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VAPEUR DE CHARBON. - COMBUSTIBLES

être déterminées par des embolies qui ont pour cause l'accumulation dans les petits vaisseaux de globules sanguins privés de vie. Ce qui semble démontrer que cette paralysie est bien déterminée par des arrêts de circulation, c'est qu'elle revêt souvent la forme progressive avec ramollissement suivi de mort. C'est donc une très grave maladie que la paralysie qui succède à l'asphyxie par la vapeur de charbon. Reconnaissons cependant que tous les asphyxiés ne sont pas atteints de paralysie et que cet accident est une exception.

Les inhalations de vapeur de charbon, en quantité insuffisante pour provoquer l'asphyxie, mais renouvelées chaque jour pendant longtemps, peuvent déterminer à la longue plusieurs dérangements de santé. D'abord une céphalalgie habituelle, une grande pâleur, une prédisposition évidente à la chlorose. Dans ces conditions, les matières excrémentitielles sont souvent noires. Cette couleur tient à la destruction partielle ou au renouvellement trop rapide des globules du sang. Les dragistes, les cuisinières, les blanchisseuses, présentent souvent ces modifications de la santé. Les poêles sur chauffés, les chaufferettes alimentées par la braise, contribuent à répandre dans des espaces confinés de l'oxyde de carbone qui devient nuisible dès que la proportion, dans une atmosphère limitée, dépasse certaines quantités.

Je regarde l'inhalation continue de faibles doses de vapeur de charbon comme prédisposant au rhumatisme noueux, qu'on a voulu rapprocher de la goutte, mais qui s'en distingue par son étiologie.

Combustibles. — On emploie des combustibles de nature diverse. Dans certaines localités dépourvues de bois et de houille, on utilise, pour produire de la chaleur, les excréments des animaux; mais le plus souvent on a recours à des combustibles minéraux ou végétaux. Exceptionnellement on se sert de pétrole, d'huile de schistes, de gaz de l'éclairage ou de gaz oxyde de carbone, dont Ebelmen et Jaumaire proposèrent l'emploi dans les travaux de mine. On trouve des combustibles minéraux dans divers groupes de terrains : dans les terrains de transition anthracifère, l'anthracite; dans le terrain houiller et dans les marnes irisées, la houille; dans la craie, les lignites, et la tourbe dans les terrains d'alluvion.

La houille présente un grand nombre de variétés. Disons un mot des houilles^ fumeuses et des houilles à feu grisou, parce que des questions d'hygiène publique importantes se rapportent à ces deux combustibles. Les houilles qui produisent, lorsqu'on les emploie, d abondantes fumées, donnent plus de chaleur, à poids égal, que les nouilles moins fumeuses, mais elles ont l'inconvénient de répandre dans les villes des torrents de fumée qui entraînent des particules noires qui s introduisent dans les habitations et qui donnent aux édifices et aux maisons particulières un aspect désagréable de vétusté. Pour ces

raisons, les conseils d'hygiène prescrivent aux usiniers de construire des cheminées dépassant de plusieurs mètres les toitures des habitations voisines. On leur prescrit encore de brûler la fumée. Ce résultat s'obtient à l'aide de plusieurs espèces d'appareils fumivores, qui doivent réaliser le problème de faire repasser toutes les fumées à travers de la houille incandescente. Mon ami M. Combes a, dans une instruction adoptée par le Conseil de salubrité de la Seine, démontré que ce but pouvait être atteint par plusieurs dispositifs d'appareil. Malgré toutes ces prescriptions, on constate souvent que des quantités énormes de fumées noires se déversent dans l'atmosphère d'un grand nombre de cheminées de fabrique.

Les houilles à feu grisou sont beaucoup plus à redouter ; leur exploitation est chaque année la cause de terribles explosions qui causent la mort d'un grand nombre d'ouvriers. Ces houilles font souvent entendre un craquement spécial, pendant qu'elles dégagent spontanément du gaz hydrogène protocarboné. Un dixième de volume de ce gaz répandu dans l'atmosphère des galeries des mines suffit pour provoquer d'effroyables explosions, si l'on pénètre dans ces galeries avec des lumières. On prescrit absolument l'emploi de la lampe de Davy, qui permet de s'éclairer en évitant l'inflammation du gaz détonant; malgré cet ingénieux appareil, les accidents se renouvellent trop souvent dans les mines de houille; une ventilation bien réglée est le moyen le plus efficace pour les éviter. Se fondant sur la légèreté du gaz hydrogène protocarboné, qui est de 0,555, Chuard avait imaginé un appareil à sonneries qui fonctionnait quand la densité de l'air de la mine était voisine de celle du mélange détonant.

Le coke est un combustible économique (voy. p. 547), il possède le précieux avantage de brûler sans produire de fumée, c'est pour cela qu'on en prescrit l'emploi exclusif aux usiniers établis dans les grandes villes, qui ne peuvent élever leurs cheminées à une hauteur suffisante. Le coke présente le grave inconvénient de ne point vous avertir par l'odeur quand les produits de sa combustion (acide carbonique, oxyde de carbone) sont répandus dans un espace confiné. Nous allons revenir sur cette question en parlant des appareils de chauffage. On fabrique des briquettes avec des débris de houille ou de tourbe carbonisée.

Les différents bois sont de précieux agents de chauffage. On distingue les bois durs et les bois blancs. Ces derniers sont moins estimés, parce qu'ils disparaissent plus rapidement dans les foyers. A tous égards les bois secs sont préférables aux bois qui retiennent encore leur eau de végétation. Mon ami M. Balaschoff a exposé dans un bon travail les avantages du bois torréfié dans l'exploitation des mines de fer.

Le charbon de bois est très usité, sinon pour le chauffage, au moins pour une foule d'industries qui réclament l'emploi de la chaleur et pour

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la préparation des aliments. Quand on le fabrique en forêts, on obtient en moyenne en charbon 16a 17 p. 100 des bois employés. Mollerat a opéré la carbonisation du bois en vase clos. De grands établissements se livrent aujourd'hui à cette fabrication. On obtient comme produits secondaires de l'acide acétique ou vinaigre de bois (voy. p. 288). Le charbon de Paris a été préparé par Popelin-Rucarre , en soumettant en vase clos un aggloméré dans lequel interviennent des débris de houille, de végétaux et du aoudron. 11 ne donne pas plus de fumée que la braise de boulanger, qui est du charbon léger de bouleau ou de pin; mais ces deux combustibles offrent les dangers de leur perfection. On n'est point averti, ni par l'odeur ni par la fumée, qu'une atmosphère confinée où ils brûlent est devenu dangereuse à respirer.

Les magasins de charbon doivent être, autant que possible, clos, couverts et isolés des habitations voisines. Ils sont incommodes au point de vue des poussières, de l'encombrement de lourdes voitures et dangereux pour les chances d'incendie. On a noté de temps à autre des cas d'inflammations spontanées de matières combustibles. Duhamel a cité un exemple d'inflammation de la houille, et Robin celle de laines grasses dans des magasins à Essonne. Le gaz oxygène est condensé dans les pores comme dans la mousse de platine du briquet chimique.

Appareils de chauffage. — Voici les principales conditions que les appareils de chauffage doivent remplir: 1° donner une chaleur suffisante, et autant que possible, économique; 2° pourvoir à l'élimination des gaz ou vapeurs nuisibles ou incommodes et au renouvellement d'un air pur. La première question qui se présente est celle du degré moyen de température qu'on peut adopter, pour urt homme au repos, dans un espace confiné. Ce degré ne peut être fixé d'une manière absolue ; on doitetablirseslimitesentrel2àl8degrés centigrades. Quant au'point précis, il varie, d'une part, selon l'intensité du froid extérieur et le degré d'humidité, et d'une autre, selon la constitution, le tempérament et l'âge i des sujets. Les individus à constitution faible, à tempérament lymphatique, les enfants, les vieillards, les convalescents, ont besoin d'une chaleur artificielle plus forte ; il en est de même des individus à profession sédentaire et qui séjournent constamment dans le même local sans se livrer à aucun exercice.

Rappelons les principales maladies qui marchent à la suite de l'insuffisance de la chaleur quand on n'en produit point par l'exercice : les phlegmasies aiguës et chroniques des organes de la respiration; les affections rhumatismales, l'aggravation de toutes les maladies qui surviennent chez les vieillards, pour lesquels la température froide est si pernicieuse (voy. p. 613)*

Les appareils de chauffage les plus simples sont les réchauds, les bra-

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seros, les chauffrettes , les poêles parisiens sans tuyau de dégagement des produits de la combustion. Ces procédés de chauffage sont mis en usage dans les pays chauds, comme en Espagne ; les pièces, qui sont imparfaitement closes, permettent un facile renouvellement de l'air. Ils sont employés dans les pays à température très basse (chez les Esquimaux), dans le but de ne point laisser perdre de chaleur, qui dans ces contrées est si précieuse pendant les hivers rigoureux. Le grave inconvénient de ces modes de chauffage, c'est de ne point éliminer d'un espace confiné le mélange si dangereux d'oxyde de carbone et d'acide carbonique. Les industries principales qui emploient des braseros, sont : les fabricants de cierge, les hongroyeurs, les dragistes, les cuisiniers, les blanchisseuses. Les vieilles femmes aux pieds refroidis qui préfèrent la chaufferette au chauffe-pieds rempli d'eau chaude, inhalent aussi de très petites doses, mais trop souvent renouvelées, de vapeurs de charbon.

Considérations générales sur les appa?vils de chauffage compliqués. — Il importe, dans l'étanlissement de ces appareils, de les isoler, de les éloigner suffisamment des poutres et des solives. On a constaté de nombreux exemples d'incendies latentes, d'éboulements inopinés, d'asphyxies déterminées par la lente inflammation de poutres ou solives trop rapprochées des foyers. Il importe d'assurer l'élimination des gaz et produits nuisibles sans dommages pour le consommateur et sans danger pour le voisin. Par suite de fissures dans les tuyaux ou cheminées de dégagement, par renversement dans le sens des courants par des inégalités de température dans diverses pièces, on a vu des exemples d'asphyxie et de nombreux inconvénients produits par les fumées dans des dèces où il n'existait pas 'de feu. Dans Je poêle mobile américain le tirage est rendu très faible; la combustion du coke se faisant de bas en haut, l'acide carbonique, forcé de traverser une colonne enflammée, se transforme partiellement en oxyde de carbone; quand ces gaz se répandent dans un espace confiné, ils peuvent déterminer l'asphyxie. (Boutmy, Annale d'hygiène, juin 1880.)

Poêles. — Ces appareils bien construits utilisent une grande partie de la chaleur produite, mais ils dessèchent l'air et produisent de l'odeur par la destruction des matières organiques qui adhèrent à l'extérieur des parties surchauffées. Les clefs adaptées pour intercepter les courants d'air et pour conserver, la chaleur, ont souvent transformés les poêles en véritables braseros, avec tous leurs inconvénients. J'ai constaté des cas d'asphyxie suivis de mort qui n'avaient pas d'autres causes.

Perméabilité de, la fonte chauffée par les gaz. — Le docteur Carret, chirurgien en chef à l'hôpital de Chambérv, a attribué dos épidémies spéciales au .chauffage par dos poêles en fonte; il a constaté l'existence de l'oxyde de carbone dans des espaces confinés chauffés avec ces poêles.

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Graham avait découvert la propriété du fer de condenser l'oxyde de carbone. Henri Sainte-Claire Devillc et Troost ont trouvé que l'air qui circule autour d'un poêle en fonte fortement chauffé renferme des quantités notables d'oxyde de carbone et d'hydrogène, ce qui s'explique par la perméabilité des gaz reconnue par eux au fer porté à une haute tem- pérature.

Cet oxyde de carbone, avec un air trop chaud, explique le malaise ■ qu'on éprouve en demeurant dans une pièce munie de poêles surchauffes : mais il faut une grande réserve pour attribuer à cette cause des épidemies, surtout celles de fièvre typhoïde ; il est mauvais de vouloir trop prouver. M. Coulier, dans un travail consciencieux, a démontré que ces faits avaient été fort exagérés.

Les cheminées bien construites, outre qu'elles assurent une ventilation convenable, présentent encore des avantages sur les calorifères; je les ai énumérés page 013. Les principaux inconvénients sont : la perte ide la chaleur, qui peut s'élever, dit-on, aux 9/10, et la fumée qui se répand dans l'habitation. Elle se produit par défaut d'air, par un tirage i insuffisant ou mal réglé, par plusieurs foyers communiquant avec la I même cheminée. On reçoit souvent ainsi la fumée du voisin. On a beaucoup perfectionné nos cheminées primitives. Rumfort nous a appris à rétrécir l'orifice, à avancer le foyer, à disposer un plan incliné plus favorable pour le tirage. On a fait circuler l'air froid dans des espaces vides ou dans des tubes placés au fond ou sur les côtés du foyer. L'air ainsi échauffé par la fumée et par la chaleur perdue est versé dans la pièce ipar des bouches de chaleur. Par un dispositif ingénieux, Desarnaux a également utilisé une partie de la chaleur perdue et assuré un renouvellement d'air suffisant. Il a garni le fond du foyer de tubes de fonte ranigés comme des tuyaux d'orgue; ces tubes sont parcourus par de l'air pur pris au dehors, qui est versé dans la pièce à une bonne température. Reconnaissons cependant que, pour un travailleur solitaire, qui aime à tisonner, une cheminée avec un foyer avancé garni de cendres, peut utiliser une bonne partie de la chaleur, si l'on a soin de diriger la fumée, à l'aide des cendres, sur les parties incandescentes du foyer. Avec de la patience, on constitue ainsi un appareil fumivore.J'ai dit un mot des calorifères page 613. J'y reviendrai en traitant de la ventilation.

Eclairage. — La question de l'éclairage embrasse, en hygiène, deux ordres de sujets différents. Le premier comprend tout ce qui se rapporte à l'organe de la vue; j'en ai parlé (pages 540 et suiv.); le second doit traiter ries viciations de l'air produites par l'éclairage et des matières 1res diverses employées pour produire de la lumière. Lorsque la combustion est parfaite, les inconvénients de l'éclairage peuvent se réduire à de l'oxygène absorbé, à de l'acide carbonique et de la vapeur d'eau

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produits en excès. Quand la combustion est imparfaite, il peut se joindre à ces produits de l'oxyde de carbone, des hydrogènes carbonés divers, dont nous apprécierons plus loin l'influence sur la santé. Commençons par étudier les principales matières premières qui interviennent dans l'éclairage.

Suifs. — Les fonderies de suifs et de graisses sont des usines des plus incommodes, par les vapeurs nauséabondes qui émanent de ces ateliers. Ces odeurs proviennent, dans les fonderies à feu nu, de quelques portions des matières grasses en partie décomposées sur des surfaces surchauffées.

La fonte en vase clos avec le concours des acides est encore accompagnée d'odeurs. D'après Bizet, cette odeur modifiée, moins choquante pour l'odorat, acquiert un caractère de nocuité ; elle occasionne aux ouvriers des douleurs thoraciques et un malaise qu'ils évitent en opérant la fonte des suifs dans les vases découverts. Le procédé de Darcet, consistant à introduire par petits morceaux le suif en branche dans une chaudière de cuivre rouge, et de l'y chauffer en contact avec 1 d'acide sulfurique pour 100 d'eau, donne des produits plus blancs et plus fermes, un creton plus facile à sécher, mais il ne supprime pas l'odeur infecte, irritante et diffusiblede celte fabrication.

Bougies sléariques. — Industrie d'une grande importance basée sur les découvertes de Chevreul, mais établie pratiquement par Motard et Demilly. Outre la stéarine et l'acide stéarique qui interviennent dans la préparation des bougies, les fabriques de bougie livrent à la consommation la glycérine (p. 104), qui aujourd'hui a de nombreuses applications. On prépare ces produits, ou par la saponification, ou par la distillation des corps gras en vases clos. On ajoutait, dit-on, de l'acide arsénieux dans les mèches des bougies, mais aujourd'hui elles n'en renferment plus.

Les huiles grasses non siccatives sont très utilement employées pour l'éclairage. La meilleure de toutes est l'huile de colza épurée des matières gommeuses ou albuminoïdes en l'agitant bien avec 1/50 d acide sulfurique et en la décantant quand l'acide s'est séparé par le repos. Cette huile n'est pas fumeuse; elle convient pour les lampes perfectionnées et pour entretenir des veilleuses dans la chambre de malades qui sont mal impressionnés par les odeurs que produisent les huiles fumeuses.

Lampes. — Ce fut une utile invention que celle d'Argant, en 1784, d'avoir établi une lampe à double courant , et de bons perfectionnements, ceux de Carcel, qui supprima le réservoir supérieur par un mécanisme d'horlogerie, et celui qui a été réalisé par la lampe modérateur deFranchot, excellent appareil d'un mécanisme très simple et d'un prix peuélove.

Huiles minérales. Pétrole. — Les huiles minérales et le pétrole se recommandent par leur bas prix et par la beauté de la lumière que leur combustion produit dans des appareils bien choisis.

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