‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 183 sur 371 · CLIMATS CHAUDS. — COLÏQ. DES PAYS CHAUDS^ACCLIMATEM · texte numérisé non relu

CLIMATS CHAUDS. — COLÏQ. DES PAYS CHAUDS^ACCLIMATEM

la colique de Poitou, la colique du Devonshire, la colique de Madrid, étaient aussi déterminées par une intoxication saturnine; mais les observations de Lind nous montrent d'une façon trop précise l'influence de la continuité de la chaleur avec de brusques variations de température pour ne pas reconnaître l'influence prédominante de ces causes pour produire la maïadie désignée sous le nom de barbiers. Ce sont les matelots qui dormaient sur le pont à la période de refroidissement, qui : surtout étaient atteints ; près de la côte, les naturels du pays, soumis , aux mêmes causes, ressentaient les mêmes effets. Lind nous apprend qu'en s éloignant de la côte, et qu'en pleine mer, où l'influence des vents frais des montagnes ne se faisait plus sentir, le rétablissement i des hommes de l'équipage fut très-rapide. La température égale de la mer fut plus puissante que tous les remèdes ; ce qui est très-remarquable, i c'est que la continuité de la température élevée avec ces brusques varial tions contribue puissamment à faire éclater les accidents de l'intoxica- ! tion saturnine. On ne saurait nier qu'ils sont beaucoup plus communs i chez les navigateurs des régions intertropicales que chez ceux qui vont i à la pêche de la morue ou qui naviguent dans les contrées du nord. — I Les fièvres intermittentes antérieures favorisent également l'évolution i de ces accidents. Dans l'épidémie de colique sèche, si bien observée sur I les côtes d'Afrique par M. Fonssagrives, celte influence maremmatique ; était incontestable. En considérant que les gencives des malades obseri vées par cet éminent clinicien étaient pâles, rétractées, sans lésion; que la constipation n'était ni constante, ni opiniâtre ; que le plomb n'a pas été retrouvé dans les excrétions, on peut admettre que cette épidémie de coliques sèches a été déterminée par la continuité de la chaleur avec de brusques variations chez des hommes prédisposés par des atteintes de fièvres des marais.

La règle hygiénique qui ressort de cette discussion, c'est que pour prévenir le tétanos, la colique endémique nerveuse des pays, il faut éviter d'exposer le corps nu, surtout pendant le sommeil, aux brusques variations de température ; les vêtements de flanelle rendent de grands i services dans ces conditions.

Acclimatement dans les pays chauds. — L'acclimatement des habitants des Etats septentrionaux ou tempérés de l'Europe dans les pays intertropicaux, présente de grandes difficultés, mais n'est pas impossible, quoi qu'en aient dit plusieurs auteurs distingués, si l'on se conforme rigoureusement aux préceptes de l'hygiène basés sur l'étiologie, que nous allons rapidement esquisser.

1° Il importe par-dessus tout d'éviter les localités maremmatiques. Nous reviendrons sur ce grand sujet en traitant de l'histoire des marais. Ces localités doivent surtout être évitées si, aux affections qui cèdent au

(|uinquina, vient se joindre une des deux redoutables maladies spécifiques, choléra asiatique, fièvre jaune d'Amérique.

2° Il ne faut être ni trop routinier pour suivre rigoureusement l hvgiène qui réussit en Europe, ni partisan de théories que l'observation n'a pas contrôlées. Il convient de modeler sa manière de vivre sur celle des naturels du pays, en choisissant ses types parmi ceux qui vivent bien portants et qui ont atteint sans infirmités une verte vieillesse. Bien entendu qu'il faut rationnellement perfectionner l'hygiène suivie dans ces contrées. Auprès de tous mes jeunes confrères qui prenaient part à l'expédition de la Chine, j'ai insisté sur ce précepte trop négligé, d'étudier les habitudes locales.

La première règle, au point de vue de l'hygiène alimentaire, c'est l'indication d'une grande sobriété. Les substances qui réussissent le mieux sont les féculents, et en première ligne le riz (voy. p. 244), les fruits (p. 267), les herbes alimentaires (p. 273) ; pour les travailleurs, il convient de faire intervenir dans l'alimentation une quantité suffisante de viandes maigres. Éviter les viandes grasses et particulièrement celles du porc (voy. p. 215) ; peu ou pas d'alcooliques (p. 2%) autres que le vin de Bourgogne, de Bordeaux ou de Saint-Raphaël, en petite quantité (voy. p. 322) ; pour hoisson ordinaire le café ou le thé léger (voy. p. 360, 193).

Deux selles régulières chaque jour sont absolument indiquées ; il est de la plus grande importance d'éviter la constipation (voy. p. 4-77 . et Fonctions du foie).

Pour activer la dépense, lotions froides, bains de mer, procédés divers de l'hydrothérapie (p. 451 et suiv.). Eviter les changements hrusques de température, et pour cela recourir à l'emploi de la flanelle, pour amoindrir rinllucnce des variations diurnes et nocturnes de la chaleur. Exercer les forces ; un travail modéré de chaque jour est indispensable (voy. p. 501, 502). Ne jamais négliger le travail intellectuel, s'y livrer après la stimulation produite par le café. En suivant rigoureusement la conduite hygiénique que je viens d'indiquer, je suis convaincu qu'un Européen pourra facilement s'acclimater dans les pays intertropicaux.

Froid. — Les divisions que j'ai établies pour grouper les questions hygiéniques se rapportant au froid, sont à peu près les mêmes que celles que j'ai suivies pour l'étude de la chaleur, .le considère successivement, I ' le froid excessif-, 2° l'insuflisance ou l'irrégularité de résistance au froid continu; 3° le froid continu agissant principalement à la périphérie; 4° le refroidissement. Ces divisions sont indispensables Nous verrons qu'elles se rapportent à des modifications pathogéniques absolument différentes, qu'il importe de distinguer si l'on veut introduire de la clarté dans ces études, entourées de grandes difficultés.

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