VENTS
cliquant la fréquence relative des différents vents dans plusieurs contrées :
Angleterre 82 111 99 81 111 225 171 120
France et l>ays-B:is 12G 140 84 70 117 192 155 110
Allemagne 8i 98 119 87 97 185 198 131
Danemark 05 98 100 129 92 198 161 156
Suède 102 104 80 110 128 210 159 106
Russie et Hongrie 99 191 84130 98 143 166 192
Amérique du Nord 96 116 49 108 123 197 101 210
M. Fournet, en divisant la France en trois régions, établit ainsi la fréquence des vents dans chacune d'elles :
4° La région atlantique, qui comprend le centre, le N. E.,leN. et l'O. de la France, et où prédomine le vent S. 0. ; 2' le bassin du Rhône, où prédomine le vent du nord ; 3° la région méditerranéenne subdivisée en partie occidentale, où prédominent les vents d'O. à l'E.; et i°la partie orientale, où souffle le vent N.-0.
Action mécanique. — Le contraste, la violence de certains vents produisent des phénomènes redoutables.
Température. — Les vents sur lesquels l'hygiéniste doit porter son attention se distinguent en vents chauds et froids. Les vents chauds, dans nos climats tempérés, n'ont pas habituellement de grands inconvénients; ils font respirer un air moins dense et procurent, en conséquence, un peu de dyspnée, que vient encore presque toujours augmenter l'existence simultanée d'une grande quantité d'électricité dans l'air. Les principaux vents chauds du Midi sont: le simoun, chamsin en Egypte, vent brûlant du désert, soufflant pendant cinquante jours, delà (in d'avril à juin. 11 fait quelquefois monter le thermomètre à l'ombre jusqu'à 50°. Le sirocco d'Italie, vent S. E. qui vient d'Afrique après avoir traversé la Méditerranée. 11 est très chaud et très humide. Le simoun entraîne avec lui une quantité considérable de poussière et de sable très lin qui obscurcissent l'atmosphère. Quand il souffle, les individus qui sont exposés à son influence ont la peau sèche et rugueuse, leur soif est ardente et leur respiration accélérée. L'action de ce vent et de ce sable ainsi entraîné détermine souvent des ophthalmies très graves ; quelquefois l'asphyxie en est la conséquence. Dans d'autres cas, lorsque ce vent est très violent, on a vu des caravanes entières englouties sous les montagnes de sable qu'il avait soulevées. Les Arabes se couvrent la ligure pour que le sable n'entre ni dans la bouche ni dans les yeux; les Perses s'enduisent le corps de boue humide, et les Africains, de graisse, alin d'empêcher l'évaporation d'être trop rapide. Le sirocco d'Italie est très chaud, et a pu tuer des animaux en une demi-heure. Quand il souffle, les habitants restent chez eux, les portes et les fenêtres calfeutrées. Vents froids.— On donne, dans la vallée du Rhône, le nom de mistral
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à un vcaf violent ef froid, qu'il importe d'éviter quand on est sous l'influence de la misère physiologique. Il convient d'éviter de même dans nos contrées le vent du nord et ecluidunord-est; vents secs etfroids, qui baignant le corps en sueur le glacent, et déterminent bien souvent les maladies du refroidissement non suivi de réaction dont nous avons parlé p. 689.
Azote. — J'ai déjà traité de l'azote p. 5, j'y renvoie. Les propriétés si éminemment passives de ce gaz lui font jouer par sa masse un rôle important dans les phénomènes de la respiration, mais sa parfaite innocuité est la raison pour laquelle son histoire hygiénique doit être bien courte. Les combinaisons oxygénées d'azote qui existent dans l'air, et plus encore l'azote ammoniacal, jouent un rôle important dans la vie des plantes. Selon A. Lévy (Compt rend. Acad. se, 12 juillet 1880), c'est dans la saison chaude que les eaux qui alimentent Paris, contiennent le moins d'ammoniaque (CK'',21 d'azote ammoniacal par litre). C'est en décembre qu'apparaît le maximum 0msr,'27. Au contraire, c'est dans la saison chaude que l'azote ammoniacal paraît plus abondant dans l'air pour 100 mètres cubes d'air on obtient en hiver la moyenne de lmer,68 et en été 2^,0$.
Oxygène. — J'ai indiqué page 54 les étals divers sous lesquels l'oxygène existe dans les êtres organisés. Quand la quantité de gaz oxygène diminue dans un espace exactement clos, des accidents apparaissent par le fait de celte diminution. Nous reviendrons sur celle question en parlant de l'air confiné.
Il est nécessaire dans quelques maladies (voy. p. 607) de faire pratiquer des inspirations d'un air plus riche en oxygène. Quand on inhale i du gaz l'oxygène pur, les combustions respiratoires sont d'abord activées, mais peu à peu les poumons s'adaptent, les inspirations se ralentissent Si par compression on en introduit un excès dans le sang, il agit alors comme un gaz toxique et non en augmentant les combustions respiratoires, puisque la température des animaux soumis à l'expérience s'abaisse. Les expériences nombreuses de M. P. Bert mettent hors de doute ce résultat aussi important qu'inattendu.
Les inhalai ions d'oxygène peuvent être utiles dans les cas d'asphyxie, de syncope, dans les empoisonnements qui déterminent une insuffisance respiratoire, dans le choléra asiatique, dans l'engouement pulmonaire si grave de la glycosurie. Dans toutes ces conditions, il importe par-dessus tout d'agir promptement. Hatin a employé avec succès les inhalations d'oxygène dans les suffocations asphyxiques des phthisiques; on les a vantées dans l'albuminurie. Je dois reconnaître que jusqu'ici ces applications ne sont pas entrées dans la pratique courante ; plusieurs médecins ont prescrit les inhalations d'oxygène dans la gly-
cosuriei je préfère la gymnastique, qui est l'occasion facile de l'introduction d'une plus grande quantité d'air dans les poumons. N'oublions pas que, lorsqu'on voudra s'exposer à respirer de l'air très raréfié en montant sur les montagnes très élevées ou dans un ballon, on devra, suivant l'excellent conseil de M. P. Bert, se munir de récipients remplis de gaz oxygène.
Ozone. — On désigne sous ce nom un état allotropique de l'oxygène. La question de l'ozone a certainement une grande importance en hygiène, mais elle est embarrassée de faits confus et mal observés. Sous le point de vue de la philosophie naturelle, un grand nombre d'observations qui se rapportent à cette étude, paraissent démontrer que la plupart des corps simples peuvent présenter, pour chacun d'eux, des propriétés dissemblables dans des conditions données, et que c'est surtout dans le moment qui précède les combinaisons avec d'autres corps que ces propriétés se révèlent. Pour en revenir aux études hygiéniques qui se rapportent à l'ozone, nous dirons qu'elles paraissent présenter à l'hygiène un double intérêt. L'ozone en excès dans l'air peut, disaiton, être cause de maladie; quand il fait absolument défaut, certaines matières organiques nuisibles, qui sont incompatibles avec cet oxygène actif, peuvent alors se rencontrer dans l'atmosphère. Dès 1785, Van Marum disait que de l'oxygène électrisé prenait une odeur spéciale; mais c'est Schœnbein, l'inventeur du coton-poudre qui doit être regardé comme l'auteur de la découverte de l'ozone (1). En 1840, il annonça que l'oxygène dégagé de l'eau qu'on fait traverser par un courant électrique faible à basse température, possède une odeur très forte, en même temps qu'il jouit de propriétés spéciales. Il reconnut aussi que l'eau acidulée donnait de l'oxygène très odorant, tandis que la présence de matières oxydables empêchait le phénomène de se produire. Quelques années plus tard, il parvint a obtenir de nouveau cette odeur particulière en faisant agir le phosphore sur l'air humide à une température inférieure à -f- 25°. M. Schœnbein donna à ce nouveau corps le nom d'ozone (oÇcr», puer), qui rappelait une propriété physique des plus saillantes de ce gaz et ne préjugeait rien sur sa nature. Bientôt cependant il avança que ce corps était du peroxyde d'hydrogène. En 1845, M. Schœnbein découvrit qu'il se produit de l'ozone dans la combustion lente de l'éther. Dans la même année, MM. Marignac et de
(1) Scheenbcin, un grand nombre de mémoires et de notes dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences et dans les Annota de chimie et de physique. — Frciuy et Ed. Becquerel, Recherches électro-chimiques sur ro.rygène électrisé [Annales de chimie et de physique, 3« série, t. XXXV, p. 63, 105). — Scouttetten, L'osone, Melx, 1856, in-lï. — Desplats, De l'oione (Thèses de Paris, 1857, n* 175). — Nombreux articles, depuis 1854, de liôckel (Gai. méd. de Strasbourg). — Mémoires de MM. Marignac, Wolf, Bcngny, ttoitfeau, Ckics, Bincau, dans les Comptes rendus de l'Académie des sciences depuis ÏhôÛ. Paul Marié, De l'owne, thèse. Paris, 1880.