POISSONS
continue de l'alimentation? Ce qui tendrait à faire réfléchir sur ce grave sujet, c'est la coïncidence de l'usage abusif du poisson et de la décadence chez les peuples les plus avancés, et cet éloigneraient de la race anglo-saxonne pour cette nourriture.
La salaison, le boucanage du hareng furent une source de travail, de richesse et de prospérité pour ce brave peuple hollandais, qui forma ainsi ses intrépides marins. Pour la France, la pêche de la morue est la meilleure école des vaillants matelots.
Pisciculture. — En France, on est loin de consommer la quantité de poisson qui serait nécessaire pour élever à un niveau convenable le chiffre de l'alimentation azotée. Les mers qui bornent notre pays, les cours d'eau qui le sillonnent, pourraient produire une masse énorme de riches aliments, mais nous sommes encore foien arriérés dans cette direction.
L'illimitation de la pèche décrétée en 1793 ne fut guère plus funeste que l'inobservation de sages règlements, et l'emploi de procédés de pêches destructeurs. On en agit tout autrement en Chine. La propriété du poisson est aussi respectée que toute autre. La fécondation artificielle y est pratiquée avec une rare intelligence. Ce n'est pas tout que de produire de l'alevin, il faut le nourrir : que de ressources perdues qui pourraient être si bien utilisées ! Les résidus des abattoirs, des voiries d'animaux morts, et une foule de résidus végétaux gaspillés, pourraient avoir ainsi un fructueux emploi. Les Chinois cultivent plusieurs plantes pour nourrir les poissons. Je citerai particulièrement le Vallisneria spiralis, le Potamogeton natans, le Trapa natans, le Chara fœtida, qui sont très-communs en France. On voit que malgré les persévérants efforts du très-regretté Coste,nous sommes encore bien arriérés en fait de pisciculture. L'admirable aqua rium du Trocadéro pourrait être très-utilement consacré à suivre des expériences sur l'alimentation des poissons.