‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 305 sur 371 · HYGIÈNE 1)1! SEXE. — CONTINENCE. - MA1UAGE · texte numérisé non relu

HYGIÈNE 1)1! SEXE. — CONTINENCE. - MA1UAGE

convenance, un devoir, mais elle ne saurait être une vertu. Non, la Nature n'a point créé l'homme et la femme pour la plus grande gloire de la chasteté. Comment une contravention à la loi la plus générale et la plus admirable de la Nature serait-elle une vertu ? L'amour maternel, l'amour filial, l'amour conjugal, l'amour sont les sentiments les plus nobles et les plus élevés du cœur humain. Cessez donc d'appeler la chasteté une vertu. — Tous les médecins, ajoute-t-il, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours, ont signalé les dangers de la continence, de la chasteté, et ont énuméré parmi leurs funestes effets le priapisme, les maladies des testicules, la monomanie érotique, la folie, les hallucinations, les pollutions, l'épilepsie, etc. »

La continence est plus difficile pour l'homme que pour la femme. « Chez elle, dit Fleury, le désir vénérien atteint souvent son degré le plus extrême, en raison des obstacles de toute nature qui s'élèvent devant lui, alors que de toutes parts surgissent d'incessantes causes • d'excitation ; parce que l'imagination de la femme est plus impressionnable, plus exaltée, sa puissance de volonté étant moins énergique, moins soutenue; parce que la femme ne peut se réfugier au même degré dans les devoirs, les distractions du monde extérieur, les fatigues corporelles, les préoccupations des affaires, les travaux absorbants de l'intelligence, les voyages, etc. La solitude plonge les hommes dans l'ascétisme; elle jette les femmes dans le désespoir, les révoltes des sens; elle en conduit un grand nombre à l'hystérie. Sur 828 hystériques, 721 étaient âgées de quinze à trente ans; la continence en conduit aussi quelques-unes à la nymphomanie.

Le mariage est la loi absolue de la nature. A moins d'empêchements pathologiques, toute créature humaine doit s'y soumettre. Notre organisation sociale doit être réformée dans toutes les parties qui s'y opposent. Bertillon a démontré péremptoirement que le mariage était une condition de longévité. Hygiéniste, je condamne également le célibat des prêtres et celui des congrégations de femmes. J'ai vu de près tous les maux que ce célibat religieux entraîne à sa suite pour ceux ou celles qui s'y dévouent. Que les femmes, si cela leur convient, entrent dans des corporations religieuses après quarante-cinq ans et les hommes à soixante ans, je n'ai rien ci dire à cela. Que les veufs et les veuves qui ont des enfants se dévouent, et quand ils le peuvent renoncent à de nouveaux liens, je trouve cela parfaitement légitime.

Consanguinité{\). — Apartla question de surdi-mutité (voy. p. 179), je pense que les mariages consanguins des familles pures de toutes

(I) Menière, Recherches sur l'origine de la surdi-mutilé. — Dcvay, Dangers des mariages consanguins, 2° édit. 1862. — Beaugrand, Mariages consanguins, examen ries travaux récents (Annales d'hygiène, t. X VIII, p. 222). — Boudin, Danger des unions consanguines (Annales d'hygiène, t. XVIII, p. 5, juillet 1862 et n'8 suivants). — Sur le

tares pathologiques ne présentent que des avantages; niais cette santé parfaite est rare dans nos familles modernes. 11 est des lares qu'on doit s'efforcer d'écarter dans les unions conjugales, quand bien même il ne s'agirait pas de consanguins. La subordination de ces tares n'est point facile à établir. Je placerais en première ligne le goitre endémique. Ces unions produisent un nombre relativement considérable de crétins et de sourds et muets. Les familles où les manifestations pathologiques de la misère physiologique (scrofules, tubercules) sont communes ne doivent point s'associer. J'en dirai autant des familles des alcooliques et de celles où les maladies nerveuses se sont fréquemment manifestées. Quand il existe dans deux familles des vices identiques de conformation, il n'est pas prudent de favoriser dans ces familles des unions conjugales. Le croisement des races et des familles est un bon moyen, lorsqu'il est secondé par une sage hygiène, pour faire dispa- ' raîlre dans les descendants ces maladies de famille.

Prostitution. — Triste question d'hygiène, qui n'aurait plus de raison d'être si les sociétés humaines étaient mieux organisées. La prostitution dans l'état présent est-elle nécessaire? Doit-elle être réglementée? Voilà les deux principaux problèmes que nous allons aborder. Voici la solution du premier, d'après Pareil t-Duchàlelet : « Sous des formes qui varient suivant les climats, les mœurs nationales, la prostit u lion reste inhérente aux grandes populations. »

J'ai dit (p. 938) que la crainte des maladies causées par les courtisanes était un frein puissant pour retenir dans le devoir la jeunesse impétueuse. « Je conçois ce langage, dit Parent-Duchàlelet, dans la bouche de ceux qui n'ont pas franchi les limites d'un cloître, ou qui, livrés dès leur enfance aux pieux exercices d'une vie religieuse, ont été assez heureux pour ignorer le monde et croire qu'il est possible aux gouvernements de changer les inclinations des hommes, et de les diriger à volonté dans la voie du vice ou dans le chemin de la vertu ; mais, dans les circonstances tout à fait contraires, je ne puis attribuer qu'à /' hypocrisie la défense d'une opinion semblable. »

Je ne saurais être complètement de l'avis de Parcnt-Duehàtelet. Pour certaines natures, cette terreur a été des plus utiles et les a préservées de cette dégradation morale de recourir à la prostitution. Cès cas heureux sont alors des exceptions. Continuons à citer le même auteur, qu'on ne peut accuser d'immoralité : « Lisons l'histoire, et nous acquerrons bientôt la preuve que la crainte des plus effroyables maladies n'a jamais éloigné des courtisanes; que les gens dominés par des passions impé-

mâmé sujet, plusieurs tli/'scs soutenuos A PftTil ol ;i Montpellier. — Mitchcll. ffl/lMNM de In consanguinité, traduit par M. Fonssagt -ivos (\nnnle.s il ltugienc, 1861). — A. Voisin.

Mariages eontangnlns (Annair* inumienc, avril I8G5).

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