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VENINS

malement sécrété par des glandes spéciales situées dans certaines parties du corps des animaux venimeux, et qui détermine, lorsqu'il est absorbé par l'homme ou par les animaux, un ensemble de symptômes identiques pour chaque venin. Le venin est pour l'animal qui le produit un moyen d'attaque ou de défense.

L'activité du venin est en général proportionnée à la quantité absorbée. Il n'en est pas de même des microbes générateurs des maladies contagieuses, qui peuvent se multiplier dans le sang. Les venins s'éloignent des microbes des maladies contagieuses par un caractère de la plus haute importance ; l'action des microbes générateurs des maladies contagieuses est en général préservatrice d'une seconde atteinte ; par le fait qu'un homme ou qu'un animal a subi l'action d'un venin, il n a acquis aucune préservation pour l'avenir; absolument comme il en est pour les poisons. Nous retrouverons ce caractère dans les effluves des marais.

D'après MM. Couty et de Lacerda (Comptes rendus de 1 Académie des sciences, 27 septembre 1880), qui ont opéré sur le venin du Bothrops jaraca, quelle que soit la voie d'introduction, tissu cellulaire, muscle ou séreuse, cerveau, cœur ou poumon ; quelle que soit la quantité de venin injectée, à moins de ruptures vasculaires ou de plaies antécédentes, on ne constate aucun signe net de pénétration du venin dans le sang, et l'on est donc amené à conclure que le venin n'est pas absorbé, au moins en quantité appréciable et sôus la forme originelle. Au contraire, il se produit toujours des phénomènes locaux d'inflammation, souvent très intenses et, pour certains organes, rapidement mortels. Ce sont des abcès phlegmoneux ou des myosites, ou encore des méningo-encéphalites, des pleurésies ou des sortes de pneumonies. Ces lésions débutent toujours au niveau de l'injection, par des suffusions, puis des infiltrations hémorrhagiques multiples; mais elles peuvent rester plus ou moins localisées ou elles s'étendent assez loin ; elles sont bornées au tissu primitivement atteint ou elles gagnent plus ou moins rapidement les tissus ou les organes voisins.

Je considère les venins comme des ferments du deuxième ordre, produits toxiques sécrétés par des organes vivants (glandes à venin). Ce qui donne à la fois une grande probabilité à cette manière d'interpréter les faits et une incontestable utilité pratique, c'est que les alcalis énergiques, tels que l'ammoniaque liquide, la potasse, qui entravent l'action des ferments du second ordre, sont aussi les moyens les plus efficaces de combattre l'action des venins. Tous les jours on emploie l'ammoniaque liquide pour conjurer les accidents causés par les piqûres des cousins, des abeilles, des frelons, etc.

Un très grand nombre d'animaux sont munis d'appareils à venin; si, à cet égard, nos connaissances sont très limitées, c'est qu'on n'a observé

en général jusqu'ici que les venins qui nuisent à l'homme; mais lu'est pas douteux qu'en étudiant les moyens d'attaque d'un grand nombre d'animaux, surtout parmi les microscopiques, on y rencontre l'existence des venins. Les principales affections venimeuses sont dues : 1° à la vipère, dans nos climats (Coluber berus) ; 2° en Amérique, au serpent à sonnettes rayé (Crotalus horridus); 3° au serpent capelle (Naja vulgaris); 4° à quelques autres espèces {Crotalus trigeminus, etc.); 5° à la guêpe, au frelon, à l'abeille, à plusieurs insectes de cet ordre et des ordres voisins, les cousins, les scorpions ; 6° à un très grand nombre d'espèces de la classe des arachnides, telles que les lycoses, les tarentules, et surtout la tarentule apulienne, dont les effets merveilleux, et fort apocryphes pour la plupart, sont connus et décrits sous le nom de tarentulisme (1). Quelques animaux, comme le crapaud, possèdent plusieurs glandes à venin sous leur tégument externe.

Parmi les animaux qui se servent de leur venin pour s'emparer de leur proie, je dois noter plusieurs espèces d'araignées que l'on voit accourir sur des mouches qui les surpassent de beaucoup en grosseur et qui se sont prises dans leurs toiles. La mouche se débat d'abord avec une vivacité menaçante pour la toile ; mais dès qu'elle a subi une ou deux approches rapides de l'araignée, ses mouvements s'affaiblissent bien vite, et l'araignée s'empare paisiblement de son énorme proie; je suis convaincu que son arme principale est un venin qui se révèle dans d'autres conditions.

Abeilles, dépôts de ruches. — A la suite de nombreuses réclamations sur les inconvénients qui résultent de dépôts considérables de ruches d'abeilles sur différents points de Paris, surtout dans le voisinage des raffineries; le Conseil de salubrité, sur le rapport de Delpech, a demandé le classement des dépôts de ruches d'abeilles, dans les villes, au nombre des industries rangées dans la première classe. Voici les raisons principales sur lesquelles cette demande s'appuie. Ces dépôts considérables dans l'intérieur des villes constituent pour le voisinage : 1° un préjudice matériel, en enlevant aux fabriques et en particulier aux raffineries des quantités importantes de matière sucrée ; en entraînant, pour s'en préserver, ces usines à des dépenses très réelles : ouvriers employés à huiler les vitres, à entretenir et vider les cages à mouches, à secourir ceux qui ont été piqués (2) ; en faisant abandonner par les ouvriers

(1) Voy. Baglivi, Opéra omnia, t. H, p. 300, édit. de Pincl, 1788.

(2) « Les abeilles sont pendant l'été en grande quantité dans l'usine. Très fréquemment les ouvriers sont piqués. On ne se rappelle pas avoir observé d'accidents graves, mais plusieurs ouvriers ont été atteints dégonflements très volumineux «les parties piquées et quelques-uns d'entre eux ont été obligés de prendre plusieurs jours de repos. L'incommodité est par conséquent très réelle.

« Le préjudice cause à la maison est considéré comme fort important, et l'on pense que,

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