‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 220 sur 371 · GÉRUSIERS. — PEINTRES EN BATIMENT · texte numérisé non relu

GÉRUSIERS. — PEINTRES EN BATIMENT

sur lesquels il faut tracer des dessins extrêmement riches. Les Heurs, qui constituent plus particulièrement ce qu'on appelle les applications de Bruxelles, exigent un travail long et minutieux pendant lequel le fil fin ployé à les fabriquer perd une partie de sa blancheur. Il en résulte que ces (leurs sortant de l'atelier présentent une couleur jaunâtre et doivent être blanchies avant d'être appliquées sur le fond blanc auquel on les destine. Cette opération de blanchiment se fait de la façon suivante : On place entre deux feuilles de papier de grande dimension plusieurs couches d'application de Bruxelles et de blanc de céruse que l'on superpose régulièrement; puis on réunit les bords des feuilles de papier de manière à empêcher autant que possible toute issue au blanc de plomb; après quoi le tout est placé sur un plan résistant pour être soumis à l'action d'un rouleau de bois à l'aide duquel on frappe sur le papier. Cette opération, dont la durée varie suivant la quantité de fleurs que l'on veut blanchir, force la poudre à s'incruster dans l'émail du réseau et à se fixer sur chacun des fils qui le forment. Les jeunes ouvrières chargées de ce travail observent rarement les précautions nécessaires pour empêcher la dissémination de la céruse. Quelques fabricants font opérer dans une cave, l'humidité donnant plus de poids à la poudre et diminuant ainsi sa tendance à se répandre dans l'atmosphère ; d'autres ont recours à l'usage d'une espèce de boîte fermant hermétiquement ; toutefois les ouvrières absorbent de la poussière. Le danger s'accroît lorsque l'on fixe les applications sur le fond de la dentelle : l'ouvrière, courbée sur le carreau, aspire une grande quantité de céruse avec laquelle, en outre, ses doigts sont continuellement en contact. » (Proust, Hygiène.) Ne pourrait-on substituer le sous-nitrate de bismuth à la céruse? II coule plus cher, mais peu importe.

La céruse est trop souvent employée pour colorer en blanc les jouetsd'enfants; les pastillageurs en font grand usage et les confiseurs se servent quelquefois à tort de papiers blanchis à la céruse pour envelopper leurs bonbons (voy. plus loin Coloration des bonbons, et p. 464 et 166, De la céruse employée comme cosmétique blanc). La céruse intervient encore dans la fabrication des tampons en caoutchouc pour chemins de fer.

Le silicate de plomb (cristal) a déterminé des cas nombreux d'intoxication saturnine chez les nu a illeurs de crochets de télégraphes électriques, chez les fabricants de verre 'mousseline, chez les tailleurs de orîstaux, chez les lapidaires en faux, chez les ouvriers employés à la m a fi ration des étiquettes en émail. Il s'attache également un grand intérêt au vernis plombique des poteries communes et au doublage des vases de fonte. Tous les émaux généralement usités contiennent du plomb. Dans l'émail blanc, il entre 50 parties d'oxyde de plomb pour 40 de silice; dans l'émail jaune, 51) de plomb pour 32 de silice;

dans l'émail bleu, 40 de plomb, 32 de silice. La poudre de cristal elle-même est un émail constitué par 40 parties de plomb et 00 de silice.

L'émail des potiers faïenciers contient presque toujours du plomb ; l'émail brun est préparé avec : minium, 52 ; oxyde manganèse, 7 ; poudre de brique, 41. Tous ces émaux sont broyés, réduits en poudre très line, puis suspendus dans l'eau où l'on trempe les pièces destinées à être émaillées. Souvent, alin de rendre plus épaisse la couche d'émail qui les recouvre, les pièces ayant subi la trempe sont, à l'aide d'un tamis, saupoudrées d'un émail pulvérisé. Quelquefois c'est le minium qui constitue cette sorte de poussière. Enfin l'émail qui se trouve en excès sur les pièces est chassé au moyen d'une brosse.

Quoi qu'il en soit de cette constante intervention du plomb dans ces émaux, les accidents saturnins sont rares parmi les ouvriers qui les emploient. Je dois reconnaître aussi que l'usage des, poteries communes ne détermine pas ordinairement les accidents qu'on doit avec raison redouter. A moins de conditions exceptionnelles, après quelques jours d'usage ces poteries ne cèdent plus de plomb aux aliments; la condition de continuité manquant, l'intoxication saturnine ne se révèle pas. J'avoue cependant que j'applaudis aux efforts de M. Constantin pour substituer des vernis inoffensifs au vernis plombique; voici la formule de son vernis incolore à base de chaux et de soude : silicate de soude alcalin à 50 degrés, 100 parties; quarlz en poudre (silice), 15 parties; craie de Meudon, 15 parties.

Voici celle de son vernis brun : silicate de soude alcalin ;i 50 degrés, 100 parties; quarlz en poudre, 15 parties; peroxyde de manganèse cristallisé, 15 parties.

Le silicate de plomb, ou cristal à base de plomb, est un verre fusible à une température beaucoup moins élevée que le verre ordinaire; c'est pour cette propriété qu'on l'emploie pour recouvrir les crochets de télégraphes électriques et les r erres mousseline. Pour ces emplois le cristal est réduit en poudre impalpable, et quand les ouvriers vivent dans une atmosphère souillée par ces poussières, ils sont empoisonnés. Les perfectionnements les plus heureux de ces industries ont eu pour but de les soustraire à la continuité de l'inhalation de cette poussière toxique.

Intoxication saturnine par la poussière de cristal chez les ouvrières travaillant à la contre-oxydation du fer. — Les Archives de médecine ont publié (août 1801) un excellent travail de M. le docteur Archambault sur l'intoxication saturnine produite par la poussière de cristal chez les ouvrières travaillant à la contre-oxydation du fer; opération qui a pour but de recouvrir la surface de ce métal d'une couche vitreuse qui le rend inaltérable, et en raison de sa propriété isolante, permet de

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