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HYGIÈNE DES AGES. - GROSSESSE. - MÉNOPAUSE

riques sont chaque jour étendues el celles du ménage laissées à l'écart. La géographie, l'histoire, sont étudiées dans leurs moindres détails, et les choses les plus usuelles de la vie pratique de la famille demeurent inconnues. Nos jeunes merveilles connaissent précisément la date de la naissance et de la mort de nos rois fainéants; mais quand elles seront dans leur ménage, elles ne sauront pas reconnaître la qualité du lait qu'elles achètent chaque matin, et celle de la viande et des légumes qui forment la base du pot-au-feu.

J'applaudis de grand cœur à l'établissement des lycées de jeunes filles d'après les principes de la loi qu'on doit à l'initiative de C. Sée.

Hygiène de la grossesse. — Dès les premiers temps de la conception, la femme éprouve des maux de cœur, des nausées, des dégoûts pour les aliments et surtout pour les viandes; elle se refuse à manger ou ne recherche que les crudités, les mets acides ; on observe toutes les variétés de la gastralgie, de la dyspepsie, de la boulimie, du pica, du pyrosis, etc. Souvent il survient un pytalisme plus ou moins abondant et des vomissements plus ou moins fréquents. Dans la grande majorité des cas, tous ces accidents disparaissent du troisième au quatrième mois, mais parfois ils persistent pendant toute la durée de la grossesse. Les vomissements en particulier peuvent devenir une maladie mortelle.

Ces troubles digestifs doivent être combattus par un régime bien étudié et approprié à chaque individualité. L'usage du lait et des œufs est bien indiqué. En général, disent Désormeaux et P. Dubois, les goûts de la femme la dirigent assez sûrement dans le choix de son régime, et le médecin doit y avoir égard, ainsi qu'à l'habitude, toutes les fois que ces goûts ne portent pas sur des choses évidemment nuisibles. Il est quelquefois indispensable de recourir à l'emploi de lavements nutritifs.

Un exercice modéré est utile. Les bains tièdes peu prolongés (vingt à trente minutes) sont convenables pour combattre l'insomnie, les agitalions nerveuses, les douleurs utérines, lombaires et crurales, le prurit vulvaire, les démangeaisons générales qui accompagnent si souvent les derniers mois de la gestation ; mais ces bains ne doivent être ni trop fréquents, ni trop longs.

Ménopause. — L'âge ordinaire auquel survient la cessation des menstrues oscille entre quarante -cinq et cinquante ans. Rarement la menstruation cesse tout à coup ; mais il arrive quelquefois qu'après une suppression accidentelle les menstrues ne reparaissent plus. Assez souvent un écoulement muqueux, continu ou périodique, s'établit avant la cessation complète de la menstruation, et continue quelque temps. Un malaise général, des engourdissements dans les membres inférieurs, des douleurs dans la région lombaire, des bouffées de chaleur au visage, sont des phénomènes que l'on observe chez un grand

nombre de femmes. Chez quelques-unes cette époque ne se passe pas sans troubles; des maladies restées latentes se manifestent; d'autres, jusqu'alors slationnaires, prennent tout à coup une marche rapide. Ce sont ces cas, dont le nombre est fort exagéré, qui inspirent tant de crainte aux femmes, et qui ont fait donner à cette époque le nom de temps critique. (Désormeaux et P. Dubois).

J'ai vu souvent survenir à la ménopause la glycosurie, la goutte, les affections cancéreuses. 11 faut prévenir ces maux par une sage hvgiène. (Voy. les articles consacrés à ces questions.)

V alimentation doit être modérée, le régime doit se rapprocher beaucoup de celui que j'ai indiqué (p. 378) : car à l'époque de la ménopause les calculs biliaires s'accumulent dans la vésicule biliaire quand le régime n'est pas bien dirigé. Les excrétions doivent être surveillées et animées : les excrétions rénales par des boissons aqueuses abondantes, celles de l'appareil digestif par l'intervention de fruits, de végétaux frais et, si besoin est, par de légers purgatifs. Les excrétions de la peau doivent être le plus possible animées par les procédés de l'hydrothérapie, les frictions sèches, le massage (p. 454, 455). L'exercice de chaque jour est indispensable (p. 503).

Copulation, besoin réel ou factice. — Comment distinguer le besoin réel du factice? « Les effets immédiats du besoin satisfait, dit Lallemand, font seuls reconnaître s'il était légitime ou non, et présagent avec certitude les conséquences ultérieures qu'on doit attendre de nouveaux rapports sexuels. L'accomplissement régulier de toute fonction nécessaire à l'économie y laisse à sa suite un retentissement agréable; s'il en est ainsi de la satisfaction du besoin génital, si après l'acte consommé la tête est plus libre, l'esprit plus gai, le corps plus souple, plus vigoureux, la nature a été obéie dans sa juste exigence; mais le coït entraîne-t-il un sentiment de tristesse et de satiété, l'affaissement des forces physiques et intellectuelles, une importune pesanteur des idées et des mouvements, il y a eu excès, et fùt-il suivi d'érections nouvelles, le besoin n'y serait pour rien. »

« L'homme qui accomplit l'acte vénérien, dit Fleury, doit être couché, dépourvu de tous vêtements incommodes ou exerçant une constriclion sur l'une des parties du corps, et principalement sur le cou. Nous n'hésitons pas à considérer le coït pratiqué dans la station assise, et surtout dans la station debout, comme une cause de paraplégie, de tremblement nerveux et même de paralysie générale progressive ou des aliénés. Il est bon que la vessie, ne soit pas distondue. »

Excès vénériens. — Au point de vue hygiénique, le coït est indiqué toutes les fois qu'en absence de causes pathologiques ou d'une influence fâcheuse du moral sur le physique (p. %7), il est accompli régulièrement, h l'incitation d'un besoin ou d'un désir réel, non provoqué par

HYGIÈNE DU SEXE. — EXCÈS VÉNÉRIENS. iOOi

des manœuvres ou des efforts de volonté, et qu'il n'est actuellement ou ultérieurement suivi d'aucun phénomène consécutif fâcheux. Voici, d'après Fleury, les effets de l'abus des plaisirs vénériens : « Le teint est décoloré; les traits sont tirés; les yeux caves, cernés, brillants; le besoin de réparation se fait sentir avec énergie; la faim est vive, mais la digestion devient laborieuse, pénible, douloureuse. La dyspepsie, la gastralgie, accompagnées d'anorexie ou de boulimie, ne tardent pas à jeter les sujets dans une anémie croissante, bientôt suivie de ses symptômes ordinaires : pouls faible, petit, parfois irrégulier, intermittent; palpitations nerveuses; congestions viscérales et spécialement du foie ; névralgies erratiques , constipation ; douleurs occipitales, rachidiennes, lombaires; émaciation et faiblesse musculaire progressives; troubles divers et affaiblissement de la voix, de la vue, de l'ouïe, de tous les sens; tremblement nerveux général et plus particulièrement des mains; chute des cheveux: affaiblissement des facultés intellectuelles ; incapacité progressive pour le travail de l'esprit, la lecture, l'attention, la volonté ; hypocondrie sous toutes ses formes : mélancolie, nosomanie, nécrophobie, nécrophilie: organes génitaux excités, irrités, en état de priapisme ou bien, au contraire, réduits à l'impuissance malgré des désirs vénériens et morbides qui, ne pouvant pas être naturellement assouvis, jettent les sujets dans les abus vénériens; pollutions hypersthéniques et accompagnées d'érection, ou bien asthéniques sans érection et provoquées par une pensée, une lecture, une image, un rêve érotique, par la vue, le contact, le toucher d'une femme, etc. L'éjaculation devient tantôt de plus en plus prompte et facile, tantôt de plus en plus difficile et laborieuse. Dans tous les cas, l'excrétion spermatique devient de moins en moins abondante; le sperme de plus en plus clair, liquide, dépourvu d'odeur et de spermatozoïdes ; au degré le plus extrême l'éjaculation n'expulse qu'un liquide sanguinolent ou sanglant. Si les excès ne sont pas enrayés par la volonté ou par l'impuissance, si des pollutions fréquentes ont lieu, des accidents plus graves encore peuvent se développer, et les auteurs énumèrent ici Yétisie, l'épilepsie, la folie érotique, le ramollissement du cerveau ou de la moelle épinière, la phthisie pulmonaire, etc. Hâtons-nous d'ajouter que les excès de coït ne déroulent que rarement ce lugubre tableau dans toute son étendue, en raison des efforts de la raison ou de l'épuisement des forces physiques. »

Le priapisme continu qui accompagne les abus vénériens est souvent suivi d'impuissance; j'en ai vu deux exemples très remarquables.

Où commence Y excès. Reconnaissons qu'il varie suivant les individualités : ce qui est un excès pour un vieillard, ne l'est pas pour un homme vigoureux. « Si le coït précédent, dit Fleury, n'a pas été suivi des phénomènes fâcheux que nous avons indiqués ; si le besoin et le

désir vénériens se présentent avec les caractères de légitimité que nous avons indiqués, on n'est pas en droit déconsidérer comme excessif un nouveau rapprochement sexuel. Toutes ces réserves étant faites, on peut affirmer, néanmoins, d'une manière absolue, qu'il y a excès toutes les fois que le coït est pratiqué plusieurs fois de suite ou à de très courts intervalles ; qu'un homme, même adulte et vigoureux, s'y livre habituellement plus de deux fois par jour ou même moins souvent, si le sujet est soumis à des fatigues corporelles, à une mauvaise alimentation, à l'action d'une cause débilitante quelconque. Les fâcheux résultats de l'excès peuvent ne se faire sentir qu'au bout d'un certain temps, et il est bon de les prévoir et de les prévenir. »

Je trouve exagérés les deux rapprochements journaliers indiqués par Fleury. L'habitude de tous les deux jours me paraît plus conforme à un hygiène durable.

Des âges au point de vue de la copulation. — On doit distinguer trois époques de la vie : de la naissance à la puberté, c'est l'âge de préparation qui demande la continence absolue. Nous reviendrons bientôt, en parlant de la masturbation, des dangers qui apparaissent quand celte règle n'est pas observée. De la puberté accomplie à la ménopause, c'est l'époque du mariage. La vieillesse est l'âge du repos. A quel âge doit-on commander ce repos absolu? Pour la femme, on ne se tromperait guère en le fixant à la ménopause. Il est, je le sais, des exceptions. J'en ai observé qui tenaient à des causes, de maladie, aux démangeaisons par les algues de la glycosurie. Pour les hommes, il est difficile d'indiquer un âge précis : il varie d'après l'état de santé, la force, les habitudes; quelques rigoristes ont admis comme limite extrême cinquante, d'autres soixante ans, et ils disent avec Cicéron : « La privation de ce qu'on ne désire pas ne saurait être un grand mal, » ou avec Sophocle dans sa vieillesse : « Les dieux m'ont préservé des plaisirs de l'amour, je les ai abandonnés aussi volontiers que j'eusse quitté un maître sauvage et furieux; » ou encore avec Cicéron : « La raison, cette faculté divine, n'a pas d'ennemi plus dangereux que la volupté. »

Celte philosophie n'est pas également goûtée par tous les hommes, reconnaissons-le. La puissance vraie a été constatée par Duplay chez un vieillard de quatre-vingt-six ans.

Quoi qu'il en soit, je ne saurais trop recommander une grande modération et l'usage seulement dans la plénitude de la santé. Entre la privation absolue et l'excès il y a un milieu; sans doute, au théâtre, les spectateurs qui sont à l'orchestre jouissent mieux du spectacle que ceux qui se tiennent aux bancs de l'amphithéâtre, mais ces derniers n'en sont pas privés. Pour les choses du mariage, laissons à la jeunesse les stalles d'orchestre et conseillons au vieillard de rester aux loges

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