MALADIES CONTAGIEUSES. - VARIOLE. - VACCIN
a le plus contribué en France à développer celte découverte est certainement l'Académie de médecine. Parmi les hommes dévoués qui ont consacré à cette belle question de longs et heureux efforts, il faut citer : Husson, Bousquet et Depaul. On ne saurait trop admirer le bien qui a été fait par le service vaccinal de l'Académie de médecine : envoi gratuit de vaccin dans tous les départements et à l'étranger , vaccinations innombrables, travaux, scientifiques de la plus grande valeur, et cela avec des ressources dérisoires. Il faut espérer que le gouvernement de la République dotera convenablement ce service si éminemment utile.
La vaccine peut être inoculée avec succès à tous les âges. Au troisième ou quatrième jour de l'opération, il apparaît un point dur, qui s'élargit du sixième au huitième jour; au neuvième jour lauréole s'étend, elle se flétrit au onzième jour; la croûte tombe au vingt-cinquième jour. Du sixième au dixième jour le vaccin est contenu dans des cellules spéciales, qui se réunissent quand la suppuration survient. L'éruption est plus habituellement bornée aux points d'inoculation. La préservation de la variole peut être effective au troisième jour de l'inoculation d'après Bousquet, mais plus sûrement le sixième jour. Il faut recueillir le virus vaccinal du septième au huitième jour. On le conserve dans des tubes, dans des plaques lutées. Rien de mieux que de vacciner de bras à bras.
Le vaccin est-il dégénéré ? Oui, d'après Perdreau et Bousquet. Dans les premières années de son emploi, les éruptions étaient, selon eux, plus considérables, et la préservation plus durable. On sait aujourd'hui que la préservation n'est pas absolue et qu'elle varie suivant les idiosyncracies, suivant les atténuations du virus, et suivant d'autres conditions difficiles à démêler.
La nécessité des revaccinations est aujourd'hui reconnue par tous les bons esprits. Rien ne prouve mieux l'utilité de ces revaccinations que ce qui a été observé à Paris en 1879. Les ouvriers arrivés des départements ont fourni un énorme contingent de mortalité par suite de la variole. Les soldats de la garnison revaccinés ont été presque tous préservés. J'accepterais volontiers la revaccinalion tous les dix ans, comme cela est édicté dans la loi présentée aux chambres par mon ami H. Liouville. Peut-être pourrait-on faire un premier pas en prescrivant la vaccination première dans les trois premiers mois, et deux re vaccinations à vingt et à quarante ans. Les deux époques de revaccination obligatoire coïncideraient avec l'entrée et la sortie du service militaire. On serait certain ainsi de l'exécution de la loi, pour les hommes au moins ; pour les femmes, il faut compter sur la terreur que leur inspirent les marques de la variole.
Lorsqu'on vaccine, beaucoup de personnes redoutent la transmission de maladies contagieuses. Il est, je le sais, des cas bien constatés de
transmission de sy pli ilîs par suite de l'inoculation du sang d'un enfant syphilisé mêlé au virus vaccin. Ces exemples sont infiniment rares eu égard à la masse des vaccinations; rien n'est plus facile que de les éviter. Un médecin exercé reconnaît immédiatement le vaccinifère atteint de pemphygus syphilitique. Il convient de choisir de préférence un vaccinifère càgé de plus de trois mois, et de le visiter attentivement. Pour les autres maladies transmises avec le virus vaccin, ce sontahsojument des fantômes; aucun fait pour en démontrer la réalité. Je ne saurais trop rappeler que, tout ce qui peut, à propos de la vaccine, inspirer au pusillanimes des craintes imaginaires, est très fâcheux. Pour être absolument assuré au point de vue de la syphilis, Negri, Lanoix ont préconisé la vaccination animale; la syphilis ne peut être inoculée à la génisse. Depaul a fait une étude attentive de celte question, il en ressort que l'inoculation du cowpox de génisse à génisse est très facile; qu'on peut avoir une source abondante et constante de vaccin ; que la marche de l'éruption est un peu plus rapide, généralement elle se horne chez la génisse au point d'inoculation ; chez l'enfant, il apparaît quelquefois autour du point inoculé deux ou trois éruptions.
Le cowpox de la génisse agit comme le vaccin humain, sa transmission réussit aussi bien, pourvu qu'on ne recueille pas le virus au delà du septième jour. Ce cowpox parait se conserver moins bien que le vaccin humain. Voici les avantages du vaccin animal :
Avec le cowpox, on peut avec la plus grande facilité exécuter des expériences sur les moyens les plus sûrs de conservation du virus. Le nombre des inoculations qu'on peut pratiquer étant illimité, la quantité de cowpox que peut fournir un seul veau est considérable, et peut donc sullire aux exigences des expérimentations les plus variées. C'est un sujet d'étude des plus intéressants.
Combien nos vaccinateurs des départements n'ont-ils pas éprouvé de mécomptes avec le vaccin conservé dans des tubes ou sur des plaques. Je suis convaincu qu'on peut parvenir à trouver des moyens plus sûrs de conserver le vaccin.
Les observations si intéressantes de Chauveau pourront servir de point de départ à d'importantes études; il résulte de ces expériences que la sérosité vaccinale n'est pas virulente, et que l'activité du vaccin réside dans ses granulations solides, soit dans toutes indistinctement, soit dans une partie seulement de ces petits organismes élémentaires. Cette inactivité de la sérosité vaccinale conslituc un fait d'un»1 importance majeure, non seulement au point de vue spécial de la théorie de la virulence, mais encore au point de vue général de la physiologie des maladies virulentes.
Culture du vaccin. — Kn recueillant ces petits organismes contenus dans le cowpox ou dans le vaccin humain, je ne mets pas en doute