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OZONE

La Rive, chimistes genevois, confirmèrent les résultats obtenus par M. Schœnbein; mais ayant obtenu de l'ozone en faisant passer des étincelles dans de l'oxygène sec, ils regardèrent ce corps comme un état allotropique de l'oxygène. Nous ne ferons que mentionner les opinions divergentes de Fischer, Marchand, Osann, Williamson.

En 1852, MM. Becquerel et Frémy, en employant plusieurs sources différentes d'électricité, prouvèrent que l'ozone n'est que de l'oxygène électrisé, et parvinrent à transformer un volume déterminé d'oxygène en ozone, en ayant soin de faire absorber ce dernier par de l'iodure de potassium ou par une lame d'argent au fur et à mesure de sa production. Ils confirmèrent les résultats de Marignac et de de La Rive.

En 1870, Houzeau, au moyen de Vozoniseur, put obtenir de l'air très riche en ozone. C'est un tube abducteur étroit à l'intérieur, muni d'un fil de platine de 0m,5 et dont une des extrémités débouche au dehors par un orifice ménagé à la partie supérieure du tube qui est bouchée. iA l'extérieur, on enroule sur le parcours du fil intérieur, un autre fil de platine de même longueur. Ces deux fils sont mis en communication avec les pôles d'une bobine de Ruhmkorlï, donnant 3 centimètres d'étincelles. L'oxygène ou l'air qui traverse lentement le tube sont fortement ozonisés. 11 se produit 120 milligrammes d'ozone par litre, or l'électrolyse de l'eau ne donnant que 5 milligrammes par litre, on peut considérer comme possible la conversion totale de l'oxygène en ozone.

L'oxygène diminue de volume quand on 1 electrise. L'oxygène ozonisé étant traité par l'iodure de potassium, l'ozone disparaît sans changement du volume du gaz. Par la chaleur, l'ozone subit une expansion égale au volume qu'occuperait la quantité d'ozone que le gaz aurait été susceptible d'abandonner à l'iodure de potassium. Ces résultats toutefois ne suffiraient pas pour fixer la formule atomique 03 de l'ozone, il faut de plus démontrer que sa densité est 1,658 conforme à la formule. C'est ce qu'a fait M. Soret par la considération de la vitesse de diffusion de l'ozone, qu'il a trouvée intermédiaire entre celle du chlore et celle de l'acide carbonique.

Propriétés chimiques. — La puissance d'oxydation de l'ozone est sa vraie caractéristique. Le phosphore, l'arsenic, sont transformés en acides phosphorique et arsénique : IIS et SO2 en SO3, AzO4 en Az0\ L'ammoniaque est brûlée et donne de l'azotite et de l'azotate. En présence des alcalis, l'azote lui-même est oxydé, fait qui se rattache à l'étude de la nitrification dans l'air. L'iodure de potassium est décomposé et l'iode mis en liberté; il n'y a ici, comme pour la transformation de l'acide arsénieux en acide arsénique, qu'un atome d'oxygène de fixé sur trois. Avec l'argent humide, on obtient du peroxyde d'argent; l'argent sec et le bioxyde de manganèse décomposent l'ozone sans production d'aucun dérivé. On détruit l'eau oxygénée quand on la met en

m MOMFJCATEUKS. - ATMOSPHÈRE,

contact avec l'ozone. Les matières organiques sont par lui altérées et détruites; avec l'alcool et 1 ether, on obtient des produits d'oxydation. M. llouzeau a constaté qu'avec l'hydrogène protocarboné il n'y avait aucune action, tandis qu'avec l'hydrogène bicarboné il se produit une détonation, et en modérant la réaction on obtient de l'acide formique. Avec la benzine, il se forme de l'ozobenzine, corps détonant. La solution d'indigo est décolorée, mais cette réaction ne peut servir à doser l'ozone à cause de l'action continuatrice due à la formation d'eau oxvgénée dans la liqueur, fait reconnu pour la première fois par MM. A. et P. Thenard. Ce pouvoir décolorant de l'ozone serait bien supérieur à celui du chlore, d'après Houzeau, qui le regarde comme quarante fois plus énergique; il est très probable aussi que dans le blanchiment sur le pré, l'ozone intervient comme l'action de la lumière. Enfin, l'ozone brunit les papiers imprégnés de sulfate de manganèse et de protoxyde de lhallium, et bleuit ceux qui ont été trempés dans la teinture de gaïac.

Les odeurs putrides sont détruites par l'ozone.

Dosage de V ozone atmosphérique. Papier Sohœnbeîn. — C'est un papier amidonné trempé dans l'iodure de potassium, il bleuit sous l'influence de l'ozone, l'iode est mis en liberté par l'agent oxydant et donne alors naissance à de l'iodure d'amidon auquel est due la coloration.

Pour préparer le papier, on fait dissoudre 1 gramme d'iodure de potassium dans 100 grammes d'eau, on y délaye 10 grammes d'amidon et l'on fait ainsi une sorte d'empois dont on enduit du papier Berzelius, qu'on découpe ensuite en bandelettes qu'on fait sécher et que l'on conserve à l'abri de l'air et de la lumière. Pour se servir de ce papier, on le suspend ordinairement pendant douze heures au-dessous d'une assiette creuse renversée horizontalement; il se trouve ainsi à l'abri du soleil et de la pluie qui fausseraient les résultats. Une échelle de coloration comprenant 20 teintes, annexée au papier, permet d'obtenir une sorte de graduation. Le papier réactif et l'échelle constituent l'ozonoscope. Avant l'évaluation du numéro de la teinte, le papier sensibilisé doit être trempé dans l'eau filtrée qui avive celle teinte.

Dosage en poids. — C'est le procédé vraiment scientifique suivi « Monlsouris. Le principe sur lequel il repose est la transformation par l'ozone de l'arsénile de potasse en arséniate de la mémo base. On emploie deux barboleurs activés par une trompe spéciale débitant environ 80 litres d'eau et 210 litres d'air par heure. Chaque barbotcur reçoit 20 centimètres cubes d'une dissolution filtrée d'arsénitc de 0iasse, JZL? cl 1 centimètre cube d'iodure de potassium à 3/100. Après l'action de l'air sur la liqueur, on dose le volume d'arsénitc restant au moyen d'une liqueur titrée d'iode, et l'on en conclut par différence

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