‹ Traité d'hygiène publique et privéeChapitre 85 sur 371 · MANDES DES ANIMAUX MALADES · texte numérisé non relu

MANDES DES ANIMAUX MALADES

atteints de celte affection. M. Loisct (de Lille) confirme ce fait. La chair du bœuf péripneumonique a figuré à Lille sur la table du riche cl du pauvre. « Il n'est personne ici, dit-il, qui n'en ait mangé et qui n'en mange souvent encore sans s'en douter. »

Typhus contagieux {peste bovine). — Maladie très-contagieuse qui rè^ne, dit-on, d'une manière endémique sur les races des bœufs des steppes de la Moldavie, de la Valachie, de la Podolie et de la Volhynie, qu is'est transmise souvent à toutes les races de gros bétail de l'Europe occidentale. On l'a observée surtout en 1714, 1740, 1750, 1795, 1815,. 18 10, 1870. A cette dernière époque, elle a cruellement sévi en Angleterre, en Hollande, en Allemagne et en France. Elle a été observée alors au Jardin d'acclimatation par M. Leblanc, non-seulement suides espèces appartenant au genre Bos, mais encore sur des gazelles, des pécaris, des moutons. Les altérations observées dans l'intestin grêle sont analogues à celles qu'on remarque chez l'homme qui a succombé à une atteinte de fièvre typhoïde. Cette maladie est transmissible aux animaux par inoculation; elle les expose à des dangers qui diminuent par une série de transmissions. Quand l'innocuité de ces inoculations sera établie, peut-être pourra-t-on espérer trouver dans ce virus le vaccin de la fièvre typhoïde. La chair du bœuf atteint de typhus contagieux (d'après Ramazzini, 1771; Huzard et Depla, 1795; Huzard et Mérat, 1814; Coze père, 1814) est inolïensive. Pour arrêter la propagation de cette maladie extrêmement contagieuse, M. H. Boulley a eu la gloire de faire adopter la mesure de l'abalage obligatoire des animaux atteints ou menacés.

Rage. — La viande des animaux atteints de rage peut être consommée. Les expériences de Renault ont démontré que la salive seule est virulente.

Charbon (maladies charbonneuses). — Ces affections sont caractérisées par la présence d'une bactéridie spéciale (Bacillus anlhracis, Koch). Ces maladies des animaux, qui attaquent surtout le bœuf et les moulons, sont désignées sous les noms de pustule maligne, fièvres charbonneuses, sang de rate). Il est toujours dangereux de saigner, dépecer, préparer les viandes, les peaux et les issues des animaux atteints d'affections charbonneuses.

Le contact du sang, de la chair, des peaux, à une partie dénudée ou simplement fissurée, peut inoculer le Bacillus anthracis, et donner la pustule maligne ou une affection charbonneuse généralisée. Renault (d'Alfort) a démontré par des expériences nombreuses, que les viandes Lien cuites ne présentent aucun danger. Quoi qu'il en soit, la règle absolue est d'abattre les animaux atteints d'affections charbonneuses et de les enfouir assez profondément en les recouvrant de chaux. C'est

malheureusement ce qu'on ne fait pas toujours, comme je l'ai dit (Bulletin de la Société de médecine publique, t. I, p. 300) :

« Aujourd'hui, l'institution des ventes à la criée des viandes de boucherie a eu des résultats aussi avantageux au point de vue des producteurs que des consommateurs. On a pu transporter à Paris à moins de frais, de localités éloignées, soit des animaux entiers, soit des morceaux de choix. L'ahondance de la production, la liberté du commerce, ont pu mettre ainsi un obstacle à l'élévation progressive des matières alimentaires si utiles à la masse des travailleurs.

» A côté de ces très-considérables avantages, il est survenu des inconvénients et même des dangers pour la santé publique, qu'il importe de signaler et de prévenir.

» Autrefois, quand survenait une maladie chez un animal de boucherie, les agriculteurs le soignaient, et, s'il venait à succomber, ils n'hésitaient pas à l'enfouir, en recouvrant le cadavre d'une couche suffisante de chaux.

» Aujourd'hui, presque partout, dans le rayon de l'approvisionnement parisien, dès qu'un animal périclite et présente des symptômes sérieux d'une maladie grave, l'agriculteur, l'éleveur, n'hésitent pas. Ils livrent au plus tôt cet animal au boucher, et celui-ci le plus souvent expédie, ou l'animal entier, ou des parties de ces animaux à Paris pour être vendues à la criée. Ces viandes livrées à la consommation n'ont produit jusqu'ici, à ma connaissance du moins, aucun accident provenant de leur ingestion.

» Ce qui confirme les intéressantes observations de Renault, l'ancien directeur d' Al fort, sur l'innocuité après leur coction des viandes provenant d'animaux atteints d'affections charbonneuses.

» Cependant je persiste plus que jamais dans la conviction que les animaux charbonneux doivent être convenablement enfouis et recouverts d'une couche de chaux vive. Voici les raisons qui militent en faveur de cette règle absolue :

» Commençons par rappeler les cas si nombreux de pustule maligne survenus chez les ouvriers de tout genre qui ont eu à manier les dépouilles d'animaux morts de charbon. Ajoutons à ces faits généralement admis trois exemples d'affections charbonneuses survenues par le contact des viandes provenant d'animaux charbonneux.

» Ces faits ont été l'occasion de trois rapports que j'ai lus au conseil de salubrité. Il s'agit toujours de porteurs de viande à la criée atteints, soit de pustule maligne, soit d'affection charbonneuse généralisée.

» Les deux premiers malades, grâce à des cautérisations énergiques et aux soins habiles que leur a prodigués mon ami M. le professeur Richel, ont pu se rétablir complètement.

» Mais il n'en a pas été de même pour le troisième malade. Il s'est

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