PEPSINE
jectées dans les veines ne se comportaient pas toutes comme celle de l'œuf. L'albumine du sang injectée dans les veines ne passe point par les reins, la caséine et l'amandine passent partiellement, etc. Ces études ont été reprises et étendues par M. J. Béchamp {Annales de physique et de chimie, 1878).
Le ferment digestif, la pepsine, transforme les matières albuminoïdes en albuminose dont la solution se rapproche de celle de la caséine; elle n'est plus que partiellement coagulée par la chaleur, mais elle est précipitée par le tannin.
On a introduit la pepsine dans la thérapeutique des dyspepsies. Je dois reconnaître que les cas évidents de succès après l'administration de la pepsine sont rares; mais, comme c'est un agent inoffensif, on fait souvent très-bien d'en essayer l'emploi. J'ai eu, avant M. Corvisart, la pensée d'administrer les ferments digestifs. J'ai conseillé les pancréas de pigeon dans les cas d'insuffisance de digestion des matières féculentes et grasses.
Les matières albuminoïdes dissoutes et modifiées par le suc gastrique et aussi par le suc pancréatique, comme nous le verrons lorsque nous traiterons de la digestion des herbes, sont absorbées par les veines de l'estomac et des intestins, et transmises à la veine porte. Nous avons démontré, Sandras et moi, que, comme pour les féculents, les chylifères n'absorbaient pas les matières albuminoïdes dissoutes, que celles que l'on trouve dans le chyle contenu dans le canal thoracique appartenaient à la lymphe.
Je vais donner la préparation de la pepsine d'après MM. Boudault et Corvisart.
Ce ferment étant très-altérable, sa conservation est difficile, et les médicaments qui la contiennent peuvent être d'un effet variable. Pour l'obtenir on prend des caillettes de moutons venant d'être tués. On vide ces caillettes, on les lave rapidement et l'on en déchire la membrane interne en la frottant rudement avec une brosse de chiendent. On fait macérer, pendant deux heures, la pulpe qui en résulte dans de l'eau à 15 degrés centigrades; on jette le tout sur une toile; on ajoute au liquide un soluté d'acétate neutre de plomb.
Le précipité qui se forme est très-abondant ; on décante le liquide surnageant et on le remplace deux fois par de l'eau. On délaye une dernière luis le précipité dans de nouvelle eau, et l'on y fait passer un courant d'acide sulfhydrique en excès.
On distribue le liquide et le précipité noir sur un grand nombre de filtres, et l'on évapore à siccité le liquide, à mesure qu'il filtre, sur des assiettes à une température qui ne dépasse pas 45 degrés centigrades.
On enlève le résidu à l aide d'un couteau flexible. Ce résidu constitue la pepsine médicinale. Elle opère la dissolution de quarante fois son
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poids de fibrine du sang, blanche, humide. Pour faire cet essai, on met dans un petit flacon : pepsine médicinale, 0gr,25; eau distillée, 25; acide lactique concentré, 0gr,40 ; fibrine humide, 10. On place le flacon dans une étuve dont la température ne doit pas dépasser 4-5 degrés centigrades. On agite plusieurs fois. Au bout de douze heures, exception faite du résidu grisâtre, peu abondant, que laisse toujours la fibrine, celle-ci est dissoute et communique au liquide une consistance demigélatineuse. Le liquide, étendu d'eau et filtré, ne se trouble pas par l'ébullition : il forme, avec le tannin, un précipité qui devient coriace et d'une teinte violacée. L'alcool y détermine un abondant précipité blanc: l'acide nitrique n'y forme pas de précipité à froid.
On vend, dans le commerce, sous le nom de pepsine acide amylacée. une poudre plus ou moins blanche, qui est un mélange de pepsine médicinale, d'amidon et d'acide tartrique. On admet que cette pepsine amylacée est bonne lorsque 1 gramme de la poudre, mis en contact avec 20 grammes d'eau et G grammes de fibrine humide, désagrège complètement la fibrine et amène les résultats qui viennent d'être exposés (Corvisart, Boudault, Codex).
Rôle hygiénique des matières albuminoïdes. — Les matières albuminoïdes modifiées, transmises dans le torrent circulatoire après avoir traversé le foie, servent à réparer les forces, et elles sont partiellement détruites, car la quantité d'urée dans les urines augmente quand les matières albuminoïdes interviennent dans l'alimentation pour des quantités plus élevées. Ces transformations éprouvées par les matières albuminoïdes provenant soit des aliments, soit de la désassimilation des tissus, sont complexes et nombreuses. Je ne vais indiquer ici que les principaux traits de ce problème très-compliqué. Par leur dédoublement, elles donnent naissance à de l'acide urique, de l'urée, des acides de la bile, de la glycose et des matières grasses. Une partie du soufre qu'elles renferment se retrouve dans les acides de la bile, mais la plus grande part est éliminée par les reins à l'état de sulfates. Pendant cette destruction, les matières albuminoïdes produisent peu de chaleur; elles réparent les organes et favorisent la dépense de la force.
Nous devons nous borner ici à ces courtes généralités et dire quelques mots des principales matières albuminoïdes comprises dans le tableau, page 12G.
Albumine Se trouve dans les œufs, dans le sang, dans les muscles,
les viscères, etc. C'est la plus importante des matières albuminoïdes; elle est toujours accompagnée de sels, et particulièrement de phosphate de chaux. Concrétée par la chaleur, elle est d'une digestion difficile: elln n'est point attaquée par les dissolutions d'acides au millième: il