‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 334 sur 371 · PÉRIODES ET ANNÉES · texte numérisé non relu

PÉRIODES ET ANNÉES

nus. mois. ans. mois.

La validité de la population s'est notablement accrue , parallèlement avec l'allongement de la vie moyenne et l'excédant des naissances sur les décès. Si on consulte le grand tableau de la page 1095, on voit que les années 1854 et 1855 où il y a eu une diminution dans le chiffre de

(1) Bertillon, Durée de la vie humaine (Ann. d'hyg. janv. 1866). — Legoyt, De la prétendue dégénérescence physique de la population française comparée aux autres populations européennes . — Boudin, Mouvement de la population en France et dans les colonies (Ann. d'hyy. janvier 1864).

iOU HYGIÈNE GÉNÉRALE.

la population correspondent à une suite d'années pendant lesquelles le prix du blé a été élevé.

De 1840 à 1860, le progrès survenu dans la durée de la vie est, suivant le premier rapport, de six ans ; et, suivant le second, de cinq ans et buit mois. Il y a eu un temps d'arrêt et même une diminution en 1861, 1862 et 1863; toutefois, dans cette dernière année, la durée delà vie n'en est pas moins supérieure à ce qu'elle était en 1820, dans la proportion de cinq ans deux mois ou de quatre ans huit mois, suivant qu'on mesure l'accroissement par la méthode directe ou les tables de décès. Il reste donc acquis que la population française est douée aujourd'hui d'une plus forte vitalité qu'au commencement du siècle.

L'excédant des naissances sur les décès pour notre pays, comparé avec les États voisins, laisse beaucoup à désirer. Nous sommes près d'arriver au dernier rang au point de vue de Y accroissement de la population. Voici la population des grandes puissances de l'Europe en millions d'habitants. France, 37,2; Angleterre, 34,8; Autriche, 39; Empire allemand, 45,6; Russie d'Europe, 84,5; Italie, 28,6; soit eu tout 270 millions d'habitants. La France n'y figure que pour 13 0/0, et, il y a moins de deux siècles, elle figurait pour 38 0/0.

Voici quelques chiffres empruntés à la Statistique de la France de J. Bertillon qui se rapportent à la période 1860-77 ; dans ce calcul, ou a déduit les populations qui ont été l'objet d'annexions, de façon à n'avoir affaire qu'à l'accroissement spontané des populations : Sur 1,000 habitants, l'accroissement a été: Saxe, 16 habitants; Prusse, 9; Autriche, 8 ; Hongrie, 5 ; Angleterre, 22 ; Écosse, 9 ; Russie, 8 ; Italie, 7 ; France, 3,5. La population de l'Irlande diminue par suite de l'émigration.

Ce n'est pas faute de mariages, ce n'est pas par excès de décès, c'est faute de naissances que la puissance française diminue. Éludions dans quelles circonstances on voit généralement la natalité diminuer ou augmenter, cherchons si ces causes peuvent nous faire connaître la source du mal dont souffre notre patrie. D'abord, commençons par voir si ce mal est réel. Il est incontestable. C'est ce que nous montrent les chiffres suivants :

Sur 1000 femmes de 15 à 50 ans, combien de naissances vivantes annuelles (1). France, 102; Angleterre, 136; Bavière, 156; Belgique, 127; Espagne, 141; Pays-Bas, 137; Irlande, 114; Prusse, 150.

Tous les pays de l'Europe, sans aucune exception, sont plus féconds que la France ; presque tous l'emportent sur nous éTun tiers; et l'Allemagne, notamment, a moitié plus d'enfants que nous.

(1) Quelques auteurs se servent encore d'un rapport moins précis que le précédent. Je le citerai cependant, vu l'importance du sujet. Sur 1000 habitants de tout âge et de tout sexe, combien de naissances annuelles (mort-nés non compris) : France, 27; Angleterre, 35; Bavière, 40; Belgique, 31 ; Écosse, 35; Espagne, 38; Irlande, 27 ; It.ilie, 38; l'russe, 38; Suède, 32; Suisse, 30.

DU BLÉ , DE SA PRODUCTION ET DE SON PRIX MOYEN ANNUEL LlNS SES RAPPORTS AVEC LE MOUVEMENT DE LA POPULATION POUR TOUTE LA FRANCE

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