‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 346 sur 371 · TABAC. - HACHISCH · texte numérisé non relu

TABAC. - HACHISCH

i tabac est, après le hachage, entassé dans des magasins que l'on a soin de tenir fermés, normes masses qui n'ont pas moins de 600 à 700 mètres cubes, pesant de 300 000 à ifJO kilogrammes. Il ne tarde pas à s'écbauffer et à éprouver, par la réaction de ses

i^pes, un travail intérieur qui lui fait acquérir de nouvelles qualités. La température

■ce et va jusqu'à 80 degrés. Il y a un dégagement considérable de gaz, qui donne à ospbôre des qualités irritantes et une àcreté diflicile à supporter.

rrsque, après cinq ou six mois, la fermentation est jugée suffisante, on procède à la démo-

i des masses; une vapeur épaisse et fumante se dégage et rend l'opération des plus jbles. Le râpage aujourd'hui consiste en une véritable mouture exécutée au moyen m série de moulins que la vapeur met en mouvement, et d'où le tabac sort présentant '.molécules de plus en plus fines. Ainsi moulu, le tabac subit une deuxième fermentation Vopère dans des espèces de chambres ou cellules, construites en tous sens avec de fortes :fches bien exactement jointes, où le tabac, pressé et foulé, est autant que possible à

ii du contact de l'air. Les chambres portent le nom de cases. Le tabac est extrait d'une jpour être transporté dans une autre. L'ouvrier obligé, une pelle à la main, d'agiter la rre encore brûlante, e:i remplit des hottes ou des sacs; il est alors soumis à une '-sphère acre et infecte, qui pique les yeux, irrite la gorge et provoque des suffoinns.

lia fermentation en cases succède le tamisage, qui aujourd'hui est exécuté à la vapeur; [rré ce perfectionnement, on respire le tabac, qui voltige en poussière fine.

U.CHISCH - Esrar (préparation Mongiéri). — Le marchand d'esrar se rend en Asie ?uure, aux environs de Nicomédie ou de Brousse, dans les localité où le Cannabis est cul- A son arrivée, il divise ses gens en escouades qui entrent dans les champs et coupent, ord, toutes les sommités fleuries de la plante, afin que les feuilles d'où l'on retire ce luit puissent prendre plus de développement et plus de vigueur. Quinze jours après cette alion, on commence la récolte. La récolte se fait en moissonnant la plante. On évite achement par crainte de perdre et de déchirer les feuilles. On transporte toutes les tiges

■ un hangar, où l'on commence à détacher et à recueillir toutes les feuilles, en les plaçant i" les faire sécher sur un long tapis de laine très-grossier qu'on appelle kilim. Dès que Veuilles sont arrivées à la siccité voulue, on les ramasse et on les réunit toutes sur la tiié du tapis, en se servant 'de l'autre moitié libre pour les frotter rudement, jusqu'à ce llles soient réduites en poussière. Ce premier produit est tamisé immédiatement et mis

ô té : il constitue la qualité choisie de Ycsrar, qui s'appelle sighirma. Le résidu, qui liientles nervures des feuilles, est réduit aussi en poudre de la même manière par un seau et ultérieur frottement. Ce second produit, qui s'appelle hourda, n'est pas estimé >.out.

vant d'être livré à la consommation, Yesrar est soumis à différentes opérations selon les r;rs pays. En Égypte et en Syrie, tout le monde sait qu'on préfère l'extrait gras con-

ionné avec le beurre. A Constantinople, cet extrait n'est pas estimé ; on le repousse, au trtraire, à cause de son odeur rance et vireuse qui le rend dégoûtant. Vesrar en usage à -stantinople se trouve sous la forme de sirop, avec lequel on prépare le cherbett, ou sous

■ e de pastille qu'on fume avec le toumbéhi. Le simple sirop d'esrar conservant toujours

■ odeur vireuse dégoûtante, on a imaginé, pour le rendre agréable, d'y ajouter des subîaces aromatiques (baharat), sans oublier jamais à cette occasion les aphrodisiaques.

es pastilles pour les fumeurs se préparent de la manière suivante : On place une quantité terminée d'esrar dans une casserole en fer, que l'on chauffe lentement sur un brasier, qu'une odeur vireuse commence à se développer, l'opérateur plonge la main dans un ! r empli d'une forte infusion de café, et arrose avec soin la poudre tout en la remuant ce diligence au moyen d'une cuillère en bois. Dès que ce mélange est bien fait, et que la Mdre s'est changée en pâte ayant l'odeur et la couleur de café, on le relire du feu, on le >se sur une plaque de inarbre, et l'on commence à le manipuler pour lui donner une

lxu APPENDICE.

consistance homogène, pour le couper ensuite en morceaux réduits en forme de petits bâtai de huit pouces de longueur et d'un pouce d'épaisseur. On conserve ces hâtons dans du lin mouillé pour les empêcher de trop durcir afin de pouvoir à toute occasion en couper rondelles avec facilité. Les pastilles sont du poids de i grammes environ; une seule pasti est plus que suffisante pour plonger une personne non habituée dans le délire le plus coJ plet. La préparation que nous venons de décrire est la plus commune et la plus apprécij dans le pays.

Opium. — Fumeurs d'opium en Chine (extrait du Mémoire de M. Libermann). — La pipe opium consiste en un tuyau long de 40 à 50 centimètres environ, du diamètre d'un 11 geolel ordinaire, de bois ou de métal, quelquefois de jade, selon la condition des fumeurs, la partie inférieure de ce tuyau se trouve une ouverture dans laquelle on visse la tête ( pipe. Cette tète est creuse, de forme ronde ou cylindrique, ordinairement de terre, que quefois de métal, et porte, à sa partie supérieure, un godet percé d'un petit trou, si lequel on dépose l'extrait d'opium et qui livre passage à la fumée.

Pour la charger, on se sert d'un stylet de métal qu'on trempe dans l'extrait; on en prei 10 à 15 centigrammes environ, qu'on arrondit et qu'on approche de la flamme d'une lamj l jusqu'à ce que la matière se gonfle, puis on la place sur le petit godet que nous avo décrit, et l'on y met le feu. On aspire la fumée lentement, on l'avale, et on ne la rei qu'après l'avoir conservée le plus longtemps possible. La durée d'une pipe, en moyenu b est d'une minute ; vingt à trente aspirations suffisent pour la terminer.

Certains Chinois, qui usent depuis longtemps de l'opium, vont jusqu'au chiffre énorn de deux cents pipes par jour...

A Pékin, il existe dans presque toutes les rues quatre ou cinq boutiques d'opium ; on fume et l'on y trafique toute la journée, malgré les prohibitions, sans cesse renouvelée des empereurs.

Les marchands ambulants vendent publiquement, dans les rues et les carrefours, 1 pipes et les différents ustensiles à opium.

Un de ces marchands, que je vis, en passant, dans une de mes promenades à travers capitale, avait établi son étalage devant une des portes de la ville impériale, sous ui l grande proclamation placardée sur le mur. Le nombre de curieux rassemblés en c endroit excita ma curiosité; je m'informai des causes de cet attroupement, je l'appi bientôt. L'affiche contenait l'édit qui condamne à mort tout homme saisi fumant ou reiida l'opium ; et la foule, curieuse à Pékin comme à Paris, admirait le singulier emplaceme de ces marchandises prohibées.

Nous pensons qu'on peut dire qu'un dixième environ de la population màlc et adulte fun l'opium en Chine; que ce chiffre est plus élevé et atteint les deux dixièmes de la pop lation dans la province de Petchili, où les vices de toutes sortes sont exagérés par le voi nage et l'influence de Pékin et de la cour, qui depuis longtemps donne l'exemple l'immoralité la plus scandaleuse.

Ce chiffre porterait à 6 ou 8 millions le nombre des fumeurs en Chine : l'élite et la foq vive de la nation.

En général, ce n'est que vers dix-huit ou vingt ans que l'on commence à fumer l'opium cependant nous avons vu des enfants de dix à quinze ans adonnés à cette pratique. I femmes n'en fument jamais, à l'exception de celles qui sont plongées dans les dernièjj fanges du vice, et encore est-ce rare.

Les fumeurs se recrutent surtout dans la classe élevée, celle des mandarins, des foni tioiniaires et des lettrés; et, dans la classe pauvre, parmi les journaliers et les ouvriers. | Classe moyenne compte aussi des adeptes, mais beaucoup moins que les deux autres.

La classe pauvre se livre à la fumée d'opium dans des boutiques que les Anglais o appelées opium shops. Ces boutiques sont très-nombreuses à Tien-tsin; nous avons eu patience de les compter, et nous en avons trouvé lGi, une pour 3000 habitants par rond

Page 1