ZINC. - -METALLURGIE DU ZINC
de blanc de zinc, doit nous préoccuper. Nous devons également penser au rôle du zinc dans la confection des toits, des réservoirs destinés à contenir de l'eau ou d'autres liquides alimentaires. A l'état de concentration les sels de zinc agissent comme caustiques. On emploie dans ce but le chlorure de zinc associé à son poids de farine dans la préparation de la pâte de Canquoin. Ils agissent comme émétiques. C'est ainsi qu'on a vanté le sulfate de zinc contre le croup. A dose altérante on a cru leur attribuer une action spéciale sur le système nerveux. C'est ainsi qu'on a employé l'oxyde de zinc contre la chorée dans les pilules de Méglin, l'oxyde et le laclate contre Lépilepsie. Ces indications thérapeutiques nous guideront pour juger du rôle hygiénique des préparations de zinc.
Les modifications dans la santé des ouvriers qui travaillent dans les usines ou fabriques où le zinc et ses préparations interviennent, me semblent exagérées par les auteurs, ou plutôt être sous la dépendance de quelques conditions concomitantes auxquelles les observateurs n'ont point attaché assez d'importance. M. Blandet, dans une étude trop rapide sur la santé des ouvriers mouleurs en zinc, avait remarqué chez ces fondeurs de l'anorexie, des douleurs épigastriques, de la dyspnée, de la toux, de l'asthme, de la céphalalgie, des hallucinations de l'ouïe, et, comme symptôme le plus fréquent, de la courbature qu'il désignait sous le nom de courbature métallique. Reconnaissons que la plupart de ces symptômes peuvent être attribués, ou à la température élevée, ou aux poussières auxquelles ces ouvriers sont exposés.
Métallurgie du zinc. — Les mines de zinc le plus habituellement exploitées sont la calamine (oxyde de zinc, carbonate silicifère), la blende (sulfure de zinc) ; les plus anciennement en activité se trouvent en Belgique ou dans les provinces Rhénanes. Les mineurs ne présentent aucune modification de santé se rapportant à une intoxication cadmique ouzincique; l'asthme signalé par Pétry peut être rapporté à l'inhalation de poussières; les autres accidents à la continuité d'une température élevée. Dans les pays à mine de zinc, le bétail et les plantes sont •chétifs, mais cela peut dépendre de la mauvaise nature du sol et des poussières abondantes répandues autour des usines. Les ouvriers employés au laminage du zinc et à la galvanisation du fer par le zinc (procédé Sovel) n'ont rien offert de particulier dans leur santé, il n'en a pas été de même de ceux qui ont employé continuellement le fil de fer zincé. Landouzy et Maumené (1) ont signalé quelques accidents chez
(1) Landouzy et Maumend, De V intoxication zincale observée chez les ouvriers torpeurs de fils galvanisés (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1850). — Brousmiclie Rapport au directeur du service de santé de la marine, à Brest, sur Vhnqicncdel ouvriers employés dans l'atelier de ùngage, 1861. - Maisonneuvc, Hygiène et pathologie des ouvriers de larsmal maritime de Rochefort (Archives de médecine navale t I)
les tordeurs de fils de fer galvanisés employés pour retenir les bouchons des bouteilles devin deChampagne; ils consistent en angine, avec ulcération des amydales, stomatite caractérisée par des pellicules blanchâtres sur les gencives, de la salivation, de la fétidité de l'haleine. On a noté en outre des coliques et de la diarrhée. M. Layet a signalé des accidents du même genre chez les tonneliers qui se servent de fils et de bandes de fer galvanisé.
Je viens de dire qu'on n'avait observé aucun dérangement spécial de la santé par suite du zingagedu fer. Maisonneuve et Layet ne regardent point cette opération comme inoffensive. «c Les accidents, disent-ils, débutent le soir, après des journées de travail accablant, et deux heures environ après la sortie l'atelier : fatigue de tout le système musculaire, engourdissement général, sensation de resserrement à la base de la poitrine, dyspnée, oppression, enchifrènement, râles sibilants, chaleur fébrile, tremblement dans les membres, crampes dans les extrémités inférieures, douleurs articulaires, vomissements, pas de céphalalgie, pas de coliques ni de constipation; terminaison vers le matin par une forte transpiration et par une expectoration abondante, épaisse, de crachats de couleur noirâtre et d'un goût douceâtre. » (Maisonneuve.)
M. Layet a remarqué que le bain de zinc fondu est recouvert à sa surface d'une légère couche de sel ammoniac. Pendant toute la durée du travail, on continue à projeter à la surface du bain, et sur la plaque de tôle, de petites quantités de ce sel. D'épaisses vapeurs blanches s'élèvent au-dessus du bain, quelquefois si abondantes qu'elles remplissent tout l'atelier. Ces vapeurs sont composées d'acide chlorhydrique, de chlorhydrate d'ammoniaque et doivent contenir une très minime quantité de chlorure de zinc. Ces vapeurs complexes sont certainement la cause des accidents observés, il faut soustraire les ouvriers à leur inhalation par une ventilation active et convenablement installée.
Blanc de zinc, oxyde de zinc {Lana philosophica, Pompholi.r, Xihil album). — Guyton aie premier émis l'excellente pensée qu'on pouvait remplacer la céruse par l'oxyde de zinc; Lassaigne insista sur l'utilité de cette application. Mais c'est à Leclaire qu'on doit attribuer l'honneur d'avoir vulgarisé cet emploi. Cet oxyde peut en effet se substituer dans la peinture murale au carbonate de plomb, sans aucun danger pour la santé des ouvriers. Sa fabrication ne présente que de très légers inconvénients. Rien n'est plus simple que la préparation du blanc de zinc. Du métal en fusion est exposé, pendant qu'il se vaporise, à un courant d'air
1864.). a. Layet, Hygiène et pathologie des ouvriers de l'arsenal maritime de Toulon
{Archives de médecine navale, t. XX, I87:î). — Houchut, Mémoire sur l'industrie et Ihqqiène de la peinture au blanc de iinr. Art. Atelier de iingage {Ann. d'hyg. pub!., i H.Si»). — Bouvier, Observations d'un cas de. colique observé che* un ouvrier employé dans une fabrique de blanc de iinc {Comptes rendus de l'Académie des sciences, 1850).