exagérées. — Quand la température extérieure est trop élevée d'une manière continue, que les aliments de calorification sont pris en excès, que l'évaporation pulmonaire et cutanée est insuffisante par suite d'un air saturé de vapeur d'enu, le foie élimine nécessairement une quantité très élevée de bile contenant des matériaux de calorification. Si cette bile est éliminée, l'homme qui est dans ces conditions ressemble, à quelques égards, au glouton romain qui provoquai! des vomissements pour satisfaire sa sensualité gastronomique; mais si elle est continuellement résorbée, on comprend sans peine que les fonctions du foie sont exagérées et qu'avec du temps l'hépatite doit survenir. On comprend également que si des