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POUSSIÈRES DE L'ATMOSPHÈRE

forment les 99 1/2 centièmes de l'atmosphère; sur le 1/2 centième 3Omplémentaire9/10 sont de la vapeur d'eau; le reste est de l'acide carbonique et des produits divers dont nous avons ou dont nous allons parler.

Un million de kilogrammes d'air contient 23e,-,3 d'ammoniaque (A. Lévy, Observatoire de Montsouris). Certains brouillards contenaient 10mill,ll d'acide azotique par litre.

Poussières inorganiques de l'air entraînées par Veau (Is. Pierre). — 1 hectare de terre recevant annuellement 6 millions de kilogramme de pluie, reçoit 147 kilogrammes des corps suivants : chlorure de sodium, 37kil,5; chlorure de potassium, 8kil, 2 ; chlorure de magnésium, i)kil,5; chlorure de calcium, lkil,8; sulfate de chaux, 6kil,2; sulfate de magnésie, 5kil,9.

Près de la surface de la terre l'air contient des poussières les plus variées, comme nous le verrons bientôt.

Lorsqu'un faisceau de lumière solaire traverse une chambre obscure, il annonce sa présence et indique sa trace en illuminant les poussières qui flottent dans l'air. Le soleil, dit Daniel Gulverwel, nous révèle des atomes que la lumière d'une lampe est impuissante à nous faire apercevoir; il nous les montre clairement tourbillonnant au sein de ses rayons.

L'air de nos appartements est comme saturé de poussières organiques. Un rayon lumineux d'une intensité suffisante donne à cet air dans lequel elles flottent l'apparence d'un corps demi-solide bien plutôt que d'un gaz. Nul ne pourrait, sans éprouver d'abord une vive répugnance, placer sa bouche au foyer illuminé du faisceau électrique et inhaler les poussières dont il révèle l'existence. Heureusement que pour la plus grande masse ces poussières sont absolument inoffensives.

Les poussières de V atmosphère contiennent les matières diverses provenant des matériaux inorganiques, des volcans, de la terre, de l'industrie des habitants, des germes animés, sporules de mucédinées, microbes divers moteurs des fermentations putrides, ferments déterminant les lièvres intermittentes, microbes des maladies contagieuses (variole, scarlatine, rougeole, fièvre typhoïde, etc. Ces substances, qui n'interviennent dans la composition des poussières de l'air que pour des quantités infiniment petites, et qui, dans bien des conditions, y font défaut, sont cependant celles qui nous intéressent le plus au point de vue de l'hygiène. Comment peut-on recueillir et étudier ces produits qui ont une si grande influence sur la santé de l'homme? Les premiers essais ont consisté à placer de grands ballons remplis de glace dans les lieux où l'on voulait recueillir les pousières de l'air, la vapeur d'eau, en se con densant, entraînait les poussières qu'on examinait dans le liquide recueilli.

Voici le procédé adopté à Montsouris. Si l'on fait passer un grand volume d'air à travers un tube de verre contenant sur une longueur de

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1 centimètre une bourre de coton-poudre et qu'on dissolve ensuite ce coton dans un mélange d'alcool et d'élher placé dans un petit tube, toutes les poussières se rassemblent au fond de ce tube. Ce résidu examiné au microscope accuse la présence de corpuscules organisés, visibles sur la ligure ci-dessous qui représente, sous un grossissement de 500 diamètres, les fructifications eryptogamiques qui flottent dans 1 air de Paris. Cette figure a été dessinée par M. Miquel.

Dans une note publiée dans \* Annuaire de l'observatoire de Montsouris pour 1879, M. Miquel a fait l'histoire des travaux entrepris sur l'analyse microscopique de l'air et donné quelques-uns des résultats qu'il a obtenus lui-même. 11 a depuis publié une note sur ce sujet dans les Comptes rendus de VAcadém ie des sciences du 20juillct 1 880 : « Le chiffre des bactéries atmosphériques, très faible en hiver, croit au printemps, se montre élevé en été et en automne, puis baisse rapidement pendant les frimas, loi également applicable aux spores des champignons: mai

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tandis que les graines des moisissures sont abondantes pendant les périodes humilies, le chiffre des bactéries aériennes devient alors très faible et ne s'élève de nouveau que lorsque la sécheresse envahit le sol précisément à Vinslant où les spores de moisissures se font rares ; si bien qu'aux maxima des microbes-moisissures correspondent les minima des microbes-bactéries, et réciproquement.

« L'intérêt qui s'attache, dit M. Miquel, à l'élude des bactéries, agents présumés des maladies infectieuses, m'a conduit à rapprocher du nombre des décès causés à Paris par cette classe de maladies, le chiffre des bactéries présentes dans l'atmosphère. De celte comparaison étendue du mois de décembre 1879 au mois de juin 1880, il résulte que toute recrudescence de bactéries aériennes est suivie à huit jours d'intervalle d'une recrudescence de décès par les maladies dites contagieuses et épidémiques. Peut-être s'agit-il ici d'une simple coïncidence; aussi tout en signalant cette relation, du moins étrange, j'attendrai, avant de me prononcer définitivement sur ce sujet, qu'une suite ininterrompue de recherches vienne l'affirmer avec la dernière évidence. J'ajouterai cependant que, si, comme on le prétend, les maladies zymoliques ont pour première cause l'infection de notre organisme par des ferments figurés, telluriques ou miasmatiques, ce sera pendant les temps secs que ces germes morbides seront le plus abondamment répandus autour de nous.

» Contrairement à l'opinion de plusieurs auteurs, la vapeur d'eau qui s'élève du sol, des fleuves et des masses en pleine putréfaction est toujours micrographiquement pure: les gaz qui proviennent des matières ensevelies en voie de décomposition, sont toujours exempts de bactéries ; l'air impur lui-même qu'on dirige à travers des viandes putréfiées, loin de se charger de microbes, se purifie entièrement, à la seule condition que le filtre infect et putride soit dans un état d'humidité comparable à celui de la terre puisée à 0m,30 de la surface du sol. »

Les questions qui se rapportent à l'air au point de vue de l'hygiène sont aussi nombreuses qu'importantes. On étudie d'abord les propriétés physiques de l'atmosphère, tout ce qui tient à la pression et aux mouvements. L'hygiéniste a ensuite à se préoccuper des modifications de propriétés et de proportions des principes normaux, de l'action de chacun de ces gaz, puis il aborde l'étude des principes accidentels chimiquement définis, puis celle des principes non chimiquement définis, appréciables seulement par leurs effets pathogéniques. On rattache encore directement aux altérations de l'air tout ce qui est compris sous la désignation collective d'encombrement. Il importe, comme cela a été démontré par les études nouvelles sur l'hygiène des hôpitaux, de distinguer avec le plus grand soin l'encombrement d'hommes ou d'animaux sains, de l'encombrement des hommes ou des animaux malades. Des

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applications do ces principes se rencontrent dans l'hygiène générale, lorsqu'on traite des habitations privées, des manufactures, des mines, des hôpitaux, des salles de spectacle, etc.

Nous ne traiterons dans cette première division que des propriétés physiques de l'atmosphère et de ses deux principes dominants. Les autres questions seront rangées dans le groupe des substances nuisibles.

Pression. — De nombreuses observations ont été recueillies, se rapportant directement ou indirectement à l'influence de la pression atmosphérique sur la santé de l'homme. Reconnaissons cependant que, dans les faits observés, l'action est complexe : outre celle de la pression, celle de la raréfaction ou delà condensation du gaz oxygène, celle de la température, etc., y interviennent.

Les questions se rapportant à la pression atmosphérique intéressent l'hygiène, pour les ascensions en ballon, pour les voyages hygiéniques et thérapeutiques dans les pays de montagnes, pour plusieurs travaux de mines ou de construction de piles de pont (1). L'homme peut vivre à des pressions très différentes; ses appareils organiques s'harmonisent, mais les brusques changements sont toujours à redouter. Le corps d'un homme de stature moyenne, présentant une surface de 17 000 centimètres carrés, supporte une pression de 17 570 kilogrammes. Si nous ne sommes pas écrasés par ce poids considérable, cela tient à ce que les fluides élastiques renfermés dans notre corps exercent de dedans en dehors une pression égale à la pression atmosphérique, et surtout à ce que l'incompressibilité à peu près absolue de nos tissus nous épargne un écrasement ou une dilatation également redoutables.

Une diminution de 1 centimètre, par exemple, dans la hauteur de la colonne barométrique, indique une diminution de pression sur notre oorps égale à 231 kilogrammes : il est facile de comprendre que, dans une foule de circonstances, cette diminution brusque ou, au contraire, dans l'hypothèse inverse, une augmentation brusque de pression puis>< déterminer chez l'homme des accidents graves.

Voici l'indication des pressions atmosphériques dans divers lieux. Bords de la mer, 760 millimètres; Paris, 756; Madrid, 705; Mexico,

(1) Lepileur, Mémoire sur les phénomènes physiologiques que l'on observe en s' élevant à une certaine hauteur datis les Alpes (Revue médic., 1845). — Barrai et Bixio, Journal d'un voyage aérostatique fait le il juillet 1850 (Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXXI). — G. Tissandicr, Ascension du Zénit (Compt. rend., Acad. se, 26 avril 1875). Guilbcrt, Sarroche ou mal de la montagne; de la phthisie dans ses rapports avec l'altitude et avec les races au Pérou et en Bolivie (Thèse de Parus, 1862, n" 162) ; excellent travail. — Jourdannet, Influence de la pression de l'air sur la vie humaine, 2» édition. Note sur l'anémie dans ses rapports avec Valtitude (Acad. méd. 16 mars 1862). — Lombard, Le climat de montagne au point de vue médical. Genève, 1858, in-18. Climatologie médic , 4 vol., 1880. — Paul Bert, La pression barométrique, Recherches de physiologie expérimentale, vol. fft in-8* de viii-1 1 68 piges Paris.

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