‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 182 sur 371 · CLIMATS CHAUDS. - CHALEUR CONTINUE AVEC VARIATIONS · texte numérisé non relu

CLIMATS CHAUDS. - CHALEUR CONTINUE AVEC VARIATIONS

caractérisé par le développement considérable du corps muqueux et du tissu cellulaire sous-cutané; le pigment se développe partiellement, bhez l'homme de race blanche; la maladie est le plus souvent chronique, elle peut atteindre toute la peau. J'ai vu à l'Ilôtel-Dieu, dans le service de M. Magendie, une femme qui offrait cette forme rare; ses urines étaient albumineuses. Le plus souvent ce sont les membres inférieurs qui sont déformés et qui deviennent énormes. La paroi abdominale prend parfois un développement considérable, c'est V hydropisie sèche de l'Inde. Le scrotum se développe considérablement, les grandes lèvres se tuméfient et peuvent peser de 1 à 30 kilogrammes, les mamelles peuvent descendre à la rotule. La face devient énorme. J'ai vu deux malades atteints de cette maladie, et j'ai obtenu une incontestable amélioration en les soumettant à l'entraînement du pugiliste (voy. p. 510), mais d'une façon malheureusement incomplète.

Chaleur continue avec grandes variations de température. — L'alternative des jours et des nuits détermine dans les régions intertropicales de grandes variations de température. Quand on ne sait pas s'en défendre, on est exposé à plusieurs maladies; c'est une question qui offre de l'analogie avec celle que nous traiterons bientôt sous le nom de refroidissement, grande source de maux dans nos climats tempérés. Les affections déterminées par les variations de température dans les pays

i chauds sont différentes des maladies du refroidissement, ce sont surtout des affections nerveuses redoutables, comme le tétanos, ou trèsdouloureuses, comme la colique endémique des pays chauds. N'ou-

! blions pas de rappeler que souvent la dysenterie, la diarrhée des pays chauds et les autres affections que nous avons étudiées dans le paragraphe précédent, éclatent sous l'influence des variations de température.

Tétanos. — Nous devons reconnaître que des causes très-différentes peuvent donner naissance au tétanos : l'administration à dose toxique ! des médicaments du groupe dont la strychnine est le type ; des blessures souvent peu considérables, voilà des causes de tétanos qu'on ne peut reprocher, à aucun égard, à la chaleur.

Le tétanos épidémique règne dans les contrées soumises à la continuât; de la chaleur, avec de brusques variations; il s'y présente sous ses (ormes les plus graves. Cette maladie frappe, surtout aux Antilles,

les nouveau-nés des noirs qu'on ne défend pas des variations de température.

On .i vu le tétanos apparaître épidémiquement, mais rarement, reconnaissons-le, sous l'influence d'autres causes que les variations de température. Il y aura seulement ceci de commun dans les diverses épidémies des pays chauds ou des pays froids, que les enfants étaient les plus

exposés à cette maladie. Une pareille épidémie a été observée à Milan par Ozanam, à l'hôpital des Enfants des nouvelles accouchées. La température de Milan, quoique assez élevée, ne l'est pourtant pas au point qu'on doive lui attribuer la production du tétanos, comme aux Antilles ou en Afrique. Une seconde a été observée à Dublin, pays beaucoup plus froid, par le docteur Clarkes, dans l'hôpital des Nouveau-nés. Une autre, rapportée par Weber, a existé à Ébrun , en Allemagne, et frappait les enfants de trois à cinq ans. Dans le cours d'une diarrhée plus ou moins prolongée, ces enfants étaient pris d'opistothonos; la respiration s'embarrassait, le poumon s'engouait; ils succombaient. Dans ces différents cas, le tétanos existait seul. Dans une autre épidémie qui exista, en 1 780, ou quelques années auparavant, à Noyer, en Bourgogne, et qui a été observée et décrite par Chaussier, le tétanos frappait encore les enfants : il ne pouvait être attribué, comme aux Indes, à l'influence de la température; il n'était pas unique, comme dans les cas précédents, mais il survenait dans le cours d'une inflammation gaslro-intestinale avec symptômes de méningite. Le Tétanos est une complication très-rare de ces maladies, et pourtant elles en furent constamment accompagnées dans l'épidémie de M. Chaussier. Mais rien ne fut plus remarquable dans cette épidémie que ce qu'on appelle les phénomènes critiques. Tous les enfants atteints de tétanos mouraient, à moins qu'il ne se manifestât chez eux un des trois phénomènes suivants : 1° une sécrétion très-abondante de la membrane muqueuse aérienne; 2° une sécrétion séreuse et muqueuse abondante de la membrane muqueuse intestinale; 3° une exhalation insolite de sérosité, toujours un phénomène de sécrétion dans le tissu cellulaire sous-cutané, avec éruption miliaire à la peau.

Colique nerveuse endémique des pays chauds (colique sèche, végétale, colique de Poitou, de Madrid, du Devonshire, de Malabar, des îles Caraïbes, barbiers, béribéri, névralgie du grand sympathique. — On désigne sous les noms que je viens de rappeler des maladies diverses au point de vueétiologique,mais qui présentent le caractère commun d'être déterminées ou aggravées par la continuité de la chaleur ambiante avec de brusques variations de température. Pour plusieurs de ces affections, l'étiologie est obscure ; pour d'autres, au contraire, elle est positive, grâce aux travaux persévérants de Lefebvre. Il a péremptoirement démontré que presque toutes les affections désignées sous le nom de coliques endémiques nerveuses des pays chauds, éclatant sur les vaisseaux et particulièrement sur les bateaux à vapeur, étaient des coliques saturnines. J'ai dit presque toutes , M. Lefebvre, ses élèves, et de grandes autorités, comme Crisolle, Le Roy de Méricourt, disent tout es. J'avoue que je ne saurais encore être aussi absolu. .Uadmetssans peine que pour de beaucoup le plus grand nombre de ces coliques, l'étiologie saturnine est vraie. Je me crois encore fondé à dire que la colique rcgelale,

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