‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 335 sur 371 · POPULA- TION · texte numérisé non relu

POPULA- TION

172,936 101,776 172,943 105,913 132,0ns 1 42,620 98,141 06,017

Années pendant lesquelles le choléra exerça ses ravages; il faut y joindre 1854. Ces nombres représentent la diminution do la populalion en 1854 et 1855.

Voici, selon nous, la cause principale de cet arrêt comparatif dans l'accroissement de la population française. Le docteur Berlillon a trouvé que, généralement, dans les départements où la propriété est très divisée, la mortalité est moindre, mais la natalité est moindre aussi. Les départements où la propriété est peu divisée donnent an contraire plus de morts et plus de naissances.

En France, les familles, dit M. J. Bertillon, qui pratiquent les conseils que leur donne l'école malthusienne ne sont pas celles qui en ont besoin pour vivre; les prolétaires français ont probablement un nombre suffisant d'enfants. Ce sont au contraire les propriétaires, les bourgeois, ceux qui peuvent parfaitement élever des enfants, qui n'en ont pas et qui n'en veulent pas avoir ; leur raison n'est pas le prix des mois de nourrice ni même des années d'école; leur raison, — du moins cela est infiniment probable, — c'est qu'il faudrait partager leur héritage, et c'est à quoi ils ne peuvent songer sans en souffrir.

Ajoutons aussi que, dans les familles dans l'aisance, on n'a que trop de penchants à créer aux enfants des besoins artificiels qui, loin de les fortifier, les amollissent. En se bornant aux besoins réels, à l'instruction nécessaire, les éducations coûteront beaucoup moins, et de nombreux enfants feront le bonheur et la force des familles.

Le gouvernement de laRépublique, en instituant l'instruction primaire gratuite, a déjà fait un pas heureux dans la voie qui doit tendre à l'accroissement delà population; il serait bon d'étendre les privilèges accordés aux nombreuses familles. Dispenser des 28 jours de service le père qui a quatre enfants à nourrir, c'est quelque chose, mais c'est trop peu. Les nations de race latine devront réfléchir aussi à l'arrêt d'accroissement de la population causé par le célibat des prêtre et des religieuses.

La France, où cet accroissement est le plus faible, est le pays qui comporterait le plus considérable. Les bras manquent aux travaux agricoles. L'Algérie, le nord de l'Afrique, grâce à la culture de la vigne, deviendront, dans un avenir prochain, les contrées les plus saines, les plus belles et les plus productives de la terre. Il ne nous manque que des enfants fortement élevés. Si nous n'y pensons, les Prussiens, puis les hommes du Nord renouvelleront leurs invasions des siècles passés dans les contrées méridionales de l'Europe, jusqu'au jour où ils seront eux-mêmes refoulés par le peuple chinois, si prolifique, si sobre, si laborieux, auquel rien ne pourra résister quand il sera façonné aux usages européens et qu'il comprendra les avantages qu'offre l'émigration quand un pays ne peut nourrir ses habitants, par suite du développement énorme et progressif de la population.

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