‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 344 sur 371 · COLORATION ARTIFICIELLE DES VINS. - - CAFÉ · texte numérisé non relu

COLORATION ARTIFICIELLE DES VINS. - - CAFÉ

(B). 2 cent, cubes iie vin sont traités ppar 05 c. cubes de ccarbonate soilique ccristallisé au 200°.

(C) On traite 4 c.

ccub. du vin réponddant à l'essai (B) ( [a) 1°, par 2 c. cub.

die solution d'alun au K0e et 2 c. cub. solution de carbonate modique cristallisé au 140«. on fiitre.

(D) On traite comime il est dit en (C) ee vin ayant les caractères (B) (a) 2°, et [Von filtre.

(E) Après l'essai(D) c), on traitelOc.cub.

•le vin suspect par lé-

pçer excès d eau de baryte ; on porte à 100 degrés; on refroidit, on agi te avec 20c. cub.

rd*étheracét.,onfiltre.

(F) Une goutte du Wn suspect ayant répoondu aux caractères

B) (b) ou (E) (b) est Jéposée sur de la sraie.

(a) Le mélange vire au lilas ou au violet â l'ébullition.

Deux cas : 1° L'essai reste coloré en rose ; on passe à (C) ; ou 2° le ton lilas ou vineux disparaît; on passe à (D).

(b) Le mélange vire au vert bleuâtre ou à peine vi-

neux; on passe à (F).

(a) Laque lilas ou violacée. Liqueur filtrée gris verdàtre ou gris marron ; le vin taclie la craie en violet Fernambouc.

{b) Laque, liqueur et taclie sur la craie comme cidessus; à chaud, le bicarbonate sodique donne du violet Campêche.

(c) Laque bleuâtre ou verdâtre légèrement rosée, li-

queur filtrée lilas, que l'eau de chaux ne décolore pas Cochenille.

(cl) Laque vert bleuâtre. Liqueur filtrée presque incolore ; à chaud, couleur thé par bicarbonate sodique. Vins naturels.

(a) Laque verte ou bleu verdâtre. Liqueur filtrée rose . . Phytolacca.

(b) Liqueur filtrée vert bouteille ou vert marron, laque

bleu foncé Sureau ou hièble.

(c) Laque vert bleuâtre, liqueur filtrée gris bleuâtre avec

quelquefois un léger ton vineux; on passe à (E).

(a) La liqueur d'évaporation de l'éther devient rose ou

violacée et teint la soie Fuchsine et dérivés co-

lorants de l'aniline.

(b) La liqueur filtrée ne rougit pas par évaporation de

l'éther et ne teint pas la soie après lavages ; on passe à (F).

(a) Au bout de quelques heures on obtient une tache

bleu cendré Vins du Midi et de la

Gironde.

(b) Tache bleu foncée Pinot et principaux cé-

pages bourguignons.

(d) Gris sale ou décolorée Aramon.

(e) Tache bleu verdâtre ou verdâtre Mauve noire.

Tout vin qui garde, par un excès de solution de borax, une teinte rosée, qui donne, par l 'alun et le carbonate de soude, une laque rose ou bleu foncé et une liqueur rosée, et ijjui laisse sur la craie une tache violelte, rouge ou verte, peut être considéré comme susoect. Ces derniers caractères sont très-simples et très-sensibles.

■Café. — 1° Documents historiques, origine du caféier, étymologie du mot café. — Raynal, dans son Histoire des deux Indes, 1780, émet l'opinion que le caféier est originaire le la haute Ethiopie. Selon lui, il aurait été transporté dans l'Arabie vers la fin du quatorzième siècle. Cette opinion est corroborée par des voyageurs français. Quantin-Dillon, Petit fet Lefebvre (Voyage en Ethiopie), qui lui attribuent la même origine, ont trouvé le caféier à l'état sauvage dans la province de Kaffa.

Voici quelques indications sur mot café, empruntées à la thèse de M. Penillcau :

Le mot café tire son origine de cahveh, qui vient de caouhah, verbe arabe qui signifie nvoir du dégoût pour manger, n'avoir point d'appétit; et c'est un des différents noms que tes Arabes donnent en particulier au vin et à toutes sortes de boissons.

Les mahométans reconnaissent trois espèces de café ou boisson : la première , le vin, et coules les boissons qui enivrent; la deuxième, la boisson que l'on fait avec des gousses, uîu plutôt les enveloppes du café; la troisième est celle qui se fait avec la fève, que les Wrabes appellent bunn : c'est le café du bunn. [Origine du café, traduit par Galland,

lu APPENDICE.

en 1699, sur un manuscrit arabe d'Abdalcader Algéziri, qui écrivait en 990 de l'hégire (1587 de J.-C.)]

Selon le chevalier d'Arvieux, le mol café tire son origine de cahoâeh, mot arabe qui vient] de cohuet, qui signifie force, vigueur, parce que son effet est de fortifier et corroborer. (Ch. Dufour, Traité du café, 1685.)

Moseley {Traité du café, traduit par Lebreton, 1786) dit : Le café vient de Caffa, ville de l'Arabie Heureuse, et Chardin {Voyage en Perse, 1711) dit que caffa vient de caffer, mot arabe qui signifie infidèle. On trouve dans la Christomathée arabe , 1826, de Sylvestre de Sacy, que kawva est synonyme de makli, qui veut dire cuit ou rôti à la poêle.

2° Origine de l'emploi. — L'origine de l'emploi du café est encore entourée de beaucoup d'obscurités. Naironi {Usage du café , 1671) attribue cette découverte à un garde-chèvres et à un prieur de couvent. Ce garde-chèvres se plaignit à des moines que ses chèvres veillaient et sautaient toute la nuit contre leur ordinaire. Le prieur les observa une nuit dans l'endroit où elles paissaient; et ayant remarqué qu'elles mangeaient des fruits de certains arbrisseaux , il fit bouillir de ces fruits dans l'eau , et éprouva qu'en buvant de cette eau elle excitait à veiller. 11 en donna à ses moines, afin de les empêcher de dormir pendant les offices de nuit. Galland traite cette histoire de fable, mais c'est une tradition reçue en Orient ; puis ce n'était pas une chose extraordinaire que de voir les moines s'endormir pendant les offices de nuit.

Voici un récit emprunté à la thèse de M. Penilleau, qui peut nous servir de guide pour arriver à l'origine de la découverte des propriétés du café. Il appartient à Abdalcader Algérizi, d'après son manuscrit arabe, qui a pour titre : Ce qu'on peut croire de plus précis et de plus sincère touchant le café, savoir, s'il est permis aux mahométans d'en user.

Dans le milieu du neuvième siècle de l'hégire (quinzième de J.-C), le moufti Gemal-eddin-Mohammed-Dhabhani, qui demeurait à Aden (Arabie Heureuse), fit un voyage en Perse, où il trouva des gens de son pays qui prenaient du café. A son retour à Aden , sa santé s'étant altérée, il s'imagina de prendre du café, et il s'en trouva fort bien.

De plus, il remarqua que le café avait la propriété de dissiper la pesanteur causée par les fumées qui montent à la tête, de dégager l'esprit, de donner de la joie, de rendre les entrailles libres, et surtout d'empêcher de dormir sans être incommodé, propriété qu'il mit à profil quelque temps après. Dans une retraite, il fit prendre du café à ses derviches à l'entrée de la nuit; et, tous ensemble, ils la passaient en prière, avec une liberté d'esprit à laquelle on n'était pas parvenu jusqu'alors. A son exemple, les gens de loi, les artisans, les voyageurs et tous les habitants d'Aden en firent usage.

D'Aden, le café passa à la Mecque (Arabie Pélrée) vers la fin du neuvième siècle de l'hégire, et ce furent les dévols qui en prirent les premiers dans le temple de la Mecque, afin de mieux vaquer à leurs prières nocturnes. Le café dont ils se servaient était fait avec la gousse qu'on leur apportait de l'Arabie Heureuse. A l'exemple des dévots, les habitants de la Mecque en prirent, et le café devint, en cette ville, d'un usage général.

Remarquons que les Abyssiniens faisaient aussi, de temps immémorial, usage des feuilles et des fruits du café, et qu'ils rejetaient les semences.

Ce furent probablement les semences qu'on employa quand l'usage du café s'étendit de l'Arabie en Egypte. Il fut introduit au Caire par un derviche d'Yémen (patrie du grand café), au commencement du dixième siècle.

Voici l'itinéraire qu'il suivit pour arriver jusqu'à nous. De l'Égypte, le café passa en Syrie, à Damas, à Alep, et arriva à Constantinople. En l'an 962 de l'hégire ( 1 55 i de J.-C), sous te règne de Soliman II, un nommé Hekem, venant d'Alep, elle nommé Schems, venant de Damas, ouvrirent à Constantinople chacun une maison de café qui fut très-fréqucnlée. Ils eurent en peu de temps beaucoup d'imitateurs. Le café fut connu dans l'Europe occi dentale en 1583. Léonard Rauwaulff, médecin allemand, est le premier qui parle du caf< {Voyageait Levant, 1583). Prosper Alpin {Plantes d'Égyple, 1591, et Médecine des Êgyt tiens, 1592) l'appelle bon , ban et calaf; il dit que les Égyptiens et les Arabes prépare

Page 1