MLLES. - PÉTROLES
On a obtenu divers liquides d'éclairage en mélangeant les huiles de •naphte, de térébenthine, de goudron, de gaz, etc.. avec l'alcool, le méthylène (esprit de bois), Féthor (gaz liquidé, hydrogène liquide, gazogène). Mais ces liquides sont si volatils, si inflammables, que le danger d'incendie accompagne leur emploi ; si l'on renverse la lampe, l'appartement est infecté pour vingt-quatre heures par l'odeur de l'huile essentielle.
Quand les appareils qui servent à brûleries huiles minérales sont imparfaits, les résidus de la combustion contiennent des vapeurs pyro- . gênées qui déterminent de la céphalalgie.
Les pétroles d'Amérique viennent au premier rang des huiles minérales par l'importance de leur consommation; ils sont devenus depuis vingt ans l'objet d'un commerce considérable. Les sources les plus abondantes sontàTitusville en Pensylvanie, à Mecca, dans le comté de Tïurn- >bull, quatre puits forés à Eniskiken au Canada, à écoulement continu, fournissent 5808 hectolitres en vingt-quai re heures. Quelle est l'origine i de cette immense quantité d'hydrogènes carbonés? Proviennent-ils de -■'phénomènes métamorphiques et sont-ils des produits de la distillation de végétaux enfouis? Cela est peu probable ; la houille ne donne pas les •i mêmes composés à la distillation; elle fournit de la benzine ou de l'acide phénique, suivant la température, de l'ammoniaque, des hydrogènes carbonés différents de ceux du pétrole. Voici, d'après Cahours, la composition du pétrole d'Amérique :
Gaz des marais G 'H1
Hydrure de butyle G" H 10
— d'amyle C'°H12
Gaz des marais C2H*= C2li3 + 11,
qui se trouve mêlé à :
Hydrurc de butyle C8H*o = 2C*fi*'4-'2H gaz dense.
— d'amyle CI0H12
— d'hexyle Gi.*HM
— d'heptyle CllH*r>
— d'octylc cllillis
— de nonyle G18H-°
— de décyle C20H22
— de undécylc 22 24
— de duodécyle 24 26
— de tridécyle 26 28
— de tétradécyle 28 30
— de pentadécyle 30 32
Le pétrole brut est composé, comme on le voit, de divers hydrogènes carbonés, les uns gazeux (gaz des marais, hydrures de méthyle, hydrure de butyle ; l'hydrure d'amyle est le plus léger des liquides) ; sa densité est de 0,0385, il bout à -f-30 degrés; sa vapeur est très inflammable. L'hy-
drure d'hexyle est/ le liquide le plus abondant, sa densité est de 0,000, il bout à 08 degrés ; l'hydrure d'hexadécyle boutà28G degrés. La principale cause de dangers que présente le pétrole brut, c'est d'être formé par un mélangeliquide tenant des carbures d'hydrogène gazeux en dissolution, qui se volatilisent spontanément, quand la température s'élève; car le pouvoir dissolvant des liquides diminue, et les hydrogènes carbonés très volatils donnent également des vapeurs. Si ces gaz et vapeurs hydrogénés se mélangent avec l'air, ils constituent des mélanges détonants, origine d'un grand nombre de catastrophes. Les précautions à prendre pour diminuer les chances d'incendie, sont les suivantes : 1° Employer exclusivement du pétrole rectifié d'une densité de 0,78 à 0,80, ne contenant que des hydrogènes carbonés liquides, ayant un degré de volatilisation uniforme, afin d'éviter le mélange de gaz dissous et de liquides bouillants à une basse température : on reconnaît les mélanges dangereux, parce qu'ils s'enflamment lorsqu'on en approche une allumette; 2° se servir de lampes empêchant la volatilisation du liquide et son mélange avec l'air; 3° enfermer le pétrole à livrer à la consommation dans des vases métalliques de la capacité d'un litre.
Le transport et Y emmagasinage du pétrole présentent toujours des dangers. Les grands dépôts doivent être établis dans des locaux parfaitement isolés, éloignés des habitations, avec un dispositif tel que, si par un événement imprévu de grandes masses de pétrole s'écoulent, elles puissent se réunir dans une cavité de dimension suffisante pratiquée dans les parties déclives des magasins , afin d'éviter tout écoulement de pétrole au dehors. H. Sainte-Claire Deville a signalé l'extrême dilatabilité des huiles minérales sous l'influence de la chaleur. Cette circonstance ajoute encore au danger du transport et de la manutention de ces produits; mais telles sont aujourd'hui la multiplicité et l'importance de leurs usages domestiques et industriels, telle est l'extension de leur application à l'éclairage par le perfectionnement récent des appareils de combustion, qu'à peine connus en 1858, leur production, en 1800, avait atteint 2025 000000 de litres, et leur exportation 1 105343841, et il y avait en cours de forage 255 nouveaux puits (1).
Les produits légers du pétrole ont reçu quelques applications; les plus volatils ont été employés à l'aide d'appareils pulvérisateurs pour produire l'ancsthésie locale. On a remplacé encore une partie de l'essence de térébenthine dans les travaux de peinture par des pétroles légers. Les pétroles très denses ont été mêlés aux huiles grasses à brûler.
Gaz de l'éclairage (gaz Lilh). — Les premiers becs de gaz furent alimentés par des produits naturels. La combustion de ce gaz, qui se dégageait spontanément, dirigé dans un tube, dura deux ans neuf mois sans
(1) baubree, Ha/i/mt sur l'Ba'position universelle de I8f>4.