‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 235 sur 371 · PARASITES - FERMENTS · texte numérisé non relu

PARASITES - FERMENTS

Parasites. — Ferments. — Ferments morbides. — Microzoaires. — Microbes. — Effluves. — Venins. — Miasmes. — Virus. — Maladies contagieuses. — Parmi les questions les plus difficiles que je dois traiter dans mon cours d'hygiène, viennent sans contredit celles qui se rapportent aux effluves des marais et aux miasmes spécifiques; elles se rattachent aux plus grands problèmes de la pathologie, et nous n'avons pas jusqu'ici, pour les élucider, à emprunter les secours de la chimie, secours si puissants lorsqu'il s'agit de corps de composition définie. Pour les effluves des marais et les miasmes spécifiques, nous n'avons pour nous guider que les effets sur l'homme. Ces manifestations sont, il est vrai, caractéristiques et des plus remarquables; mais leur observation ne peut nous conduire à la solution philosophique de ces questions si ardues. J'ai pensé qu'on pourrait faire un pas utile dans cette voie en rapprochant, en discutant, en comparant des faits en apparence disparates, mais qui se lient entre eux par d'importants caractères. Quelques poisons ont avec les venins une analogie d'action qu'on ne saurait méconnaître; ceux-ci se rapprochent à certains égards des virus et des effluves des marais. Si ces derniers diffèrent des miasmes spécifiques

non seulement par leurs manifestations, mais aussi par le caractère de la non-préservation relative par une première atteinte, ils offrent cependant encore tant de rapprochements que des esprits superliciels les réunissent sous une commune dénomination.

Faire ressortir les différences fondamentales, montrer les rapports qu'offrent ces questions, indiquer les liens qui les unissent avec les phénomènes des fermentations, voilà ce que je vais essayer de faire.

La santé, la vie de l'homme, sont incessamment menacées par des êtres qui s'attachent à lui, qui vivent de sa substance, et que pour cette raison on a désignés sous le nom de parasites ; ils peuvent être visibles à l'œil nu, comme les vers intestinaux, ou bien le microscope est indispensable pour les apercevoir et pour les déterminer. On les distingue en parasites végétaux et parasites animaux. Ces derniers reçoivent encore les noms de microzoaires, de microbes, de ferments morbides. Des êtres du même ordre sont les moteurs de la décomposition des parties de végétaux ou d'animaux morts. Nous allons dabord étudier cette grande question dans sa généralité, puis nous arriverons successivement aux applications. Disons avant tout qu'un des caractères les plus remarquables des modifications exercées par les ferments sur les produits organiques, c'est qu'il suffit en général d'une très petite proportion du corps moteur pour exercer une influence considérable sur une grande masse des produits organiques modifiés.

Ainsi une quantité relativement petite de ferment de la bière suffit pour décomposer une masse considérable de glycose en alcool, acide carbonique, glycérine et acide succinique. Quelques traces de diastase suffisent pour liquéfier une grande quantité de gelée d'amidon en glycose et dextrine.

Nous verrons plus loin quelque chose de plus merveilleux encore en étudiant l'action de certains microbes moteurs de plusieurs maladies de l'homme (variole, scarlatine, rougeole, coqueluche, fièvre typhoïde, etc.). C'est l'influence d'une préservation relative pour toute la vie après en avoir éprouvé une première invasion. Il semble qu'après celte première attaque le terrain ne soit plus convenable pour un nouveau développement du microbe. Quand une première fois il a pris possession du terrain, il ne peut plus y prospérer librement. Rien n'est plus extraordinaire, mais aussi rien n'est plus certain. D'autres ferments, comme les effluves des marais, n'exercent aucune influence de préservation; Faction nuisible peut se reproduire à plusieurs reprises et pendant de longues années.

Les ferments ne présentent aucun caractère organoleplique qui avertisse de leur puissance. Pas d'odeur, pas de saveur spéciale. Leur composition les rapproche des matières albuminoules.

On doit distinguer les fermentations en deux ordres d'après la nature

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