VAPEURS IRRITANTES
acides chlorhydrique , sulfureux; les vapeurs nitreuses, ammoniacales, etc.
Chlore. — L'inhalation du chlore est toujours désagréable. Quand la quantité de ce gaz répandu dans l'atmosphère dépasse 1 pour 100, il provoque de l'irritation des bronches, du larynx; si la proportion est plus considérable, une suffocation très pénible se manifeste, qui peut déterminer la mort. Les ouvriers qui sont exposés à inhaler du chlore en excès sont les fabricants d'eau de Javelle, de chlorure de chaux, les blanchisseurs de coton, les blanchisseuses, etc. Quand ces dernières abusent du chlorure de chaux, comme elles n'ont que trop l'habitude de le faire, elles ressentent une vive irritation sur les mains et sur les bras. Les parcelles de chlorure de chaux détériorent rapidement le linge qu'elles blanchissent (voy. p. 458).
Iode. — Les ouvriers exposés aux vapeurs d'iode éprouvent quelquefois du larmoiement, de l'irritation bronchique, du coryza, de la céphalalgie, mais leur santé générale est bonne, comme j'ai pu m'en assurer en visitant la grande fabrique de Tessier au Conquet.
Acide sulfureux. — Les inspirations d'un air contenant d'assez faibles proportions d'acide sulfureux provoquent de la toux, de la dyspnée, une soif vive, de l'agitation et quelquefois aussi des phlegmasies bronchiques plus ou moins graves.
L'affinage des métaux précieux, le blanchiment des étoffes de laine, des chapeaux de paille, des cheveux, la fabrication des allumettes, le soufrage des tonneaux, les soufroirs des hôpitaux, où l'on produit de l'acide sulfureux pour tuer les parasites qui souvent pullulent dans les habits des malades entrants : voilà les conditions principales qui exposent aux inhalations d'acide sulfureux qu'il convient d'éviter à l'aide d'une bonne ventilation.
Acide chlorhydrique. — Il se dégageait jadis par torrents des fabriques de soude artificielle; il déterminait chez les ouvriers des pertes de dents, des ophthalmies, des bronchites, et détruisait au loin la végétation. En l'absorbant rigoureusement avec de l'eau on écarte ces dangers.
Vapeurs nitreuses. — Les fabriques d'acide nitrique et toutes celles d'où émanent des vapeurs nitreuses (dérochage des métaux, fabriques d'acide sulfurique, etc.) doivent être exactement surveillées. Ces vapeurs détruisent la végétation, elles déterminent chez l'homme de la toux convulsive, des hémoptysies, des laryngo-bronchites, des ophthalmies, des coryzas intenses. Lorsque le gaz nitreux est respiré en grande quantité, il peut tuer, et, à l'autopsie, on trouve souvent sur la muqueuse buccale ou laryngo-bronchiquedes plaques jaunâtres, véritables eschares tout à fait analogues à celles qu'eût déterminées l'action de l'acide nitrique ; il y a, en outre, une congestion pulmonaire très intense qui a amené la mort par su (location.
MODIFICATEURS. — SURSTANCES NUISIBLES.
Les ouvriers qui pénètrent dans les chambres de plomb où l'on fabrique l'acide sulfurique ne doivent le faire qu'après s'être assuré que les vapeurs nitreuses sont chassées ou absorbées. J'ai constaté deux cas de mort chez ces ouvriers qui étaient imprudemment entrés dans ces chambres. Chose remarquable au premier abord, leur état ne présentait rien de grave. Ce n'est que plusieurs heures après l'inhalation qu'une pneumonie spéciale foudroyante s'est déclarée. Il faut condenser ou absorber par une lessive alcaline les vapeurs nitreuses avec le plus grand soin dans toutes les fabriques d'où elles émanent.
L'ammoniaque mêlée à l'air en quantité notable peut produire des ophthalmies graves, des coryzas intenses, des angines, des laryngites aiguës ou chroniques, des bronchites aiguës, souvent même des hémoptysies. C'est, en un mot, une action irritante locale, produite sur les muqueuses oculaire, nasale, buccale et Iaryngo-bronchique. L'asphyxie peut arriver lorsque les gaz contenant de l'ammoniaque sont en quantité considérable.
Hirt cite un cas d'empoisonnement aigu par le gaz ammoniac, observé par Castan chez un individu qui avait inspiré pendant près de dix minutes le gaz s'échappant d'un appareil Caré.
On doit absorber l'ammoniaque avec de l'eau ou neutralisée par de l'acide chlorhydrique.
Substances actives employées pour conserver, colorer ou parer les substances alimentaires (1). — J'ai précédemment traité plusieurs questions se rapportant au sujet compris sous ce titre : Coloration du beurre, p. 85; Alun pour clarifier les eaux, p, 189; Salaison, boucanage, p. 229 ; Plâtrage et coloration artificielle des vins, p. 330, et Notes et documents, p. l.
Coloration des sucres, bonbons, conserves et sirops sucrés (Extrait du Rapport Bouchardat et A. Gauthier). — La coloration artificielle des bonbons, sirops, conserves, etc., s'obtient par l'addition de substances diverses dont quelques-unes n'offrent aucun danger; d'autres sont inoffensives pourvu qu'on ne les emploie qu'à faibles doses, d'autres sont au contraire très dangereuses, même en quantité minime, telles que les substances arsenicales ou les sels de plomb.
A. Substances employées et permises. — Donnons d'abord la nomen-
(1) Bouchfirdat et A. Gautier, Emploi de certaines substances pour la coloration des produits alimentaires et des dangers qui peuvent en résulter pour la santé (vins, caude-vie, vinaigre, bière, conserves alimentaires, sirops et bonbons); Congrès internationald' hygiène, n° 10. t. I, p. 487; Conseil de salubrité, Ordonnance concernant les sucreries colorées, les substances alimentaires, les uslemiles et vases de cuivre et autres métaux, 15 juin 1802. — Verdissage des conserves alimentaires au moyen des sels de cuivre (Rapport de Brouardel cl Pasteur, in-i°, 1880).