PROFESSIONS SÉDENTAIRES. - RURALES
dans ce grand pays, s'est maintenue et a quelque raison d'être, parce que plusieurs vieilles races sont restées vigoureuses par les soins harmoniques du corps et de l'esprit. Le lord anglais fortifie son intelligence par 1 étude et son corps par un exercice de chaque jour. Je veux vous retracer rapidement les principaux dangers de la négligence de l'exercice corporel, chez les personnes vouées principalement aux travaux de l'esprit ou condamnées à une immobilité relative. La classe de la société dans laquelle l'intelligence est développée par le travail intellectuel exclusif se trouve, le plus souvent, dans les conditions d'une modeste aisance, si favorables au maintien de la santé ; elle sait généralement mieux se mettre à l'abri de ces excès dangereux. Malgré toutes ces conditions favorables, la sénilité est prématurée plus qu'elle ne devrait être, et la mort frappe relativement trop tôt dans cette classe privilégiée : c'est parmi eux que le cancer de l'estomac fait le plus de victimes. La surexcitation du système nerveux est une des causes de la fréquence de certaines des formes de l'aliénation mentale, et parmi elles je dois en mentionner une qui passe souvent inaperçue : c'est l'orgueil poussé jusqu'aux dernières limites. Le culte exclusif de l'intelligence, avec cet abandon de l'exercice du corps, conduit fatalement à la diminution des forces ; puis, par le fait des alliances entre individus entachés originairement du même vice, on observe l'abaissement du niveau physique des races, qui finissent par s'éteindre après un nombre bien limité de générations. La perfection, je ne saurais trop le répéter, c'est le partage bien ordonné du temps pour arriver, par le travail physique et intellectuel, au développement harmonique de toutes nos facultés et de tous nos organes. Rien n'est plus facile que d'atteindre ce but : pour cela il ne faut point gaspiller nos heures. Ne l'oubliez jamais : du temps perdu c'est de la vie perdue.
Professions rurales. — Quand les laboureurs ou les vignerons n'habitent pas des localités où sévissent les fièvres intermittentes, leur vie est plus longue que la moyenne. Les raisons principales de cette vie plus longue sont : 1° dans les grands centres l'influence des microbes à maladies contagieuses permanentes est continue avec des recrudescences, dans les villages elle est accidentelle ; mais quand ces microbes y apparaissent trouvant des non-acclimatés, les invasions locales sont plus nombreuses ; 2° les maladies de continuité de la misère physiologique (scrofules, phthisie) exercent moins de ravages dans les villages que dans les villes; l'exercice est rarement négligé et généralement la réparation est suffisante; 3° les maladies de l'encéphale y sont plus rares ; moins d'apoplexies, moins de ramollissements du cerveau, etc. Attribuons cette immunité relative à une alimentation plus sobre, à des excrétions plus régulières, au travail journalier, à une vie morale moins agitée. Les maladies plus communes que dans les villes sont celles
qui accompagnent trop souvent les refroidissements non suivis de réaction (p. 686 et suiv.). J'ai exposé (voy. p. 087) les causes les plus ordinaires des refroidissements non suivis de réaction; voici celles qui sont les plus ordinaires dans les campagnes : le repos sur une terre humide après les rudes travaux delà fauchaison, l'ingestion d'une grande quantité d'eau froide le corps étant en sueur, et enfin des habitations de rez-de-chaussée humides et froides qui rendent les rhumatismes arti culaires chroniques si communs chez les vieillards des villages.
Il ne me reste qu'à indiquer rapidement les principales améliorations que réclame l'hygiène rurale. L'alimentation, quoique beaucoup meilleure depuis le commencement de ce siècle, par l'usage général et presque journalier de la viande de porc, est insuffisante en viande de boucherie; reconnaissons cependant que d'année en année la consommation s'en accroît dans les villages (voy. dans \Y Appendice la note sur le régime des habitants des campagnes au temps présent et il y a un siècle et demi). La quantité de vin, cidre, bière, bus en famille est insuffisante, mais au cabaret combien est-elle trop élevée ! Quelques régions sont envahies par l'alcoolisme, source de tant de maux (p. 299). L'abus de l'oseille rend les calculs d'oxalate de chaux relativement fréquents chez les jeunes paysans. Les soins de la peau sont beaucoup trop négligés ; le travail énergique au grand air, les sueurs abondantes y suppléent en partie. Chasser l'humidité, le froid de la maison, voilà un des progrès que l'hygiène rurale doit accomplir.
Mineurs. — Nous avons exposé dans la deuxième partie, aux articles consacrés au plomb, au zinc, au cuivre, au mercure, à l'arsenic, etc., ce qu'il importe de connaître pour sauvegarder la santé des ouvriers employés à l'extraction de ces divers métaux ou à la préparation des composés dont ils sont la base; il ne nous reste plus qu'à étudier l'hygiène des houillers.
Houillers. — Il ressort de l'enquête de Dupectiaux que, dans les mines où le travail est bien réglé, l'alimentation suffisante, l'aération convenable, l'excès d'humidité évité, les houillers se portent mieux que la moyenne des ouvriers des villes. Dans la mine de Vicdessos, d'après Julien, l'accroissement des hommes est plus lent, mais ils jouissent en général d'une santé satisfaisante et ils font de bons soldats. Il est loin d'en être de même dans toutes les mines. Dans quelques houillères d'Angleterre, l'humidité est telle qu'elle mouille en quelques minutes les ouvriers jusqu'à la peau. Dans d'autres, l'air est si chaud que le houilleur y travaille à demi nu. Enfin, certaines galeries sont si étroites, que les ouvriers y sont recherchés, en raison de l'exiguïté de leur taille. Aussi rencontre-t-on un grand nombre d'enfants dans certaines mines. Nous allons indiquer rapidement l'état physique et pathologique des mineurs travaillant dans de mauvaises conditions. Leur