‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 65 sur 371 · EAUX POTABLES. - EAUX DE PUITS, DE CITERNES · texte numérisé non relu

EAUX POTABLES. - EAUX DE PUITS, DE CITERNES

matières organiques non complètement décomposées qui n'ont pas d'autre origine, Tous ces produits donnent à ces eaux une saveur assez désagréable pour qu'elles ue soient pas employées comme eaux potables, niais ce qui ne les empêche pas d'intervenir quelquefois dans plusieurs de nos aliments importants. Des boulangers et quelques brasseurs prétendent qu'elles favorisent la panification et la fabrication de la bière. Quoi qu'il en soit, malgré les très-légitimes répugnances qui doivent s'attacher à l'usage économique de pareilles eaux, aucun fait n'est venu à ma connaissance établissant leurnocuité : nouvel exemple de l'innocuité relative des produits résultant de la décomposition ultime des produits provenant des animaux, comparés aux produits ultimes provenant de la décomposition des végétaux.

Les eaux des puits servent à la boisson dans plusieurs villes de second ordre et dans un grand nombre de villages. Comme ces eaux contiennent habituellement des chlorures et des azotates, il faut se garder de les puiser à l'aide de pompes munies de tuyaux de plomb plongeant dans ces puits; il pourrait en résulter des cas d'intoxication plombique d'autant plus redoutables qu'ils seraient plus lents à se produire.

Les eaux des citernes fournies par les eaux pluviales sont généralement pures, quand elles ne sont pas recueillies sur des toits incessamment souillés par les poussières ou par les fumées. Ces eaux sont même trop pures sous un point de vue ; l'absence de sels de chaux peut s'y faire sentir dans certaines conditions, pour l'usage des nourrices, d'enfants en bas âge, de jeunes animaux. Il est bon de pourvoir à ce déficit. Il est très-convenable, avant de faire rendre dans la citerne les eaux recueillies sur les toits, de les faire traverser un filtre de gravier qui retient les matières organiques enlevées aux toits. Dans certaines villes manufacturières, les cheminées sont surmontées par des tuyaux de cuivre dont il se détache des parcelles d'acétate de cuivre formé par la fumée : ces parcelles peuvent se répandre sur les toits et souiller les eaux qui s'en écoulent.

N oublions pas de rappeler que les eaux pluviales attaquent le plomb métallique, et que, dans aucun cas, on ne peut les conserver dans des réservoirs construits avec ce métal ou les élever dans des pompes dont quelques-uns des tuyaux seraient en plomb.

Les eaux fournies par les appareils distillatoires doivent surtout être surveillées pour ce qui a trait au plomb. Ce métal doit être soigneusement écarté, non-seulement des appareils de distillation, mais de tous les vases ou tubes qui doivent être en contact avec ces eaux.

Les eaux des mares, marécages, étangs, sont, en général, mauvaises, parce qu elles contiennent, le plus souvent, une assez forte proportion de matières organiques en dissolution et en suspension. Cependant,

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comme dans plusieurs conditions les habitants des campagnes sont forcés de les employer comme eaux potables, on doit reconnaître qu'elles peuvent différer beaucoup les unes des autres sous le rapport de leur salubrité; malheureusement celles qui, au premier abord, paraissent les plus satisfaisantes ne sont pas les meilleures. L'existence de monas rouges et verts, qui oxygènent ces eaux par la décomposition de l'acide carbonique, constitue une condition favorable; mais ces êtres microscopiques donnent à la boisson une mauvaise apparence qui la fait éloigner sans autre examen. La présence de plantes marécageuses qui se décomposent dans ces eaux, l'existence de ces mares ou marais sur les terrains dolomitiques ou sur le terrain subapennin, sont autant de conditions fâcheuses et qui doivent inspirer de la défiance; souvent ces eaux sont plus limpides que celles dans lesquelles les monas rouges ou verts pullulent, et pour cette raison on les préfère, et cela bien à tort.

Si Ton est forcé de boire de l'eau des mares, il est préférable de choisir celles qui ont subi l'influence de l'insolation et qui contiennent des monas rouges ou verts. Il faut, si cela est possible, les filtrer sur des filtres contenant du charbon, et ne les employer qu'après les avoir fait bouillir, comme nous l'indiquerons plus loin.

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