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taires, avec injonction, sous leur responsabilité respective, d'exécuter et faire exécuter les procédés indiqués. Berthollet, Hallé et Vauquelin firent à l'Académie des sciences un rapport dans lequel je trouve ce passage : « On doit conclure que toutes les substances qui pouvaient corrompre l'air, quelle qu'en fut l'origine, céderaient à l'efficacité de cet agent. Ce trait de lumière éclaira les corps savants. L'Académie des sciences, la Société de médecine, le Conseil de santé, indiquèrent ou prescrivirent ce procédé salutaire. Le gouvernement a, dans différentes circonstances, donné des ordres pour qu'il fût exécuté dans les hôpitaux militaires et sur les vaisseaux de la République. Le succès n'a jamais trompé les espérances, lorsqu'on a pu obtenir de le mettre en pratique. » Voici les conclusions de ce rapport : « Nous proposons à la Classe d'inviter le gouvernement : 1° à ordonner qu'il sera fait habituellement des fumigations acides dans les lazarets, dans toutes les salles d'hôpitaux civils et militaires, et dans celles des hospices d'enfants de la patrie, ainsi que dans tous les vaisseaux de la République qui seront en navigation; 2° à engager les professeurs de médecine clinique, et ceux des écoles vétérinaires, à donner tous les ans à leurs élèves une leçon 'pratique sur les moyens de désinfection. » Le grand chancelier de la Légion d'honneur, Lacépède, en adressant à Guyton une récompense honorifique de la part de son souverain, l'accompagna de la phrase suivante : « La science avait reconnu votre bienfait, la recon- " naissance publique l'a proclamé, l'humanité souffrante vous a béni, aujourd'hui la gloire vous couronne. »
Eh bien ! toutes ces belles espérances se sont évanouies. Les fumigations guytoniennes ne sont plus employées ni dans les salles de chirurgie ni dans les Maternités! Cet abandon se comprend sans peine, si l'on adopte l'opinion que nous avons soutenue précédemment que l'infection purulente et la fièvre puerpérale se transmettent par inoculation. Peut-être même l'abandon a été par trop complet pour ce qui se rapporte aux maladies miasmatiques contagieuses. Je ne saurais cependant me dissimuler que l'inefficacité des fumigations pour prévenir la propagation de la fièvre jaune à Barcelone, à Gibraltar, à Lisbonne, et du choléra asiatique dans toutes les parties du inonde, a singulièrement diminué la confiance dans ce moyen prophylactique. Quoi qu'il en soit, je regarderais aujourd'hui comme parfaitement indiqué l'emploi des fumigations de chlore, d'acide nitrique ou d'acide nitreux dans les salles occupées pendant quelque temps par de nombreux malades atteints de choléra asiatique, de typhus fever, ou d'autres maladies transmissibles par des miasmes spécifiques.
Dans les dernières épidémies cholériques, à Paris, on a pratique des fumigations de vapeurs nitreuscs pour purifier les salles, les objets de literie et les vêtements à l'usage des cholériques.
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Ces fumigations d'acide nitreux, d'acide nitrique, de chlore, je les recommande, mais sans exagérer leur efficacité, et en insistant sur ce point qu'ils ne doivent pas faire négliger les moyens dont la puissance a été rigoureusement établie par l'observation. Ces moyens, nous les indiquerons plus loin; je puis vous dire dès à présent qu'ils peuvent se résumer en un mot, la dispersion. Beaucoup d'autres désinfectants ont encore été préconisés. Chacun cherche à montrer l'excellence de celui qu'il vanie : sans nier l'utilité de beaucoup d'entre eux, nous devons reconnaître, comme pour les fumigations, que l'on trouve beaucoup plus de pompeuses assertions et d'espérances que de faits démontrés. Je vais rapidement énumérer les principaux désinfectants qui sont plus généralement employés aujourd'hui. Les hypochlorites de chaux, de soude (1), introduits dans la pratique par Labarraque, sont très commodes pour donner un dégagement graduel et ménagé de chlore; ils peuvent être employés dans les chambres de malades. Une solution parfaitement limpide de chlorure de chaux convient pour désinfecter le linge et les objets de pansement qui ont servi aux cholériques. Le camphre, comme les essences, détruit la vitalité des organismes inférieurs (2) ; c'est ainsi qu'on peut expliquer la faveur dont ils ont joui. Actuellement, c'est le phénate de soude et l'acide phénique, dont l'action est la même, mais plus énergique (3), qui jouissent de plus de crédit.
Ces diverses matières sont employées à la fois pour désinfecter l'air et les principales excrétions des malades, urines, excrétions alvines, sang, pus, etc., et les linges, objets de literie qui en sont souillés; pour désinfecter les excrétions, on peut avoir recours aux sels métalliques dont nous avons parlé précédemment, et à plusieurs autres substances. Nous allons mentionner les principales : solution au millième d'acide phénique, solution concentrée au sulfate d'alumine (-4), permanganates de potasse et de soude (5), sulfite de soude préconisé par Polli (0). Ce mode de désinfection doit être surtout employé pour les excrétions alvines des cholériques et des dysentériques. Les déjections alvines des cholériques ont été justement suspectées, mais, chose remarquable, le danger peut disparaître à certaines phases de leur décomposition. Les vidangeurs sont loin d'avoir offert un maximum de mortalité dans les épidémies du choléra. Nous allons maintenant nous occuper de la désinfection des plaies et de la prophylaxie de l'infection purulente. L'utilité des désinfectants locaux a été reconnue dès les
(1) Hypochlorites (Mal. médic, 5" édit., t. M, p. 750).
(2) Camphre (Ibid., t. I, p. 307; t. II, p. 821).
(3) Acide phéni(|ue et phénate (Ibid., t. 1, p. 468 et suiv.; t. II, p. 82ô). (i) Sulfate d'alumine (Ibid., t. II, p. 253 et 823).
(5) Permanganates de potasse et de soude (Ibid., t. Il, p. 827 et suiv.). (0) Sulfite» pour prévenir les fermentations morbides (Ibid.. t. Il, p. 331;.
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temps les plus reculés, d'où l'usage immémorial de plusieurs substances qui détruisent la vitalité des ferments morbides. Nous citerons les baumes naturels, les térébenthines, les onguents qui en contiennent, puis est venu l'emploi des essences, du camphre, de l'alcool, soit pur, soit associé au camphre dans l'eau-de-vie camphrée, aux essences et aux résines dans le baume du commandeur. L'intervention de l'alcool ou de l'alcool camphré dans les pansements a constitué un réel progrès. Parmi les substances métalliques, nous mentionnerons les acétates de plomb, le sous-nitrate de bismuth. Nous arrivons enfin à l'acide phénique, au phénate de soude et aux différentes préparations phéniques qui ont surtout été préconisées par M. le chirurgien anglais Lister. Ces moyens de détruire la vitalité des ferments morbides sont sans contredit très rationnels, mais il l'est davantage de prévenir toutes les chances d'inoculation de ces germes morbides. C'est le but qu'a poursuivi Laugier à l'aide de pansements occlusifs par la baudruche, Chassaignac par le diachylon, et enfin cette pensée fut étudiée et très heureusement appliquée par M. Alphonse Guérin par le pansement avec la ouate. Ce qui vaut mieux encore, c'est de garantir absolument tout blessé, toute accouchée du contact de l'opérateur, des aides, de tous objets des pansements qui auront été en rapport avec un blessé, une accouchée, en proie à l'infection purulente ou à la fièvre puerpérale ; la dispersion est le seul moyen vraiment souverain.
Un mot seulement sur la désinfection des eaux potables et des aliments. Pour les maladies qui sont communiquées par des miasmes spécifiques émanés des malades, tels que la fièvre typhoïde, le typhus, la dysenterie contagieuse, le choléra, etc., il est bien évident que l'eau, les aliments, peuvent être comme l'air les moyens de transport des ferments morbides. Pour la dysenterie, la fièvre typhoïde, le choléra luimême, il est des faits qui doivent faire penser que l'usage d'eaux altérées de diverses manières peut n'être pas étrangère à la genèse des cas primitifs de ces maladies, qui se transmettent ensuite par la contagion. J'ai examiné précédemment, en parlant des causes de ces maladies, des faits qui militent en faveur de cette opinion; mais, dans toute supposition, le meilleur moyen de purifier l'eau potable, c'est de la faire bouillir et de ne boire, comme en Chine, que des infusions légères de thé, ou comme en Afrique du café très léger ; il est évident que dans le but d'économie on peut substituer au thé ou au café des substances à plus bas prix, des plantes aromatiques, des coques de cacao, etc. On peut encore boire des eaux minérales gazeuses très faiblement alcalines, exemptes de tout soupçon, telles que celles de Soullzmatt (Haut-Rhin), de Vais, source Saint-Jean, qui, avec un vin léger, constitue une boisson usuelle très agréable. L'usage modéré d'un bon vin rouge de Bourgogne ou de Bordeaux est très salutaire en temps d'épidémie; on peut le remplacer
avantageusement par un petit verre de vin deSaint-Iîaphaél,pris en commençant chacun des deux principaux repas. Pour les aliments solides, la cuisson détruit les ferments morbides. Je dois cependant convenir que, dans ma pensée et d'après l'observation rigoureuse des faits, l'air est, beaucoup plus fréquemment que les eaux potables ou les aliments, le véhicule de transmission de ces maladies à miasme spécifique.
Dispersion. — Nous avons reconnu que ni la ventilation, ni les désinfectants, n'avaient répondu aux espérances qu'on pouvait légitimement concevoir. Un seul remède vraiment souverain, c'est la dispersion ou l'isolement autant que possible des malades chez lesquels existent ou se développent des maladies qui peuvent se transmettre aux malades des mêmes salles, réunissant les conditions de la transmission. Suivant la nature des maladies, les exigences de toutes sortes, les moyens les plus variés doivent être mis en œuvre pour éviter l'encombrement de ces catégories de malades, qu'il est dangereux de réunir. Nous allons passer rapidement en revue les cas principaux. L'observation a prouvé bien souvent que dans les grandes épidémies de choléra, il se forme des foyers intenses de contagion dans lesquels les plus forls succombent : fuir ces lieux, surtout pendant la nuit, c'est la chance la plus certaine de salut. En 1849, à la Salpêtrière, le quart de la population paya son tribut au fléau, les employés comme les administrées; les médecins qui ne couchaient pas dans le foyer ne furent pas atteints. La même remarque fut faite dans la dernière épidémie de fièvre jaune qui lit tant de victimes à Lisbonne. Quand la fièvre jaune règne sur le littoral de l'Amérique méridionale, le seul remède efficace reconnu par une observation devenue populaire, c'est la dispersion. Quitter les terres chaudes, gagner les localités élevées de l'intérieur, voilà la pratique consacrée par le succès. La dispersion des foyers est encore le moyen le plus héroïque pour s'opposer aux ravages du typhus forer. Improviser des hôpitaux sous lente, par-dessus tout, fuir les lieux infectés, voilà les seuls moyens qui, dans la grande épidémie de Crimée, ont réussi. Des soldats venant du foyer sont morts à Marseille et même à Paris au Valde-Gràce, dans les salles de M. Godelier, sans propager le typhus.
Nous allons rentrer plus spécialement dans notre question de l'cncombrcmcnt nosocomial habituel, et nous allons examiner les circonstances principales auxquelles on doit avoir égard pour arriver à la dispersion.
Nous n'avons qu'à résumer ce que nous avons dit précédemment, t Pour les enfants, les retenir au domicile de leurs parents par des secours suffisants, par des visites charitables convenablement renouvelées.) Certes, voilà le meilleur moyen de dispersion, car, à part de rares ex-£ ceptions, rien ne peut remplacer les tendres soins d'une mère. Mais les parents sont dans un dénuementabsolu, s'ils sont eux-mêmes atteints par
HOPITAUX. — DISPERSION. it)fal
ia maladie, il faut de toute nécessité un asile charitable pour recevoir les enfants.
Nous vous avons montré tous les inconvénients des hospices de l'enfance, l'agglomération ici est préjudiciable à tous les titres. Voici, selon moi, ce qu'il conviendrait d'organiser après avoir réduit par les secours à domicile les admissions au minimum. Les salles consacrées dans les hospices aux femmes âgées sont très nombreuses, dans chacune d'elles on pourrait réserver quelques lits pour les enfants. On obtiendrait la dispersion dans une salle encombrée en apparence; car les femmes âgées ne peuvent ni communiquer ni recevoir ces maladies éruptives, ces coqueluches, ce croup, qui font tant de victimes dans les hôpitaux consacrés à l'enfance. Je reconnais qu'au point de vue des soins médicaux cette organisation offrirait de grandes difficultés ; mais la thérapeutique hygién ique l'emporte tant pour les maladies de l'enfance sur la thérapeutique pharmaceutique que ces difficultés sont plus apparentes que réelles. Pour la dispersion appliquée aux Maternités et aux salles d'accouchement dans les hôpitaux, on a trouvé une telle puissance à ce mode hygiénique, que la règle aujourd'hui admise, comme nous l'avons dit, c'est de fermer immédiatement les Maternités ou les salles d'accouchement dans lesquelles se montrent les premiers indices d'une épidémie de fièvre puerpérale. Cela ne suffit point. Il faudra arriver à empêcher ces épidémies de naître. Le premier, le plus sûr moyen, c'est d'organiser fortement les secours à domicile pour les accouchées indigentes. Les bulletins semestriels et mensuels confirment chaque jour la valeur infinie de cette mesure, et pour celles qui devront nécessairement recourir à l'hôpital, les disperser dans les salles des hospices consacrées aux vieilles femmes ou dans les Maternités réduites au minimum de lits, la condition d'employer les moyens de prophylaxie que nous avons indiqués, ou modifier les bases de l'assistance publique d'après les vues que nous allons exposer en parlant des blessés.
Pour obtenir la dispersion des malades atteints de blessures graves, nous rencontrons de très sérieuses difficultés. La première de toutes, c'est de trouver un nombre suffisant de chirurgiens expérimentés ayant l'habitude des grandes opérations. Dans les grandes villes, comme Paris, que j'ai toujours pris pour exemple, il existe une division véritable de la pratique médicale. Dès qu'il est en présence d'une grande opération, le médecin ordinaire appelle un chirurgien renommé, rompu avec les difficultés, les cas imprévus. C'est ainsi que les meilleurs médecins deviennent, après quelques années, étrangers à la pratique de la grande chirurgie, en admettant même leur compétence lorsqu'ils ont subi les dernières épreuves du doctorat. La première réforme serait de prendre des mesures pour engager un plus grand nombre de jeunes gens distingués dans la direction chirurgicale; la première que j'entrevois serait
d'attacher à chaque bureau de bienfaisance, et plus tard à chaque quartier, un chirurgien nommé au concours comme ceux du Bureau central, mais pour un nombre d'années limité, et avec une indemnité suffisante pour faciliter les débuts dans la carrière à des hommes d'une incontestable valeur. On aurait là une pépinière d'opérateurs exercés qui rendraient plus faciles les pratiques de la dispersion, et qui, dans les cas de guerre, constitueraient une admirable réserve chirurgicale ; à chacun d'eux seraient attachés des aides exercés. Les bureaux de bienfaisance seraient pourvus de tout ce qui est nécessaire aux succès des grandes opérations, et ces chirurgiens de quartiers pourraient, dans bien des cas, opérer les nécessiteux à domicile.
Peu à peu on substituerait à nos grands hôpitaux, à nos hospices, contenant un nombre considérable de malades, de vraies maisons de secours, où, de même, que dans les hôpitaux des petites villes de province, les vieillards, les infirmes, seraient reçus comme les malades atteints de maladies aiguës. Une dispersion véritable serait le résultat de cette apparente promiscuité. Très peu de lits seraient consacrés aux blessés. Voilà le but à atteindre. Multiplier le plus possible les maisons hospitalières, dans lesquelles les blessés recevraient les meilleurs soins, afin de réduire au minimum le nombre de ceux qui doivent subir de grandes opérations, y admettre les syphilitiques et les malades atteints de maladies de la peau, afin d'y recevoir moins de blessés. Quand un cas d'affection purulente existe, prendre les mesures les plus efficaces sur lesquelles nous avons longuement insisté (p. 931), afin d'éviter toutes les chances d'inoculation.
Écoles. — Les questions les plus importantes se rapportant à l'hygiène des écoles ont été traitées dans le cours de l'ouvrage (chauffage, p. 729; ventilation, éclairage, travail corporel et intellectuel, 505), je n'ai qu'à renvoyer à ces divers passages. A propos du travail corporel, il convient de mentionner l'excellente étude de M. Daily et les observations de M.Vallin sur l'influence des mauvaises attitudes dans les écoles, imposées par les maîtres d'écriture depuis quelques années (Berne d'hygiène, octobre et novembre 1880).
Jadis la formule était : le cahier droit devant l'épaule droite: elle est devenue : le. cahier droit en face de la hanche droite, de telle, sorte que les enfants, pour atteindre leur cahier, mettent leur corps en arc de cercle, concavité à droite. Les maîtres d'écriture sont sur ce point intraitables ; les enfants qu'on a prévenus et qui veulent incliner leur cahier plutôt que leur corps, sont poursuivis avec acharnement.
Les squares dans les quartiers populeux constituent un progrès considérable dans l'hygiène des grandes villes. On pense tout d'abord à l'air, à la lumière dont ils font jouir leur voisinage, au spectacle tou-