EFFETS DE L'AUGMENTATION DK PRESSION
Circulation. M. Tabarié a observé que le pouls des personnes soumises à l'influence de l'air comprimé était plein et que sa fréquence diminuait de 10 à 20 pulsations. .Pravas a confirmé ces observations et il a vu que chez certains individus le pouls pouvait diminuer de deux cinquièmes en fréquence. Dans l'appareil on éprouve une sensation de froid. — ïnnervaliùn. Pravas a noté une légère excitation encéphalique à la suite du séjour dans un appareil à air comprimé; on y éprouve un remarquable sentiment de légèreté. M. Triger a fait la remarque intéressante que des douleurs d'oreilles apparaissent souvent par suite du séjour dans l'air comprimé à trois atmosphères, ces douleurs disparaissent par la déglutition de l'air, quelques sourds entendent, chez d'autres individus la surdité survient; les ouvriers parlent du nez, ils ne peuvent siffler. — Motililê. Dans l'air comprimé, les mouvements sont faciles, ils peuvent être énergiques et relativement en causant moins de fatigue qu'à Pair libre. M. Triger a fait l'observation intéressante que sous l'influence d'un séjour de sept heures dans de l'air comprimé à trois atmosphères, des douleurs articulaires apparaissaient fréquemment dans les muscles et les articulations qui ont le plus travaillé. On a observé, à la suite de travaux trop prolongés dans Pair comprimé, des paralysies dans les membres inférieurs, souvent persistantes. Un des ettèts les plus ordinaires de la compression de Pair sont des démangeaisons atroces que les ouvriers appellent puces. Des cas de mort subite ont été signalés chez les ouvriers qui travaillaient dans Pair comprimé. Ces effets terribles ne sont pas dus à la compression; d'après M. P. Bert, on les observa à une faible pression dans une atmosphère d'oxygène, et ils ne se manifestent pas dans un air comprimé à 20 atmosphères si cet air est pauvre en oxygène. C'est donc l'oxygène qu'il faut incriminer; c'est lui qui tue à dose trop élevée, en arrêtant les oxydations intra-organiques. Ainsi, les ouvriers qui travaillent dans un air comprimé pourront, selon P. Bert, vivre sans danger si on leur fournit, au lieu d'air pur, un mélange d'air et d'azote calculé de manière que la pression de l'oxygène ne dépasse pas un niveau suffisamment bas.
Nous ajouterons que ce n'est pas l'excès seul de pression qui constitue un danger, mais le retour brusque à la pression normale. C'est donc surtout la décompression qui peut être fatale. Voici ce qui arrive dans ce cas : « L'animal en respirant dans l'air comprimé a chargé son sang d'air. On le ramène à la pression normale; aussitôt les gaz dont il était sursaturé ont repassé à l'état libre: c'est une bouteille de bière que l'on débouche. L'oxygène, lui, se combine sur place; mais l'azote redevient libre aussitôt et entraîne de l'acide carbonique en se dégageant. La mort s'explique aisément par arrêt de la circulation. »
Dans les travaux où l'on emploie l'air comprimé il convient d'augmenter la capacité des caissons où travaillent les ouvriers ; il convient aussi de préférer la lumière électrique pour éclairer les caissons. Tous les observateurs s'accordent à ne signaler comme périlleux que le moment du retour à l'air libre, et ce danger consiste dans une congestion violente; c'est vers la peau que, d'après Foley, se fait sentir le premier effet du choc en retour qui succède à la décompression du système circulatoire; tendance heureuse qu'il convient de favoriser en activant la diaphorèse ; aussi repousse-t-il les allusions froides conseillées par François contre les douleurs articulaires et musculaires. Le plus sûr moyen de prévenir ou d'atténuer ces troubles et ces accidents est de graduer la décom pression , de la rendre d'autant moins prom pte qu'elle a été plus forte; Foley trouve qu'un travail de huit heures par jour en deux séances, sous une forte pression, dépasse la durée hygiénique, et il limite à six heures la période totale du séjour des ouvriers dans les tubes. C'est entre dix-huit et vingt-cinq ans qu'ils supportent le mieux l'air comprimé ; les lympathiques et les scrofuleux s'y adaptent plus facilement et en profitent ; les sanguins, les congestionnés, les gens à lésions cardiaques et vasculaires, y sont compromis. Il faut y entrer avec des vêtements chauds pour s'en couvrir au moment de l'éclusement, inutile de se bourrer les oreilles de coton ; les douleurs d'oreilles cèdent à l'instillation de l'huile de jusquiame, la surdité à celle de l'élher sulfurique, les myodynies et les arlhralgies aux sudations.
D'après M. P. Bert, les animaux maintenus dans des vases clos y périssent par empoisonnement dû à l'acide carbonique, si l'air contenu dans les vases esta une pression supérieure à deux atmosphères ; et par asphyxie ou privation d'oxygène, lorsque la pression est inférieure à une atmosphère. Lorsque dans une atmosphère suroxygénée on porte la pression à quatre ou cinq atmosphères, l'animal éprouve une série de convulsions et périt assez promptement. L'oxygène, lorsque sa proportion dans le sang est augmentée d'une manière notable, se comporte donc comme un poison.
Chez les animaux empoisonnés par l'oxygène la température s'abaisse. Nous avons vu (pag. 708) que lorsque la pression était considérablement diminuée, les inhalations de gaz oxygène étaient très utiles pour combattre les accidents déterminés par cette grande diminution de pression.
Effets thérapeutiques. — Il y a tout lieu de croire que l'augmentation de la pression de l'air peut rendre de grands services dans plusieurs maladies et peut-être dans quelques imminences morbides; c'est un sujet intéressant, digne d'études. J'ai toujours été surpris que ce puissant modificateur hygiénique ne puisse être commodément mis en œuvre
BAIN D'AIR COMPRIMÉ. - VENTS. 715 à Paris. Depuis quelque temps, M. le docteur Fontaine a heureusement comblé cette lacune thérapeutique. M. Pravas à Lyon, MM. Berlin et Tabarié à Montpellier ont publié des études cliniques sur remploi et leseffets du bain d'air co/z/pr/'/^dansletraitement dediverses maladies, et M. Fontaine d'intéressantes observations. Il ressort de ces travaux que c'est surtout dans les maladies de l'appareil respiratoire qu'on peut y avoir recours; on a publié plusieurs observations de phlhisiques et d'asthamatiques améliorés par ce moyen ; de malades aiïectés de coqueluche, d'emphysème pulmonaire, de bronchite, d'anginechronique, plus promptement guéris; on a vantécette méthode dans des cas d'hypertrophie du cœur, et pour ranimer l'énergie du mouvement vital dans l'anémie, la chlorose, les scrofules, le mal de Pott. Je prescrirais très volontiers le bain d'air comprimé aux glycosuriques et aux albuminuriques qui éprouveraient, comme cela est assez fréquent, de la gêne dans l'acte de la respiration; M. Fontaine assure qu'il est d'une grande efficacité dans la surdité catarrhale.
La pression atmosphérique, plus élevée au bord de la mer, est une des causes qui rendent dans certaines conditions le séjour sur le littoral bien abrité des mers de nos côtes méridionales, favorable aux phlhisiques, aux asthmatiques, aux prédisposés à la récidive des bronchites, à certains glycosuriques.
De l'influence hygiénique des vents ou de l'air en mouvement. — Les vents doivent être considérés comme des causes importantes de maladies, en transmettant des miasmes ou des effluves, et en déterminant de brusques variations de température ; les phénomènes qui peuvent leur donner naissance sont assez nombreux. Nous pourrions rappeler ici la rotation de la terre, les influences lunaires, les répulsions et les attractions électriques, la formation ou la condensation instantanée de grandes niasses de vapeurs d'eau, et surtout les brusques variations de température.
Vitesse et direction des vents. — La vitesse des vents se mesure a l'aide d'instruments auxquels on a donné le nom d'anémomètres, le plus perfectionné d'entre eux est celui de M. Combes. La direction des vents est rapportée aux quatre points cardinaux qu'on divise habituellement en huit et sont ainsi N., N. E.,E. S., E. S. , S. 0., 0., N. 0. Pour obtenirune précision plus grande on divise la circonférence en degrés. On donne le nom de vents alizés à des vents constants qui soufflent pendant toute l'année dans la même direction dans les régions équatoriales sur le grand Océan etsur 1 océan Atlantique. On nomme vents périodiques ou moussons les vents qui soufflent régulièrementdansunedirection donnée pendant un certain nombre de mois. Dans les latitudes moyennes dans nos contrées, les vents sont variables. Kaemls a dressé le tableau suivant in-
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