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ATMOSPHÈRE

en présence de ces maladies contagieuses que l'air nous apporte, nous connaissons beaucoup mieux ce qu'il importe de l'aire pour prévenir les maux considérables qui peuvent suivre un emploi mal réglé de la chaleur ou des agents de calorification.

Commençons par faire l'énumération des principales substances qui entrent dans la composition de l'atmosphère. On peut dire d'une manière générale que l'air consiste essentiellement en un mélange de gaz oxygène, de gaz azote, de gaz acide carbonique et de vapeur d'eau, mais il est encore "d'autres principes qui interviennent dans sa composition pour de très petites quantités ou accidentellement, et qui ont une grande importance en hygiène.

Le gaz oxygène, d'après les analyses de MM. Dumas et Boussingault, entre dans la composition de l'air pour 23,01 pour 100 en poids, et 20,81 en volume; l'air de la mer, d'après les analyses de M. Lévy, contient 22,j3 d'oxygène en poids.

Le gaz azote intervient dans la composition de l'air pour 76,99 en poids et 79,19 en volume.

Le gaz acide carbonique n'existe dans l'air qu'en proportion très petite. On l'évaluait à 3 à 6 dix-millièmes, proportion qui varie avant ou après la pluie, dans les villes populeuses et dans les campagnes, sur la mer et sur la terre; ces variations tiennent à sa solubilité dans l'eau. D'après les observations recueillies à Montsouris, les variations de volume de gaz acide carbonique, quoique appréciables d'un jour à l'autre, sont cependant assez faibles. La moyenne de l'année météorologique 1877-1878 a donné 32lil,7 de gaz pour 100 mètres cubes d'air {Annuaire de l 'observatoire de Montsouris).

D'expériences très délicates, poursuivies avec une rare persévérance, M. Reizet conclut que l'air contient en volume 29,78 pour 100000 d'acide carbonique à la station des champs. Les plus grandes différences observées n'atteignent que les cent -millièmes. L'air recueilli la nuit contient plus d'acide carbonique, 28,91 pour le jour, et 30,84 pour la nuit (G. R. Acad. se, 17 mai 1880).

La vapeur d'eau se trouve dans l'atmosphère en proportion qui varie d'après la température et l'état de saturation. On l'estime de 0,0166 à 0,0033. Cette vapeur d'eau dans l'air est indispensable à l'existence de tous les êtres vivants.

Le carbonate d'ammoniaque se trouve dans l'air en quantité très petite et nécessairement aussi très variable. Saussure en a, le premier, constaté l'existence en s'assurantque du sulfate acide d'alumine exposé à l'air s'y transformait partiellement eu alun ammoniacal. Le carbonate d'ammoniaque contenu dans l'air paraît remplir un rôle important dans la nutrition des plantes, sinon directement au moins indirectement, étant amené au sol par les pluies et transformé en nitrate par

l'action combinée de l'oxygène des corps poreux et d'un ferment organisé et vivant.

Depuis longtemps on admettait l'existence de l'acide azotique dans l'air à la suite des orages ; les expériences de M. Barrai sur la composition de l'eau pluviale ont démontré que la présence de l'acide azotique dans cette eau était plus constante qu'on ne le supposait. Schonbein a ^démontré l'existence dans l'air de l'azotite d'ammoniaque.

De l'hydrogène protocarboné se dégage constamment pendant les chaleurs de l'été de toutes les masses d'eau stagnantes qui recouvrent des matières végétales en décomposition; l'atmosphère doit donc contenir des proportions variables de ce gaz et certainement aussi d'oxyde de carbone qui s'y trouve versé par tant de sources. Il n'est pas douteux que ila présence de ces gaz et du dernier surtout ne puisse avoir sur la santé une notable influence quand les quantités en sont appréciables. Je reviendrai plus loin sur ces questions.

Malgré sa facile destructibilité sous diverses influences, le gaz sulfhydrique est versé dans l'atmosphère par trop de sources pour qu'on ne puisse y admettre la constance d'une quantité infiniment petite de ce gaz, qui peut avoir une influence considérable dans l'harmonie des phénomènes de la vie. Le soufre, qui se trouve toujours dans les matières albuminoïdes des végétaux, peut provenir sans doute de la réduction du sulfate de chaux qui se trouve presque partout dans le sol ; mais on peut admettre aussi la diffusion de traces de gaz sulfhydrique qui par la continuité d'action peuvent, sinon suffire, au moins intervenir heureusement dans la formation de ces matières azotées qui constitue nt les premiers rudiments de la matière organisée vivante.

Daniell a démontré l'existence de l'hydrogène sulfuré dans les localités où les effluves des marais se produisent avec intensité.

M. Chatin a exécuté de très nombreuses et remarquables expériences pour établir que l'atmosphère, presque partout au moins, contient de l'iode. On comprend sans peine que les iodures terreux de calcium, de magnésium, en se décomposant sous l'influence de l'acide carbonique,! fournissentde l'iode à l'atmosphère. On comprend aussi que cette quantité soit variable suivant une foule de conditions qu'il est inutile d'énumérerj mais ce que l'on ne doit admettre qu'avec une extrême réserve, c'esj l'influence qu'attribue M. Chatin à l'iode d'être indispensable à la constitution de l'homme, et à attribuer uniquement à son absence la cause du goitre et du crétinisme. Nous allons présenter l'indication rapide des quantités des principales substances dont l'existence a été signalée dans l'air.

Dans un mètre cube d'air pesant 1288Pr,i70î on trouve en poids:oxygène, 294<?r,915 (â06"l,â7); azote, 085^,903 (781"',92); vnpeuj d'eau, 6er,757 acide carbonique, 0,811 (0'i»,i1). L'oxygène et l'azote

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