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HYGIÈNE DU SEXE. — ONANISME

au-dessus de la deuxième galerie. Ce voile discret dont je viens de faire usage, il appartient encore à Cicéron. Comme conclusion, je dirai : sur ces choses, le vieillard doit être très circonspect; il ne doit pas oublier que la perle de la liqueur séminale en excès est suivie d'une dépression d'autant plus grande qu'on est plus faible ou plus âgé. Mais il importe de ne pas se rapprocher trop complètement de la vie de l'eunuque : la société de femmes agréables et honnêtes emhellit heureusement la dernière période de la vie.

Masturbation (onanisme). — La masturbation est surtout fréquente chez les enfants et les adolescents ; l'habitude joue un rôle considérable dans son histoire. « Les effets produits par la masturbation, dit M. Demeaux, présentent des variétés singulières. Chez quelques sujets, les facultés intellectuelles conservent toute leur énergie, tandis que les orces physiques diminuent et que la santé générale s'affaiblit de jour en jour; chez d'autres, la santé du corps demeure à peu près intacte, tandis que le moral est profondément atteint, que les facultés intellectuelles sont troublées ou même anéanties. Il n'y a pas d'organe, pas d'appareil qui ne puisse être affecté d'une manière spéciale et presque exclusive. Ce qu'il y a d'incontestable, c'est que les sujets qui se laissent entraîner aux funestes abus de l'onanisme sont tous frappés sans exception ; ils le sont seulement à des degrés divers et d'une manière différente : les uns succombent de bonne heure, entraînés par une de ces maladies dont l'invasion aura été provoquée et dont la marche rapide aura été favorisée par cette fatale cause; les autres voient peu à peu leur santé disparaître, leurs forces baisser, et finissent par traîner péniblement une existence devenue sans utilité, troublée de remords pour le passé, de tristesse pour le présent, de découragement pour l'avenir; d'autres enfin perdent leur intelligence, leur aptitude, leur mémoire, et deviennent impropres à se livrer au moindre travail intellectuel ; tous altèrent et compromettent celte intégrité virile qui est indispensable pour transmettre à la génération suivante une constitution saine et forte. »

Lallemand a dit avec raison que la masturbation est l'une des principales causes des pertes séminales involontaires : celles-ci se montrent parfois dès le début, et souvent alors elles sont sthéniques ; plus souvent elles n'apparaissent qu'au bout d'un certain temps et sont d'emblée asthéniques.

Quels sont les moyens de combattre ce vice fatal de l'onanisme? « Jamais, dit le docteur Deslandes, quand l'onanisme commence on ne peut dire jusqu'où il s'étendra. Le goût que le sujet peut y prendre, et la facilité qu'il a de s'y livrer à toute heure de la nuit, et souvent à toute heure du jour, font que cette habitude est en quelque sorte sans limites. Elle devient si promptement impérieuse, et le despotisme

qu'elle exerce est tellement absolu, que toujours il faut s'attacher soit à la prévenir, soit à la combattre. »

Voici, d'après Fleury, les règles de prophylaxie : « Les organes génitaux, les aines, l'anus, doivent être maintenus dans un état rigoureux de propreté; on préviendra, on combattra toutes les causes d'irritation, de prurit, de chatouillement pouvant s'exercer sur ces parties. A ce point de vue, comme à celui des manœuvres exigées par la masturhation, la circoncision est un puissant moyen prophylactique. Les enfants ne doivent pas rester éveillés et inoccupés dans leur lit; il faut donc, autant que possible, ne les coucher que lorsque déjà ils éprouvent le besoin du sommeil et les lever dès qu'ils sont définitivement éveillés ; la surveillance doit être incessante pendant les moments qu'ils passent dans leur lit sans dormir. La literie ne doit pas être trop molle, trop chaude; les sommiers en crin qui, dans le Nord, remplacent nos matelas en laine et nos lits déplume, sont à cet égard, comme à beaucoup d'autres, infiniment préférables. Il faut éviter le décubitus dorsal et maintenir les mains hors des couvertures ; il ne faut jamais, quel que soit le jeune âge des sujets, coucher deux enfants dans le même lit, surtout quand ils sont de sexe différent.

» Les ablutions génitales doivent être pratiquées avec de l'eau fraîche, mais non froide ou chaude. Les organes génitaux, la peau, ne doivent pas être mis en contact avec des tissus de laine; à cet égard les chemises et les caleçons de toile sont préférables à ceux de coton. Les vêtements qui entourent le bassin ne doivent pas être trop serrés, trop épais, trop chauds. C'est surtout au printemps, la saison génératrice, que ces précautions doivent être observées. Il faut éviter le séjour dans un appartement trop chaud ; proscrire l'habitude de se chauffer le bassin, les parties génitales, à la flamme du foyer; les sièges mous et chauds, ou trop durs. Le régime ne doit pas être excitant, mais il faut toujours qu'il soit analeptique et suffisamment réparateur. »

L'exercice musculaire, la fatigue corporelle, doivent être placés au premier rang des antiaphrodisiaques, mais il faut encore ici ne pas tomber dans l'excès; la marche, la chasse, les travaux du jardinage ont une très heureuse influence; vous savez que la voiture, L'équitation, les mouvements brusques du tronc, la station assise longtemps prolongée, en ont, au contraire, une très fâcheuse. La gymnastique méthodique est excellente. M. Simon assure que la masturbation a disparu des écoles de la Suisse depuis que l'enseignement mutuel y oblige les enfants à des évolutions fréquentes. Une surveillance attentive de tous les instants doit être exercée sur les enfants et les adolescents; sur leurs relations de camaraderie, sur leurs rapports avec les domestiques mâles ou femelles. »

Continence. — <r La chasteté, dit Fleury (Progrès), peut devenir une

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