MALADIES CONTAGIEUSES. - BACTÉRIMES CHARBONNEUSES
Là unjhost' intestinale de Wagner (de Leipzig) peut exister, avec ou sans pustule maligne. 11 a observé la prolifération des baetéridies dans la muqueuse intestinale. Elles pénètrent dans les vaisseaux lymphatiques et sanguins ; elles déterminent des accidents hyperhéiniques et hémorrliagiques.
Cette aiïection a été signalée chez des ouvriers brossiers travaillant des crins de Sibérie infectés de bacléridies ; elle s'est encore manifestée chez un employé de chemin de fer, qui avait à défaire de vieux coussins de crin. Yirchow a constaté l'existence de la bactéridie spécifique avec des micrococcus.
M. le professeur Layet, dans un intéressant travail inséré dans le numéro du M20 juin 1880 de la Gaz. hebd. se. rnéd. deBordeaux, a réuni des faits qui établissent la transmissibilité de l'affection charbonneuse par voie atmosphérique chez les ouvriers travaillant les crins d'animaux et particulièrement ceux de cheval. « On sait, dit-il, que ces crins arrivent généralement dans des ballots, et que le crin de cheval vient surtout de l'Amérique du Sud et de la Russie. Or, le déballage, le battage et l'épluchage du crin donnent lieu à un dégagement très considérable de poussière. Cette poussière est à la fois terreuse et organique. Elle comprend des particules siliceuses et végétales, des fragments de poils, et particulièrement des débris épidermiques et exsudatifs. Or, que le crin provienne d'un animal ayant été atteint du charbon et la plupart de ces débris seront fatalement chargés de microgermes infectieux qui transmettront la maladie aux ouvriers employés aux diverses opérations qui en constituent le nettoyage.
» L'attention a été éveillée, en Angleterre, sur la fréquence relative de ces accidents dans les fabriques où l'on travaille le crin de cheval importé de Russie. C'est particulièrement à Glascow que des cas de mort assez nombreux ont été observés. Ainsi, Cameron en cite deux (1876 et 1877) par suite de pustule maligne, l'une à la lèvre inférieure, l'autre à la joue, chez des ouvrières cardeuses de crins, et le docteur James B. Russel en signale trois autres arrivés en 1877. Le fait le plus remarquable est celui dont ce dernier, médecin sanitaire à Glascow, a donné la relation. En février et mars 1878, dans une même fabrique, à Glascow, neuf ouvrières tombèrent malades ; quatre moururent. Dans deux cas seulement un constata la pustule maligne. Chez les autres on observa tous les signes d'une infection générale sans manifestation extérieure localisée.
Les faits que je viens de relater prouvent deux choses : 1° la Ioikjiuconsrrralinn du germe microbe; 2° la possibilité de L'infection sans inoculation. L'absorption peut avoir lieu par les voies respiratoires ou digestives.
N "cxisle-t-il qu'une seule espèce de microbe charbonneux : ceci me
parait douteux. Le microbe du charbon sy Diplomatique, de Cornevin, Arloing et Thomas (Comptes rendus de l 'Académie des sciences, 31 niai 1880), est différent du Bacillus anthracis, et au moins aussi redoutable que lui. Sur les veaux et les moutons les inoculations ont été constamment mortelles dans l'espace de soixante heures. L'àne, le cheval, la poule résistent. Ce microbe diffère du Bacillus anthracis; il est plus court et plus large, très mobile, arrondi à ses deux extrémités, presque toujours pourvu près l'une et jamais au milieu d'un noyau clair; il pullule dans les tissus musculaire et conjonctif de la tumeur; il est très rare dans le sang. Il est probable qu'on signalera d'autres espèces. Si n'était l'autorité de Yirchow, je penserais que le microbe contenu dans les crins se rapprocherait plutôt du microbe du charbon symptomatique. Chez le cheval, on rencontre des tumeurs sous-cutanées d'origine charbonneuse. Cauvière a signalé de petites tumeurs kystiques éminemment infectieuses sur les peaux de chèvres importées de Syrie, et les peaussiers du midi de la France savent par eux-mêmes combien ils doivent se méfier de ces dernières. Ces kystes infectieux, qui se manifestent à la peau du cheval et des chèvres, semblent démontrer que chez ces animaux les bactéridies peuvent se localiser, être alors moins dangereuses pour eux, mais très redoutables pour l'homme chez lequel ces tumeurs kystiques localisées ne se montrent pas. Le moyen le plus sûr, dans le cas de pustule maligne, pour prévenir la diffusion du Bacillus anthracis, c'est la cautérisation énergique par le cautère actuel.
Immunité de race. — On sait que les diverses espèces d'animaux diffèrent au point de vue de la facilité de l'évolution du Bacillus anthracis. Chez l'espèce la plus facilement atteinte, le mouton, il se présente de remarquables exceptions. « On savait, dit M. C. Leblanc, depuis longtemps que les moutons hydrodémiques se montraient sou-, vent rebelles à la contagion et même à l'inoculation du sang charbonneux. »
M. Chauveau a découvert que la race des moutons algériens est beaucoup moins apte à prendre le charbon que les moutons de races françaises.
La résistance des moutons algériens aux inoculations charbonneuses est un caractère général, mais non absolu. Les effets sont aggravés par la quantité plus grande de la matière active (Comptes rendus de l'Académie des sciences, 28 juin 1880). Dans le numéro du 19 juillet, Chauveau établit que cette immunité devient plus marquée à la suite d'une première inoculation quand celle-ci n'a pas entraîné la mort. C'est une vérification de la découverte de M . Toussaint qui le premier a réussi, par une inoculation préventive, à donner l'immunité aux moutons de race française contre le charbon. Cette immunité, selon moi, d'après tous les