MALAD. CONTA G. A MICROBES. — DIFFUS PERMANENTS
adopté de sages mesures pour prévenir les ravages de la syphilis, et les bonnes populations des îles de l'Océanie deviendront florissantes quand ou les aura instruites et moralisées.
Maladies a miasmes diffus permanents. — Les principales maladies à miasmes diffus permanents, dans les grandes villes, sont la variole, la scarlatine, la rougeole, la coqueluche, la fièvre typhoïde, la diphthérie? Les microbes, générateurs de ces maladies, existent aujourd'hui dans les grands centres de population et s'y conservent. Les nouveaux arrivés, s'ils présentent des conditions favorables de propagation, sont exposés à leurs coups. Pour toutes ces maladies, la préservation relative est très remarquable, ou après une première atteinte ou par l'acclimatement obtenu par un long séjour dans les grandes villes; très probablement alors par des inhalations répétées de très petites quantités de microbes spécifiques. Voici l'ordre de l'évolution de ces maladies quand des non acclimatés arrivent dans les grandes villes. Dans les premiers mois, la rougeole et la scarlatine, puis la variole, puis enfin la fièvre typhoïde. Cet ordre de succession a été bien établi par les recherches de M. Laveran; j'en ai vérifié l'exactitude pendant notre siège.
Ces maladies à microbes permanents, dans les grands centres, quand elles y ont sévi avec intensité, peuvent se propager loin du foyer. Aoici ce que je disais à ce sujet dans une de mes conférences du
siège :
« L'étude de la propagation des épidémies de variole et de fièvre typhoïde dans des localités voisines m'autorise à conclure que les soldats de l'armée ennemie, s'ils ne sont pas vaccinés et revaccinés, ont dû souffrir comme nous des atteintes de la variole, et que la fièvre typhoïde les moissonne ou les moissonnera beaucoup plus fortement que nous, car ils ne sont pas acclimatés, et ils offrent presque tous la condition d'âge la plus favorable à l'évolution de cette maladie. » Bien des Prussiens ont succombé, dans les villes ou camps entourant Paris, des suites de la variole et de la fièvre typhoïde. Mais les ravages de ces deux maladies ne se sont pas bornés dans des espaces relativement limités. La contagion s'est étendue sur presque toute la France, sur une grande partie de l'Allemagne. L'Angleterre elle-même n'a pas été épargnée. Londres, qui dans les dix années qui ont précédé, grâce à un ensemble d'excellentes mesures, avait été très peu atteinte par la variole, s'est vue en proie à une épidémie meurtrière, précisément à l'époque où celle qui nous accablait était à son déclin. Cette grande expérience confirme les résultats observés dans l'Europe pendant les siècles derniers, et permet d'établir la loi hygiénique que j'énonce ainsi : Quand une maladie miasmatique (à miasme contagieux spécifique) sévit <avec intensité dans un camp ou dans une ville assiégée où sont
réunis un très grand nombre d'hommes, celle épidémie peut se propager avec son intensité, sa malignité, à de grandes dislances du foyer primitif.
Après ces meurtrières épidémies, la mortalité par le fait de ces maladies décroît dans les grands centres vivement éprouvés. Cette loi a été évidente pour Paris; les années 1872 à 1873 ont offert une mortalité au-dessous de la moyenne pour la fièvre typhoïde et la variole. La période ascendante, a repris en 1879-1880-1881.
Des étuves publiques pour la désinfection des objets de literie et des linges qui ont été en contact avec des personnes atteintes de maladies contagieuses fonctionnent, nous assure-t-on, avec succès en diverses villes d'Angleterre, d'Allemagne, de Belgique (Vallin, Revue d'hygiène, 1879, p. 823). Sur le rapport de MM. Pasleuret Léon Colin, le Conseil de salubrité a adopté les conclusions suivantes : A. Créer sur deux points opposés de la capitale des étuves de désinfection chauffées par la vapeur d'eau et munies de régulateurs qui en limitent la température intérieure à -f- 100 degrés. Restreindre absolument l'emploi de ces étuves à la désinfection des effets contaminés par les affections contagieuses : fièvre typhoïde, fièvres éruptives, fièvre puerpérale, diphlhérie, choléra, etc. — B. Déterminer par un règlement spécial : 1° la composition, les devoirs et les droits du personnel chargé du fonctionnement et de la surveillance; 2° les groupes de la population auxquels les établissements s'ouvriraient gratuitement; 3° le mode de rétribution des familles qui n'en bénéficieraient qu'à titre onéreux. — C. Examiner s'il ne conviendrait pas, pour vulgariser plus facilement l'usage de ce système de désinfection, d'affecter spécialement l'un de ces établissements à la population payante, en réservant exclusivement l'autre aux classes qui en auraient la jouissance gratuite.
J'ai voté ces conclusions; je les regarde comme excellentes en théorie, mais je voudrais être certain, par une statistique rigoureuse et suffisante, que ces étuves publiques ont contribué à diminuer le chiffre de la mortalité par suite de maladies contagieuses dans les villes où ces étuves fonctionnent.
Pour les maladies appartenant à cet ordre, la méthode préventive, dont l'observation a démontré l'absolue efficacité, c'est l'inoculation à l'aide du virus contenant les microbes propres à chacune de ces maladies: car ce microbe est infiniment moins redoutable lorsqu'il est transmis par l'aiguille à inoculation que par Pair. Le problème que poursuit M. Pasteur, l'atténuation delà virulence des microbes, est absolument résolue pour les maladies transmissibles à la fois par Pair et par inoculation. Ces questions doivent être discutées pour chacune de ces affections. Il en est quelques-unes pour lesquelles ces inoculations préventives auraient peu d'utilité, soit parce que la contagion offre de
MALADIES CONTAGIEUSES. — VAKIOLE. 041
nombreuses exceptions (exemple : scarlatine), soit parce que la malad te est peu redoutable (rougeole).
Variole (maladie inconnue des Grecs et des Romains). — La première épidémie de variole formellement qualiliée par les historiens eut lieu vers l'an 570. Aroun en parle dans ses écrits, dont il ne nous reste que des fragments cités par Rhazès, qui vivait au neuvième siècle. Cet auteur a publié un traité de la variole et de la rougeole.
Le foyer primitif de la variole paraît être dans l'Asie centrale; la maladie nous aurait été transmise par les Sarrasins et propagée dans les contrées septentrionales à l'époque des croisades. Nous l'avons transportée en Amérique où elle était inconnue avant l'arrivée des Européens. Maladie très contagieuse par inoculation et par transport du microbe par l'air. Le danger de contagion commence avec la suppuration et persiste jusqu'à la complète desquamation. Elle atteint toutes les races, elle a pénétré dans les contrées les plus reculées du globe. Tous les âges lui payent leur tribut; elle peut frapper le fœtus dans le sein de sa mère. Une première atteinte est relativement préservatrice d'une seconde. Gaultier de Claubry n'a compté qu'un cas de récidive sur 63. La maladie récidivée est généralement bénigne, et la deuxième atteinte est presque toujours une simple varioloïde.
Lors des premières invasions de la variole, la moitié des sujets atteints succombaient; aujourd'hui, on peut évaluer le chiffre des morts à 1 pour 5. Certaines épidémies sont plus redoutables; mais, comme pour la lièvre typhoïde, on remarque le plus souvent aujourd'hui, à côté de cas très graves, des varioloïdes bénignes. Quand la variole fait une première invasion dans une contrée indemne jusque-là, ses coups sont des plus redoutables. De même quand des habitants de pays épargnés depuis longtemps se transportent dans les grandes villes où le microbe de la variole est permanent, ils courent les plus grands dangers: témoin les huit Esquimaux qui devaient figurer, en janvier 1881, au Jardin d'acclimation : 3 sont morts de la variole à leur passage à Berlin, et les 5 derniers en arrivant à Paris. Parmi les méfaits de la variole il faut noter ces macules indélébiles qui suffisent pour assurer auprès des dames le succès des méthodes de prophylaxie. On a voulu trouver quelque chose de bon à l'invasion de la variole. Legendre a cité des cas d'engorgé ments ganglionnaires, diminués d'eczémas, d'impétigos, de lichens, de prurigos chroniques guéris, de modifications dans la marche de la pneumonie, de la tuberculisation. Quoi qu'il en soit, rien de mieux que de chercher la préservation d'une aussi dangereuse maladie.
La prophylaxie de la variole a eu deux phases, la première c'est l'inoculation du virus varioleux et la deuxième la vaccine. L'inoculation comme moyen certain de diminuer les dangers de la variole a été connue des médecins hindous et chinois ; elle ne fut pratiquée en Kranceque vers
4075 ; elle fut préconisée par Antoine Petit, Bordeu, Voltaire. Elle s'inocule comme la vaccine : au troisième jour apparaît une papule au point d'insertion-, au quatrième jour la vésicule blanchit, s'ombilique; au sixième jour elle s'entoure d'un cercle rouge; au septième jour se manifestent les prodromes de la variole; après trois ou quatre jours, trente ou quarante boutons se montrent sur tout le corps, ils suppurent trois ou quatre jours, ils se dessèchent et ne laissent presque aucune trace. C'était la marche de la variole la plus discrète. Voilà comme les choses se passaient le plus souvent quand on pratiquait l'inoculation préventive, mais quelquefois elle était suivie d'une variole confluente , qui dans quelques cas, rares il est vrai, se terminaient par la mort. Quoi qu'il en soit, au point de vue théorique, c'est très remarquable. Évidemment on a affaire à la même maladie, mais presque toujours absolument atténuée quand elle est transmise par inoculation.
Vaccine cowpox (1). — De temps à autre il se développe sur le pisdes vaches des pustules contenant un liquide présentant la plus grande analogie avec le virus varioleux, pouvant s'inoculer comme lui, jouissant de la propriété merveilleuse de communiquer à ceux qui ont reçu cette inoculation une remarquable immunité contre l'invasion de la variole, et d'éloigner les mauvaises chancesqui suivaient l'inoculation variolique. Ce virus c'est le vaccin, sa vertu préservative a été connue des médecins hindous et persans, mais cela ne diminue en rien la gloire de Jenner qui, en 1798, par ses belles expériences, sa constanceà toute épreuve, a doté le monde du plus admirable agent de prophylaxie. Le corps médical qui
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