‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 246 sur 371 · EAUX D'EGOUT. - URINES. - UMNOIUS · texte numérisé non relu

EAUX D'EGOUT. - URINES. - UMNOIUS

par les nombreuses variétés de choux, raves et navets; puis, mais avec moins de chances de succès, le colza, le cresson, et toutes les crucifères fourragères. On pourra certainement établir de nouvelles prairies artificielles avec des plantes qui se plaisent dans l'eau et qu'on n'a point encore cultivées pour établir des prairies annuelles. On pourra encore tenter avec chances de succès la culture du chanvre, du lin et de quelques plantes annuelles qui, comme le soleil, le ricin, enlèvent au sol de grandes masses d'eau. 11 faudra diriger des essais sur la culture des plantes qui ne redoutent point un grand excès d'eau vers leurs racines; plusieurs Labiées et les menthes spécialement sont dans ce cas. Les oseraies, bien entretenues, peuvent donner des résultats avantageux. L'établissement de houblonnières ne devra pas être négligé. On pourra essayer la culture du pavot, qui réussit dans le Nord avec l'engrais humain; celle du pavot pourpre d'Aubergier, pour extraire l'opium; chercher surtout les cultures qui, comme celles de nos habiles maraîchers de Paris, peuvent se succéder sur le même sol. En un mot, faire un emploi intelligent et fructueux des eaux d'égout, voilà le problème dont il faut suivre la solution pratique en s'aidant de toutes les données de la science moderne. C'est en marchant progressivement a cec prudence dans cette voie qu'on réussira, lorsque les agriculteurs auront constaté, par une pratique de plusieurs années, tous les avantages de cette culture intensive.

Urines et urinoirs. — Les urines intéressent l'hygiène, parce que, perdues, elles sont une cause d'insalubrité; bien employées, elles constituent un excellent engrais. Un homme rend, en moyenne, en vingtquatre heures, 1250 grammes d'urine contenant 25 à 30 grammes d'urée, qui se convertit en carbonate d'ammoniaque; 10 à 15 grammes de phosphate de chaux et de magnésie, et de 10 à 15 grammes d'autres sels et matériaux azotés. Toutes ces substances peuvent être utiles aux plantes. Les urines épanchées attaquent le zinc, le fer, les murs dans lesquels le plâtre intervient, et contribuent à maintenir l'humidité si préjudiciable du rez-de-chaussée des vieilles maisons des villes. Elles nuisent donc à la fois à la durée des édifices et aux habitants, par la mauvaise odeur et l'humidité qu'elles contribuent à maintenir. Rien n'est donc plus convenable, à tous les points de vue, que l'établissement d'urinoirs publics bien isolés des maisons. Peut-être un jour, en épargnant l'eau qui ne sert qu'à prévenir une odeur ammoniacale désagréable, mais nullement insalubre, on canalisera ces urinoirs pour recueillir les liquides dans des réservoirs où, convenablement traités, ils fourniront des masses de phosphate de chaux et de phosphate animoniaco-magnésiens, engrais des plus riches.

Fosses d'aisances. — Latrines. — Les Chinois ont en grande estime Vengrais humain, qui est très favorable à beaucoup de cultures. Dans

BOUCHAItDAT. — HYCIÈNK. ',->

notre Europe, il est souvent gaspillé. On le reçoit dans des appareils mobiles ou dans des fosses fixes. Quand, dans les appareils mobiles, les liquides sont absorbés par des matières poreuses desséchées (sciure de bois, tan, etc.), et que la désinfection est complète par les sels de fer ou de zinc, on peut disséminer immédiatement ces matières sur les champs où elles sont utilisées. Les fosses fixes ont un précieux avantage, c'est de rendre la surveillance et le travail moins assidus. Ajoutons encore qu'il parait très vraisemblable que la vitalité des microbes des maladies contagieuses, des œufs des parasites intestinaux, est détruite dans les fosses d'aisances. Elles constituent donc ainsi un moyen efficace d'assainissement. Les inconvénients principaux sont d'entretenir trop souvent de l'humidité et des odeurs désagréables dans les habitations. Kien ne prouve que ces gaz ou vapeurs répandues dans l'atmosphère soient nuisibles. Quoi qu'il en soit, la surveillance et la bonne tenue des fosses d'aisances doit être incessamment contrôlée dans les hôpitaux, les casernes, les collèges et les prisons.

Lors de la fermentation des matières contenues dans les fosses d'aisances, deux gaz odorants se développent, qui peuvent alternativement dominer suivant une foule de circonstances ; c'est l'hydrogène sulfuré et l'ammoniaque, le plus souvent à l'état de carbonate oud'hydrosulfate; le premier dans les fosses abandonnées, et le second dans les fosses qui reçoivent constamment des urines.

Les fosses d'aisances (à moins de conditions spéciales) doivent être étanches, construites avec des meulières, de la chaux hydraulique ou du ciment romain, s'appuyant sur un sol bien fixé. On pratique quelquefois la désinfection permanente de ces fosses en y versant des dissolutions de sels, soit de zinc, soit de fer, soit de plomb.

Les fosses d'aisances doivent être munies d'un ventilateur : c'est un tuyau en poterie d'une largeur suffisante, placé loin du conduit de descente, partant de la fosse ets'élevant au-dessus du toit. Ce ventilateur écarte les dangers d'asphyxie des vidangeurs par l'hydrogène sulfuré, mais moins sûrement qu'une désinfection complète à l'aide des sels que je viens d'indiquer. Pour prévenir les mauvaises odeurs, le ventilateur a des avantages compensés. Quand les couches d'air supérieures sont échauffées, tout va bien, les gaz fétides sont enlevés dans l'atmosphère; mais quand la condition inverse se présente et que les bondes hydrauliques fonctionnent mal, les rez-de-chaussée sont souvent infectés.

Ajoutons que vers le soir, quand un léger brouillard s'étend sur la ville, l'hydrosulfate d'ammoniaque descend avec lui; on attribue alors les mauvaises odeurs aux bouches d'égout, qui en sont innocentes pointa plus grande part. Répétons que ces odeurs sont désagréables, mais aucunement nuisibles. Pour éviter l'odeur dans les appartements, les

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