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PROFESSIONS. — HYGIÈNE DU SOLDAT

Les ouvrages d'hygiène traitent encore, à propos du sexe, de la pédérastie et de la castration des eunuques : ces sujets sont du domaine de la médecine légale, l'hygiène n'a pas à s'occuper de ces infamies.

Professions. — La plupart des professions exercent une influence sur la santé. Pour apprécier si elle est favorable ou défavorable et pour modifier celte dernière influence, si elle existe, voici la marche qu'il faut suivre. La première question qu'on doit chercher à résoudre est celle-ci : La mortalité est-elle plus élevée dans la profession soumise à l'étude que la moyenne des citoyens du même âge? Si l'on constate un excès de mortalité, voici la seconde question qu'on doit se poser : Quelles sont les maladies spéciales qu'on remarque dans cette profession, et quelles sont celles qui déterminent l'excédant de mortalité ? On arrrive à la troisième question : Quelles sont les causes de ces maladies et à quels moyens doit-on avoir recours pour les éviter ? C'est bien là l'hygiène basée sur l'étiologie. C'est la marche que j'ai suivie dans la deuxième partie de cet ouvrage. Pour chaque profession, les lecteurs pourront consulter les différentes divisions consacrées à l'étude des modificateurs et appliquer à la profession qu'ils veulent connaître, les règles hygiéniques qui découlent de ces études. Plusieurs volumes seraient nécessaires pour tracer l'histoire hygiénique des principales professions. Je devrai me borner aux groupes les plus importants et ne poser que des indications générales.

Hygiène du soldat. — Aujourd'hui que tous les citoyens doivent servir la patrie, l'hygiène du soldat a pris une importance de premier ordre. Cette importance s'est encore accrue depuis que notre France a été si cruellement démembrée. L'état précaire et transitoire qui en résulte, impose à l'Europe d'énormes sacrifices. Ceux qui l'ont établi doivent être considérés comme des fléaux de l'humanité. Leur pays en souffrira autant et plus que le nôtre ; tous les Etats en ressentiront le contre-coup, car on ne peut consacrer tant de temps, de forces et d'argent, aux choses de la guerre sans que le progrès général en souffre; mais il faut nous résigner. En France nous le ferons de grand cœur, pensant à tous les maux que nous avons soufferts.

Suivons, pour l'hygiène du soldat, l'ordre que je viens d'indiquer ; c'est ce que j'ai fait dans un travail imprimé dans mon Annuaire de 1874, p. 218. Je vais me borner ici à en donner les résultats sommaires. La mortalité du soldat est plus élevée que celle des citoyens du même âge. Toutes les statistiques sont d'accord à cet égard. Cette mortalité devrait être beaucoup moindre, si l'on considère que l'armée est constituée par des hommes choisis par les conseils de révision parmi les plus valides. Les maladies principales qui déterminent l'excédant de mortalité du soldat en France, sur la population civile, sont : les affections con-

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tagieuses à microbes dilïus permanents (fièvre typhoïde, rougeole, scarlatine, etc.). La cause de cette fréquence c'est l'accumulation excessive dans les grandes villes de jeunes habitants des campagnes qui n'ont pas subi l'acclimatation de ces maladies spécifiques.

Quand le soldat a subi son acclimatation, les bonnes chances augmentent, le chiffre de la mortalité s'abaisse.

Autant que possible, l'armée régulière, qui doit constituer les garnisons des grandes villes, doit être composée, pour la plus grande partie, de soldats acclimatés.

Quand une maladie contagieuse sévit dans une caserne, dans une ville de garnison, on doit en éloigner les militaires; et, si cela est indispensable, les remplacer par des soldats acclimatés par un séjour de plus d'un an dans une grande ville.

Pour notre Algérie et quelques-unes de nos autres colonies, la question des effluves des marais est une des plus importantes de l'hygiène militaire ; elle doit toujours être prise en très sérieuse considération en temps de paix, comme pendant la guerre ; tous nos médecins militaires, qui ont observé en Algérie, savent combien est redoutable le poison des marais, combien il faut l'éviter dans le choix des casernements et des établissements de postes.

Je renvoie à la partie de cet ouvrage consacrée aux marais. Je rappellerai qu'on observe des fièvres de marais sur certains sols où l'on ne remarque cependant aucun vestige d'eaux stagnantes. J'ai insisté depuis longtemps à ce point de vue sur l'influence essentiellement nuisible des terrains subapennins qu'on rencontre dans beaucoup de localités de l'Italie, et de l'Afrique française. M. le professeur Colin, qui a publié une suite de travaux remarquables sur les maladies des marais, a montré, avec autant de raison que de talent, combien était grande cette influence tellurique.

En France, après les maladies contagieuses à microbes spécifiques permanents, celles qui accroissent la mortalité dans l'armée sont les affections déterminées par la continuité de la misère physiologique, et, par-dessus tout, la phthisie pulmonaire. J'en ai traité longuement dans la deuxième partie. Voici la marche qu'il faut suivre pour diminuer dans l'armée la léthalité par affections tuberculeuses. 1° Perfectionner, l'alimentation du soldat, en y faisant intervenir en quantité suffisante les matériaux gras (beurre, lard, graisses, huiles). 2° Exercice régulier, mais non excessif. 3° Vêtements de laine commodes, suffisants pour garantir du froid. 4° Coucher défendant parfaitement du froid (deux matelas de laine, couvertures suffisantes), afin de protéger toutes les parties du corps et permettre de laisser, pendant les nuits, des fenêtres ouvertes en quantité suffisante. Ainsi le soldat respirera un air frais et pur pendant la nuit, au lieu de l'air chargé d'humidité qu'il introduit

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