‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 222 sur 371 · PLOMB DANS EAUX POTABLES. &S · texte numérisé non relu

PLOMB DANS EAUX POTABLES. &S

dans tics réservoirs de plomb; quand cette eau était employée comme boisson, elle déterminait des intoxications saturnines. A Amsterdam et à Harlem, de nombreuses affections saturnines ont été déterminées par l'usage d'eaux pluviales ayant coulé sur des terrasses de plomb (Tronchin et Wanstroowyk). Dans les citernes recevant l'eau du ciel, il convient d'éviter d'employer des pompes munies de tuyaux de plomb. Après l'eau distillée, les eaux qui s'écoulent des drains sont celles qui attaquent le plus facilement les tuyaux et les réservoirs de plomb (Lesheby, Compl. rend. Acad. se, 2 février 1874). Les chlorures et les nitrates contenus dans les eaux potables, même en très petite proportion, favorisent l'attaque du plomb. Cal vert a vu que les eaux des puits profonds de Londres, qui sont légèrement alcalines et contiennent des animalcules, se chargent d'une petite proportion de plomb quand elles sont conservées dans un réservoir l'ait avec ce métal.

D'après Bobière, quand le plomb subit de fréquentes alternatives d'exposition à l'air et d'immersion dans l'eau, il est plus sûrement attaqué (Compt. rend. Acad. se, 2 février 1874).

M. E. Richard (Revue d'hygiène, 15 août 1880) invoque la même cause pour des cas d'intoxication saturnine produits par les eaux d'alimentation de Gastu en Algérie. Quand on changera la nature de l'eau conservée dans des réservoirs en plomb, il faudra voir avec soin si la nouvelle eau ne contient pas des nitrates de chlorures ou des traces de sels ammoniacaux qui donneraient à l'eau la propriété d'attaquer le plomb.

Influence de V 'association au contact du plomb avec divers métaux. — Dans ma thèse soutenue à l'Ecole de pharmacie, en 1833, j'ai montré par de nombreuses expériences qu'un métal qui était à peine attaqué lorsqu'il était isolé dans un liquide, l'était beaucoup plus vivement lorsqu'il était en contact avec.un autre métal, et que l'attaque variait en intensité d'après la nature du métal au contact.

Cette observation générale se vérifie pour l'eau lorsqu'on associe au plomb des réservoirs des soudures ou des barres d'un autre métal. L'eau alors attaque plus vivement le réservoir. Il faut donc se garder d'unir un autre métal au plomb dans la fabrication des tuyaux ou réservoirs. Voilà pourquoi, d'accord avec Belgrand, je n'ai pas voulu encourager l'usage pour conduite d'eau de tuyaux de plomb recouverts d'une lame d'étain. Je redouterais une attaque plus vive dans les parties présentant des fissures.

Toutes les fois qu'on fait des réparations dans un réservoir de plomb contenant de l'eau potable, il faut redouter les soudures contenant des métaux étrangers, ou l'intervention de ces métaux pour une autre cause.

Conditions d'innocuité. — Quand l'eau potable contient comme sels de chaux, des carbonates et sulfates, 5 et plus pour 100 000 parties

BOUCHARDAT. — IJYGIBNE. 4g

751 MODIFICATEURS. — SUBSTANCES NUISIHLES.

d'eau, on peut sans inconvénient laisser séjourner l'eau dans des réservoirs de plomb (Lelheby). C'est la condition dans laquelle se trouve l'eau de Seine, du canal de l'Ourcq, d'Arcueil, etc. Je dois cependant ajouter que dans le premier temps du séjour le plomb est attaqué ; il faut laisser écouler les premières eaux qui auront été conservées dans des réservoirs ou tuyaux neufs. Quand on s'absente, il est prudent de laisser aussi perdre l'eau qui a séjourné pendant quelques mois dans des réservoirs ou tuyaux neufs. Après un usage suffisant, le plomb se recouvre d'une espèce de patine fortement adhérente. La malière nacrée qui se forme en présence de l'eau aérée sur un réservoir de plomb est du carbonate de plomb, 4 PbO + 3 C*-f Hs0.

Vins contenant du plomb. — On a ajouté de la lilharge au vin pour combattre l'acescence qui est la maladie des vins la plus commune; les causes qui peuvent l'occasionner sont : 1° l'accès de l'air; 2° la température trop élevée du cellier; 3° l'aquosité du vin; 4° la présence du My coder ma aceti. Lorsqu'un vin tourne à l'aigre, l'air entre avec sifflement dans un trou qu'on pratique au tonneau. Il est aisé de prévenir l'acescence des vins en écartant toutes les causes que nous venons d'assigner ; mais il est impossible de faire rétrograder la marche du vin, lorsque l'acescence s'est déclarée: c'est une maladie sans remède. Quelques marchands coupables masquent cette acidité en ajoutant de la litharge qui forme de l'acétate de plomb à saveur sucrée; mais au lieu de vin ils vendent un vrai poison.

Voici le moyen pour s'assurer qu'un vin a été frelaté avec le plomb ou la litharge : On emploie une dissolution de sulfure de calcium dans l'acide chlorbydrique ou tartrique étendu; celte dissolution précipite le plomb à l'état de sulfure noir, tandis que le fer qui peut se trouver dans le vin reste dissous dans l'acide chlorhydrique. Il faut avoir la précaution de décolorer le vin rouge au préalable avec du chlore. Cette falsification est heureusement très rare. Dans ma longue carrière, je n'ai eu l'occasion de la constater qu'une seule fois, mais elle s'était exercée sur une grande échelle, et avait été l'origine de nombreuses intoxications.

Eau-de-vic. — M. E. Richard a publié (Rev. d'hyg., août 1880) des cas d'empoisonnement par une combinaison plom bique contenue dans de l'eau- de-vie de marc de l'Algérie.

Plomb dans la bière, voyez page 343. — Plomb dans le cidre, voyez page 335. — Voy. Appendice. Intoxications professionnelles par les paéparalions de plomb et de mercure, à Paris.

Z,NC. — Produits et composés zinciques. — L'industrie du zinc intéresse l'hygiène à plusieurs points de vue. Le blanc de zinc tend à remplacer heureusement la céruse. La santé des ouvriers employés dans les mines de zinc, dans les laminoirs, dans les fabriques de zingage du fer,

Page 1