‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 180 sur 371 · CLIM. CHAUDS. — PYMÉLURIE, ANÉMIE DU GABON, HYPNOS1E · texte numérisé non relu

CLIM. CHAUDS. — PYMÉLURIE, ANÉMIE DU GABON, HYPNOS1E

Pour ce qui a trait à la dépense, je regarde comme un précepte d'une grande importance l'utilisation régulière et aussi énergique que possible des forces. Je recommanderais des bains froids de chaque jour, des ablutions d'eau fraîche renouvelées deux ou trois fois dans les vingt-quatre heures, suivies de vives frictions.

Il serait bon d'obtenir deux selles régulières par jour, par l'habitude des heures, et peut-être aussi par l'emploi de légers purgatifs.

Les règles que je viens de développer se déduisent avec tant de rigueur de l'observation des phénomènes principaux se rapportant à l'éliologie et aux faits matériels de la pymélurie, que j'aurais une confiance absolue dans leur application. Cette confiance s'est vérifiée. Depuis que ceci est publié, j'ai donné mes soins à plusieurs malades atteints de pymélurie, et toujours avec succès.

Il est deux autres maladies des climats torrides que M. Proust mentionne dans son hygiène, c'est l'anémie du Gabon et la maladie du sommeil.

L'anémie du Gabon peut se développer sans être la conséquence d'aucune autre maladie, et il n'est pas rare de voir des hommes qui n'ont jamais présenté les symptômes caractéristiques de la fièvre paludéenne, ou de toute autre affection endémique, dépérir progressivement et souvent très-rapidement (anémie galopante), sans qu'on puisse attribuer à autre chose qu'à une anémie essentielle le brusque changement opéré dans leur santé. Ces cas sont toujours très-graves, et il faut repatrier les malades d'urgence, car la rentrée dans les climats tempérés est la seule chance de salut (Aude).

Maladie du sommeil (hypnosie). — Cette affection est particulière aux noirs de la côte occidentale d'Afrique. Cependant M. Chasseniot dit avoir vu, en 1859, à Gorée, un mulâtre de Saint-Louis succomber à cette affection.

Depuis l'occupation du Sénégal, il était notoire, parmi les colons de Saint-Louis et de Gorée, que, chaque année, un certain nombre d'esclaves (surtout à Gorée) en étaient atteints ; on l'y nommait maladie de Gorée. C'est sur les noirs de Congo que l'hypnosie a été le plus souvent observée. M. Guérin l'a étudiée à la Martinique ; mais les hommes atteints étaient des noirs africains ayant au plus cinq à huit ans de séjour aux Antilles. Jusqu'à présent cette maladie n'a pas été vue sur les noirs nés aux Antilles et purs de tout mélange, fait qui, pour certains auteurs, semble établir son origine africaine. L'hypnosie attaque tous les âges et les deux sexes indistinctement; d'après^!. Guérin, l'âge de prédilection serait de douze à dix-huit ans; elle est relativement plus rare dans l'enfance.

Parasites. — La chaleur continue favorise le développement et la multiplication des parasites et des ferments morbides, d'où nous avons

précédemment déduit, page 193, le précepte de purilier dans les pavs chauds les eaux potables par l'ébullition suivie d'une infusion avec du thé, du café, des coques de cacao, etc. Ajoutons également la convenance de préférer l'habitation dans les lieux élevés et surtout loin des marais. Nous allons maintenant parler brièvement de quelques parasites dont on a plus à souffrir dans les pays chauds, ou qu'on trouve exclusivement dans ces contrées.

Dragoneau (ver deMédine, de Guinée, du Congo, du golfe Persique). — Ce parasite attaque l'homme, surtout dans les contrées torrides ; la maladie qu'il détermine est connue depuis plus de deux mille ans. Le ver de Médine a le volume, depuis un cheveu jusqu'à celui d'une corde à violon; il atteint depuis quelques centimètres de longueur jusqu'à

10 mètres. Il siège aux pieds, aux jambes, aux malléoles, au scrotum. Sur 181 cas, Mac Gregor en a observé 124 aux pieds, 33 aux jambes,

11 aux cuisses, 12 au scrotum. Au Sénégal, les naturels en sont souvent atteints ; ils font remonter l'origine du mal à l'imprudence d'avoir traversé les jambes nues des flaques d'eau stagnante.

J'emprunte à l'ouvrage de M. Proust la mention de plusieurs autres animaux nuisibles qui se trouvent dans les pays chauds. C'est à la Guyane que Coquerel a étudié la mouche à laquelle il a donné le nom de Luciiia hominivorax. Les accidents graves, les cas de mort produits par la présence et le développement de ses œufs dans les fosses nasales, ne sont nullement rares , surtout chez les transportés et chez ceux qui vivent au voisinage des chantiers près des bois (Auduit).

La puce pénétrante ou chique est très-fréquente en terre basse, et assez rare dans les régions plus élevées (Bonnet). Elle habite exclusivement les parties comprises dans la zone torride des deux Amériques ; elle est excessivement fréquente au Brésil, à la Guyane, au Mexique; on la rencontre aussi dans les républiques équatoriales du nouveau monde et dans les îles du golfe du Mexique. Les piqûres des scorpions de la Nouvelle-Grenade, d'après Posada-Arango, produisent, outre la douleur locale, une petite plaque érythémateuse, dure, avec un point ecchymotique au centre, un peu d'angoisse, de malaise vague, d elourdissement, et, ce qui est caractéristique, un engourdissement très-marqué de la langue, une sorte de paralysie incomplète de cet organe. Les mêmes phénomènes ont été observés à Guayaquil par S. Duran, et dans quelques cas il a noté de légères convulsions cloniques ; ordinairement les accidents disparaissent en moins de vingt-quatre heures, mais chez des personnes affaiblies et chez des enfants, la mort peut survenir.

Les médecins espagnols ont signalé dans la campagne de 1803, aux Antilles, campagne faite par des troupes acclimatées, venant de deux îles voisines, Porto-Hico et la Havane, des ulcérations multiples sur les

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